La pédale sous le piano

l'index


Jury : MM. Georges Kastner, membre de l'Institut, président; Beaudoin, baron Boyer de Sainte-Suzanne, Oscar Comettant , Delle Sedie, Deloffre , Ermel. E. Gautier, Gresset, E. Lecomte, Soriano Fuertés, (le Saint-Julien, Sylvain Saint- Étienne, Warot, Wékerlin, Gébaiier, secrétaire.
DIVISION SPÉCIALE.
1. Lycée Louis-le-Grand.
3' DIVISION. — ho section.
Chœur imposé : INVOCATION.
I. Société Chevé, de Levallois-Perret : Fuyons Venise (Selloni).
2. Orphéon de Verrières-le-Buisson : les Paysans (Saintis).
3. Chorale Nouzonnaise : ffyrnne à la Nuit (Rameau).
4. Enfants de la Mer, de Sérignan : les Pêcheurs (Vialon).
Are incision.
Choeur imposé : LES 14harylis Aux ARÈNES.
I. L'Orphéon de Tarascon : Sur les Remparts (A. Saintis).
2. La Germanie, de Paris : l'Adieu des Chasseurs Cliendelsselin).
3. Choral du Louvre, de Paris : le Cellier (T. Salomé).
4. Les Enfants de Beauvais : les Lansquenets (Léo Delibes).
5. L'Orphéon de Rouen.
6. L'Orphéon de Cahors : t'Enclume (A. Adam).
7. L'Orphéon Biterrois : les Bergers (Laurent de Rillé).
8. Ecole milit. de Gymuast. de Joinville-le-Pont : l'Enclume (A. Adam).
9. La Régénération de Draguignan.
10. L'Orphéon Roussillonnais, de Rivesaltes.
DIVISION SUPÉRIEURE. — I" section. Choeur imposé : LES TRAINEAUX.
1. Arts et Métiers, de Paris ; Caprices et Variations sur le Clair de la lame (Denefve).
2. La Parisienne : les Bergen (Laurent de Billé).
3. Choral de Belleville, de Paria : le Tyrol (Ambroise Thomas).
4. L'Orphéon Gangeois : les Martyrs aux Arènes (Laurent de Rillé). 3. Les Neustriens, de Caen : ln Weide (Kuceken).
6. La Société chorale, de Poitiers : les Martyrs aux Arènes (Laurent de Rillé).
1
ET 'LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 86
Théâtre internaCional.
Jury : MM. Gévert , président ; Charlot, H. Duvernoy, , Th. Labarre, L. Lacombe, Masses, Ed. Monnais, E. Paccini, E. Rodrigues, L. Gastinel, secrétaire.
DIVISION.
Choeur imposé : L'AFRICAINE.
1. Le Choral de la Villette, de Paris : le Chant des Amis (Ambroise Thomas).
2. Le Choral de Saint-Bernard, de Paris : les Ruines de Gaza (Laurent de Rit lé).
3. L'Orphéon de Bédarieux : Gaule et France (A. Saintis).
4. L'Orphéon d'Elbeuf : les Batteurs de Blé (Laurent de Rillé).
5. L'Orphéon de Neuville-sur-Saûne : la Fête du Pays (E. Guimet).
6. L'Orphéon d'Argenteuil : les Martyrs aux Arènes (Laurent de Rillé). 7. L'Orphéon de Générac : Sur les Remparts (A. Saintis).
S. Société chorale de Nantes : Une Récolte à Memphis (L. de halé). y. Cercle orphéonique de Condom : Sur les Remparts (A. Saintis). il. L'Orphéon do Laval : l'Enclume (A. Adam).
Allobroges de Paris : les Martyrs aux Arènes (L. de Rillé).
12. Choral Saint-Jacques, de Paris : la Muette (Auber).
Il La Lyre de Crest : le Départ des Compagnons (L. de Rillé).
14. Ncustrienue d'Orbec : les Matelots de l'Adriatique (F. Bazin'.
15. L'Orphéon de Provins : les Paysans (A. Saintis).
ILL Société chorale de Maubeuge : la Chapelle du Vallon (Heckel:).
DIVISION SUPÉRIEURE. — 2" section.
Choeur imposé : L'Exci.umr.
I. L'Orphéon d'Angoulème Plantons la Vigne (Laurent de Ruilé).
2. Les Enfants de Choisy-le-Roy : Gaule et France (A. Saintis).
3. Nouvelle Alliance, de Paris : Fabliau des Deus. Nuits (Boïeldieu).
4. Société chorale du Mans : le Tyrol (Amb. Thomas).
5. Sainte-Trophyme de Mondragon : l'Adieu des Pasteurs béarnais (Laurent de HUM).
6. Choral Parisien : le Chant des Amis (Ami,. Thomas).
7. L'Ensemble, de Paris : les Chants lyriques de Saül (Gevaêrt).
Pavillon de Ilnaigno (Jardin réservé).
Jury : MM. Boïeldieu, président ; Rourgault , Chauves, Méreaux, Révial, Stéenmann, Werimst, Vogel, Aug. Parmentier, secrétaire.
3' DIVISION. — 1" section.
Groupe A.
Choeur imposé : La Noce DE VILLAGE.
La Sainte-Cécile, de Castel-Sarrazin : les Moissonneurs de le Brie (Laurent de Rillé).
86 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
2. Société chorale de Saint-Maixent : les Moissonneurs de la Brie (Laurent de Rillé).
3. Fils d'Apollon, de Paris : les Martyrs 'aux Arènes (L. de Billé).
4. Enfants d'Apollon . d'Angoulême : les Martyrs aux Arènes (Laurent de Billé).
5. Lyre Gauloise, de Paris : les. Voix du Soir (A. Dard).
G. Les Glaneurs, de Paris : la Marche des Soldats (Léo Delibes).
7. Société philharmonique de Condom : la Veillée (Saintis).
8. L'Orphéon de Bar-sur-Aube : Hymne ci l'Harmonie (J. Ducy).
9. L'Orphéon de nanti : les 'Warens (Saintis).
40. Cercle choral de Chambéry.
11. Choral Saint-Jacques , de Castres : les Martes aux Arènes (Laurent de Rillé).
42. Société chorale de Noisy-le-Sec : les En fants de Paris (A. Adam).
13. Le Kremlin, de Gentilly : les Martyrs aux Arènes (L. de Billé).
Serre aux Palmiers (Herbes ttttt ont).
Jury : MM. Dupiez, président; E. Batiste, A. Blanc, Paulus, Pasdeloup , Poise, Pompée, E. Prévost, liandenhemel, Paul Raimond, secrétaire.
3* DIVISION. — 4fe section.
Groupe B.
Chœur imposé : LA Noce De Yu.tset.
1. L'Orphéon de Pantin : les Paysans (Saintis).
2. L'Orphéon de Rosny-sous-Bois : les Paysans Normands (Laurent de Ridé).
3. Chorale Autunoise : Dans ce doux asile (Rameau).
4. Chorale Saint-Joseph, d'Oberentzen.
5. Galin-Paris-Chevé, de Paris,
6. Union chorale de Sceaux : le Songe d'une Nuit d'été, gardes-chasse (A. Thomas).
7. Union lyrique de Lyon : le Combat naval (Ad. Saint-Julien).
S. Société chorale d'Annecy : l'Enclume (Adam).
9. L'Orphéon de Vitré : les Martyrs eux Arènes (L. de Billé).
10. L'Orphéon de Sarcelles : la Mamelle Alliance (Halévy).
L'Orphéon de Boulogne-sur-Seine : les Paysans (Saintis).
12.
Gallinistes de Melun : le Soir, pastorale (L. de Rille).
13.
L'Orphéon de Breloux : les Paysans (Saintis).
'k
1
ET LES. INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 87
Serre ans: Plantes grasses.
Jury : MM. Semet, président;. Constantin, Couder, Dias fils, Hubert, Nibelle, Flahaut', Thys, Réty, secrétaire.
3" DIVISION. — 2° section.
Chœur imposé : LE. TEMPLE DE I.A PAIX.
L'Orphéon de Marly-le-Roi : la Montagnarde d'Auvergne ( Laurent de Riflé).
2. L'Orphéon de SainbBrice-sous-Forét.
1. Forjétil chorale de. Saint-Dié : le Soir (L. (le Rilhb.
4. Société chorale de Brest : le Guet (E. d'Ingrande).
5. Enfants de Saint-JacFues, de Houdan : les Chasseurs de Vincennes (L. de Billé). . .
6. Choral Stanislas , de Lunéville : les Martyrs aux Arènes (1,1urent Rillé).
7. L'Orphéon d'Aignan : les Enfants de Paris (Adam).
8. L'Orphéon d'Aramon.
9. Enfants de l'Avenir, rie Crest : le Vin des Gaulois (C. Gounod).
10. Société chorale de Ludgnan : Aubade (Gabriel Baille).
11. Orphéon de Castelnau-Médoc : Gaule et France (Salons).
12. L'Orphéonienne de Villeneuve-sur-Yonne : la Veillé. (Saintis).
13. Orphéon de Deuil : les Martyrs aux Arènes (L. de (tillé).
14. Société chorale de Sarlat : les Enfants de Paris (Adam).
15. Sociétéchorale de Toarn : les Enfants de Paris (Adan:).
16. L'Orphéon de Noisy-le-Grand.
17. L'Orphéon de Ca pestang : les Enfants de Paria (Adam).
18. L'Orphéon-de Vaux : les Paysans (Saintis).
19. Union chorale d'Eminerin : les Buveurs (L. de Rillé).
20. L'Orphéon d'Aubervilliers les Paysans (Saintis).
21. L'Orphéon 110 Vincennes : les Martyrs aux Arènes (L. de Rillé).
Serre Basset.
Jury : MM. Deffès , président; Bertringer, Darnault, Dubois. Foulon, de Grout, Renaud de \rincer, Amédée de Roubin , O'Kelly, secrétaire.
3' DIVISION. — 3' section.
Choeur imposé : HYMNE A I.A NUIT.
1. Orphéon de Villiers-sur-Marne : les Paysans (Saines).
2. Orphéon de Mandres le Chant des Amis (Amb. Thomas).
3. Orphéon de Neuilly-sur-Marne : Jaguarita (Halévy).
88 L.A. MUSIQUE, LES MUSICIENS
4. Orphéon de Vic-Bigorre.
3. Orphéon d'Épernon.
O. Orphéon de Gentilly : daguarita, choeur des soldats (Halévy).
7. Orphéon d'Andilly : les Paysans (Sellais).
8. Société chorale de Bagnolet : En mer (Saintis).
9.. Orphéon des Prés-Saint-Gervais : les Boueurs (Li ntermann).
40. Société chorale de Suey : la Retraite (L. de Hillé).
41. Orphéon Saint-Martin, de Largues.
12. Orphéon de Roujan.
Ill. Choral de Saint-Laurent-des-Arbres : les Enfants de Lutèce (Laurent de Rillé).
14. Reine Blanche, d'Asnières-sur-Oise : les Maçons (Saintis).
15. Orphéon de Rozoy-en-Brie : Fabliau des Deux Nuits (Muid leu).
I G. Choral de Thiais : le Temple de la Paix (A mb. Thomas).
47. Orphéon do Léon-Saint-André : les Labouveurs (Arantolxen).
18. Orphéon de Draveil,
19. La Sainte-Cécile. rie Saint-Eliz.
20. Orphéon Sainte-Marie, de Casielfranc : leu Paysans (Saintis).
2I. Orphéon de Courpalay : la Nuit (Ducy).
22. Orphéon de Chantilly : la Retraite (I- de Bille).
23. Orphéon de la Princesse-Mathilde, de Saint-Gratien : les Rrises matinales (Saintis).
Serre Michaux.
Jury : MM. Jules Cohen, président; Bazzoni, Félix, Clément, Cokken, Janceurt, Mangin, Ch. Plantade, Valenti, de Lajarte, secrétaire.
ORPHÉON IIHLITAIHE.
Choeur imposé : JAGUARITA.
4. 2' régiment des voltigeurs de la garde; de Paris : le Fabliau des [)'sr Nuits (Boïeldieu).
2. 14' régiment d'infanterie de ligne-, de Paris : l'Hymne è la Nuit (Rameau).
3. 43' régiraient d'infanterie de ligne, de Paris : le Vin des Gaulois (Gounod;. 4. 1m' régiment des grenadiers de la garde, de Paris : les Martyrs 071.1. Arien (L. de Rillé).
3. 09' régiment d'infanterie de ligne, de Paris : Invocation (Félicien David). B. 1." régiment des voltigeurs de la garde, de Paris : les Martyrs aux .1 rimes (L. de Rillé).
7. I"' bataillon rie chasseurs à pied, de Paris : la Noce de Village (Laurent de Rillé).
8. 4 régiment des voltigeurs de la garde, de Courbevoie : l'Enclume (Adam).
ET LES INSTRUMENTS' DE MUSIQUE. 89
9. 20° bataillon des chasseurs à pied, de Paris : l'Africaine (Meyerbeer).
10. 3^ régiment de grenadiers de la garde, de Saint-Cloud : la Noce de. Village
(L. de Rillé).
11. 25e régiment d'infanterie de ligne, de Paris : l'Enclume (Adam).
42. 58° régiment d'infanterie de ligne, de Paris : la Note de Village (Laurent de Rille).
SAMEDI. A 8 HEURES DU SOIR,
Théâtre international au Crampe-de ;Haro.
Jury : MM. Ambroise Thomas, président; Ch. Bataille, G. Bizet, E. Ditulanger, G. Chouquet, Duprato, Êlwart, Hanslicb, Massenet, H. Prévost, Saint-Saëns, Cli. Thotnas, Vautrot, Aug. Wolf, Léo Delibes, secrétaire.
DIVISION FRANÇAISE D'EXCELLENCE.
CILORIP imposé : LES Fus np. L'ÉGYPTE.
1. Amand Chevé, de Paris : la Grande Revue (E. Boulanger).
2. Société impériale, de Lille : l'Hymne de la Nuit (Haussons).
3. Enfants de Paris : le Jugement dernier (Niedermeyer).
4. Enfants de Lutées, de Paris : Ninive (Denefve).
5. Odéon, de Paris : l'Hymne du Matin (Haussens).
6. L'Union chorale, de Lille : lignine de la Nuit (Han.st ts).
i. L'Avenir, deMarseil le : le Tyrol (Amie. Thomas).
LUNDI, A 8 HEURES DU MATIN. Theatre international.
Jury : MM. Besozzi, président ; Bazille, Colin, E. Durand, Hurand, d'lugrande, Maury, Sonnet, Vervoitte. Rochehlave, secrétaire.
LECTURE A VUE.
— 2" set/ion.
1. L'Orphéon, de Nanterre.
2. L'Orphéon, d'Houdan.
3. L'Orphéon, de Pantin.
4. L'Orphéon, des Prés-Saint-Gervais.
5. L'Orphéon de Villiers-sur-Marne.
6. L'Orphéon de la Princesse-Mathilde, de Saint-Gratien.
7. L'Orphéon, de Deuil.
90 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
8. LaChorale, de Tenni.
10. IL2'°Orrip'hfiéé°otni, ddee 8Naerucielillye-ss.ur-Mar ne . 41. L'Orphéon, de Mandres.
12. Le Choral, de Montreuil.
2' DIVISION. -4"" serlion.
1. L'Orphéon, de Neuville-sur-Sadne.
2. La Chorale, de Maubeuge.
3. La Société chorale, de Brest.
4. Le Kremlin, de Chantilly.
5. Ecole milliaire de gymnastique, de Joinville.
6. La Chorale, de Saint-Maixent.
7. La Chorale, de Saint-Dié.
8. Société Chevé, de Levallois-Perret.
9. La Neustrienne, d'Orbee.
10. L'Orphéon, de Provins.
11 Société chorale, d'Annecy.
1. DIVISION. :E section.
La Chorale, de Poitiers.
2. L'Ensemble, de Paris. .
3. Nouvelle Alliance, de Paris. 4. Lyre gauloise, de Paris. Choral parisien, de Paris.
6. Choral Saint-Bernard, de Paris.
7. Allobroges, de Paris. S. Les Gallinistes, de Melun. 9. La Chorale, du Mans.
1. DIVISION. - 1. seelion.
i. Les Enfants de Lutèce, de Paris.
2. L'Odéon, de Paris.
3. Les Enfants ale Paris.
4. Les-Neustriens, de Caen.
5. L'Union chorale, de Lille.
6. Les Arts-et-Métiers, de Paris.
7. Société. Amand-Chevé, de Paris.
8. Choral de Belleville, de Paris.
9. Société impériale, de Lille. 40. Ecole Galin-Paris-Chevé, de Paris.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 94
LUNDI A 2 HEURES.
Théâtre international.
Jury : MM. Ambroise Thomas, président. — Bezeozi, — Beigdieu, —Cuvant°, —de Castillon,—Cohen (Jules),— Dechauer, — David (Félicien), —Deffès, Delibes (Léo), — Duprez, — Gastinel (L.),—Gébaüer, — Geva&t,— Gounod, — Hanslick, — Hitler (F .), — Jonas , — Kastner (G.) , — de Lajarte , —de Leuven, — Limnander, — Maillard (Aimé), — Massé (Victor), — Meifred, — Mermet, — Mariano Soriano l'acres, — O'Kelly, — Parmentier (Auguste),— Perrin (G.), —Prince Poniatowski,— Ramond (Paul), — Réty, — Ruelle (7.), — Rocheblave , — Roqueplan , — de Saint-Vairy , — Semet , — Tarbé des Sablons, — Tilmant, — Van Elewich.
CONCOURS INTERNATIONAL D'EXCELLENCE.
Roland de Lattre, de Hal : Hymne du matin, Hanssens. — Tyrol, Ambroise Thomas.
Légia, de Liége : Corsaires grecs (de Soubre). — Hymne du matin (Hanssens). Tonic-Sol-Fa Association , de Londres : The Hunting Song (Ullah). — The Sheperd's Parme (Benedict).
Passons maintenant aux travaux d'organisation du comité de la 3' section, A qui l'art est redevable du concours international des musiques militaires.
af LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
COMITÉ DE L'EXÉCUTION MUSICALE. •
TROISIÈME SECTION.
Fanfares, Musiques d'harmonie et Musiques militaires.
Le peuple a plus d'une corde à sa lyre pour exprimer les douces émotions de l'art. Tout le monde n'est pas doué d'une belle voix, et bien des gens n'en ont même pas une médiocre à leur disposition. Mais personne ne veut être privé de la noble distraction d'exécuter de la musique depuis qu'on a senti la puissance des liens harmoniques et qu'on a constaté tous ses excellents effets.
Il s'est donc formé, à côté des sociétés chantantes, des musiques d'harmonie et des fanfares dont le nombre augmente chaque jour dans les villes et dans les petites localités. Bientôt il atteindra, peut-être le dépassera-t-il, celui des sociétés chorales.
Comme les orphéons, les sociétés de musique instrumentale sont des sociétés libres dirigées par un chef indépendant. Plus que jamais ces musiques sont appréciées dans les petits endroits où il ne se trouve pas d'autre orchestre. Les musiques civiles remplacent de leur mieux, en certains endroits, les musiques militaires de l'artillerie et de la cavalerie licenciées dernièrement : ce qui n'empêche que nous ayons déploré, que nous déplorons et que nous déplorerons toujours l'arrêt impopulaire qui a frappé tant d'excellents orchestres militaires.
Tout ce que nous avons dit des effets moralisateurs des réunions de l'orphéon chantant s'applique à l'orphéon instrumental. On ne peut guère faire à la raison l'injure de l'appeler à défendre l'absurde et à prouver l'évidence. Il est pourtant encore, à l'heure qu'il est, des hommes chagrinés, que l'esprit de système aveugle au point de ne rien voir des résultats de l'éducation musicale, instrumentale aussi bien que vocale du peuple, et môme de craindre cette éducation qu'ils croient dissolvante et abrutissante. A des entêtés de cette force on ne peut répondre que par des faits. J'aurais voulu qu'ils se trouvassent avec moi à un charma nt concours dont Isle—Adam a été le frais et pittoresque théâtre il y a quelques années déjà. Ah 1 la jolie fête et la belle journée I Quarante fanfares ou musiques d'harmonie s'y étaient fait inscrire, formant un total d'environ douze cents musiciens. Quelle gaîté sur tous
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 93
les visages, que de mouvement, que d'entrain, que d'émulation parmi les symphonistes du peuple I Mais la société qui, entre toutes, m'avait intéressé, c'était la fanfare de Méry. Étaient-ce donc de grands artistes qui formaient cette société? Non, des amateurs les plus modestes, au contraire, mais dont le souvenir m'émeut encore à l'heure qu'il est. Cette fanfare se composait d'une trentaine d'exécutants, tous ouvriers carriers. C'est un débitant de boisson, — débitant désintéressé celuilà,—qui s'était mis à leur tête. Trois fois la semaine ils se réunissaient de 8 heures du soir à minuit pour répéter et étudier en commun, ce qui ne les empêchait pas de se rendre le lendemain aux carrières à 5 heures du matin.
— Depuis que la fanfare de Méry existe, me disait un propriétaire de carrière, il n'y a plus à Méry ni hommes ivres dans les rues, ni querelle dans les cabarets, ni femmes battues, ni enfants souffrant de la faim.
Dira-t-on qu'un pareil résultat est l'effet de l'abrutissement par la musique?
Un fait curieux est celui–ci : ce sont les ouvriers musiciens de Méry qui ont travaillé à l'extraction de la pierre dont on a construit le nouvel Opéra! Est-cc que l'histoire d'Amphion bâtissant les murs de Thèbes au son de la lyre ne vous vient pas à l'esprit?
— Homme naïf I me disait avec incrédulité un de mes confrères de la presse parisienne à qui je parlais de la fanfare de Méry, j'oserais parier que le marchand de vin qui s'est mis à la tête des ouvriers carriers ne l'a fait que pour augmenter le nombre de ses pratiques. Ils boivent bien, messieurs les orphéonistes, et rien n'altère autant que de souffler dans une trompette.
Sans sortir de mon sujet, je veux, pour ee sceptique et pour beaucoup d'autres de ses pareils, rappeler un détail de la fête musicale populaire donnée à Béziers il y a deux ans.
Une fonlaine de vin avait été mise à la disposition du public et des musiciens au nombre d'environ trois mille. Cette rare fontaine était formée de trois bassins superposés et de quarante jets versant à la discrétion de tous, sans distinction de sexe ni d'âge, la bagatelle de quatorze mille litres de la liqueur vermeille. J'ai fait ce calcul : la ration d'un soldat pour une journée étant d'un quart de litre, la fontaine vinicole de Béziers représentait en conséquence la ration de cinquante– six mille hommes.
it LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Eh bien I il n'y a eu que deux hommes endormis aux pieds du « fleuve où l'on perd la mémoire'», comme chante Montauciel dans le Déserteur, et c'étaient deux militaires étrangers. Pas un Biterrois ému, pas un orphéoniste ayant trempé ses lèvres à la source écumeuse et rouge. « A Paris, me disait Laurent de Billé, on se serait battu pour appro, cher de cette fontaine de Bacchus; à Londres, on se serait tué. A Béziers , indifférence complète pour la douce liqueur vermeille. » Il est vrai que, dans les bonnes années, on la donne, on ne la vend pas à raison de six à sept centimes le litre.
Non, il n'est pas vrai que les sociétés musicales se réunissent pour boire, et c'est les calomnier indignement ou plaisanter détestablement que de tenir de semblables propos. J'ai bien souvent déjà, depuis que j'ai l'honneur de m'occuper spécialement des musiciens du peuple, soit en consignant leurs travaux dans une Revue orphéonique du Siècle, soit en composant pour eux des pièces de musique, soit en prenant ma part des travaux des jurys de concours, eu l'occasion de constater combien, au contraire, leur tenue est régulière, combien ils sont polis, paisibles, sobres et respectueux les uns envers les autres. Partout se révèle l'influence moralisatrice des associations musicales, et jusque dans les banquets qu'ils ont la coutume d'offrir chaque année à tours membres honoraires.
Si ces festins ne rappellent en général que vaguement le festin fameux de Balthazar, où ce roi voluptueux et gourmand fut massacré par les Mèdes; si même Brillat-Savarin, Grimod de la Reynière et j usqu'à Monselet y pourraient trouver à reprendre, en vérité ce n'est là qu'un très-petit malheur. Qu'importe que le potage soit froid si les coeurs sont chauds I Avant tout, on veut se voir, se parler, fortifier sa raison aux inspirations de la raison d'autrui , et le dîner n'est ici qu'un prétexte. Les orateurs abondent dans ces fêtes de famille, et l'on est chaque fois surpris de trouver dans les improvisateurs fournis par l'atelier un sens droit, une parole facile, des expressions justes et des idées généreuses. C'est qu'il faut bien le reconnaître, chez les hommes du peuple, si c'est la lèvre qui prononce, c'est le coeur qui dicte, et le coeur est toujours éloquent parce qu'il ne dissimule jamais.
Mais à quoi sert de plaider la cause de nos musiciens civils qui se défendent si bien par eux—mêmes? Nous en avons assez dit pour faire apprécier l'importance, a côté de l'orphéon chantant, de l'orphéon instrumental français; parlons plutôt des travaux du comité de la 3. section.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 95
La première pièce émanée de ce comité a été tout naturellement son règlement.
RÈGLEMENT
DES FESTIVAL ET CONCOURS INTERNATIONAUX DE MUSIQUES CIVILES.
Un festival de musiques civiles aura lieu à Paris , le i 4 juillet 1867 , dans la grande nef du Palais de l'Industrie (Champs-Élysées).
Toutes les sociétés de fanfare et d'harmonie admises par le comité sont appelées à prendre part à cette solennité.
Une répétition générale sera faite , à sept heures du matin, le jour même du festival.
Les sociétés qui ne seront pas présentes à la répétition et à l'exécution seront exclues des concours.
Le programme se compose de dix morceaux arrangés expressément pour cette solennité. Cinq de ces morceaux sont destinés aux fanfares et musiques d'harmonie d'après l'ancien diapason ; les cinq autres, aux fanfares et aux musiques d'harmonie d'après le nouveau diapason.
Suivant le diapason de ses instruments, chaque Société admise par le comité recevra gratviament les cinq partitions des morceaux qu'elle devra exécuter. Une médaille commémorative en argent sera offerte à chaque société présente au festival.
CONCOURS. .
Deux catégories de concours internationaux sont instituées sous les dénominations suivantes :
Concours divisionnaires;
Concours des grands prix.
CONCOURS DIVISIONNAIRES.
Ces concours sont divisés en deux sections :
I. Section des fanfares;
S. Section des musiques d'harmonie.
Chaque section comprend une première et une seconde classe.
Les premières classes de chaque section sont formées de sociétés classées , d'après les feuilles d'adhésion, en division supérieure et en division d'excellence. Les secondes classes de chaque section se composent des sociétés classées, d'après les feuilles d'adhésion , en première division.
Il sera facultatif aux sociétés classées , d'après les feuilles d'adhésion, en pre mière division, de concourir avec les sociétés classées en division supérieure et
96 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
en division d'excellence, si elles en font la demande au moins un mois à l'avance. Deux morceaux seront exécutés par chaque société :
1° Un morceau à leur choix ;
2° Un morceau pris parmi les cinq morceaux imposés pour le festival, et qui leur sera désigné un mois à l'avancé.
RÉCOMPENSES.
SECTION DES FANFARES.
Ire Classe.
1" PRIX : Médaille d'or, grand module. , 2° Paix : Médaille d'or.
3. PRIX : —
4. Pmx : —
5' PRIX —
2° Classe. ler Paix : Médaille d'or. 2° PRIX : Médaille d'or.
3. Paix : — de vermeil,
4° PrIx : —

5° Paix : — —
SECTION DES MUS (DIES D'HARMONIE.
1" Classe.
Paix : Médaille d'or, grand module. 2° PRIX : Médaille d'or.
3. Paix : —
4° PRIX : —
5° Pnix : —
2° Classe.
1.r PRIX : Médaille d'or. 2. Paix : Médaille d'or.
3° Paix : — de vermeil
4° l'Eux : —

5° PRIX : — —
Couenutx des grands prix.
Le comité, voulant donner une éclatante consécration aux sociétés civiles qui se distingueront par une exécution vraiment supérieure dans son ensemble et dans ses détails, autant que par l'excellence de leur organisation , a décidé qu'un concours supérieur serait ouvert sous le titre de concours des grands prix. En conséquence, un concours d'admission est ouvert entre toutes les sociétés qui aspirent à prendre part au concours des grands prix.
Les admissions aux concours des grands prix auront lieu, non point d'après le mérite relatif des sociétés entre elles, mais d'après un mérite absolu basé sur de sérieuses qualités de style, de justesse, d'expression , de sonorité, de mécanisme, etc.
Les sociétés qui ée sentent assez supérieures pour aspirer à être admises aux concours des grands prix doivent se faire inscrire pour le concours d'admission, au moins un. mois à l'avance.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 97
Les sociétés admises à concourir, pour les grands prix ne pourront pas prendre part aux concours divisionnaires. Chacune de ces sociétés n'exécutera qu'un seul morceau , laissé à son choix pour le concours d'admission et pour le concours des grands prix.
Il sera toujours loisible aux sociétés qui n'ont pas été admises à concourir pour les grands prix de prendre rang dans les concours divisionnaires, conformément aux instructions relatives à ces derniers concours.
RÉCOMPENSES.
GRANDS PRIX : VANESSES.
DIVISION UNIQUE.
t" Grand prix : Médaille d'or, valeur. . . . 2,000 francs.
2. Grand prix : — ,000

3' Grand prix : — 1,000 —
MUSIQUES
4.. Grand prix : Médaille d'or, valeur. . . 4,000 francs.
2. Grand prix : — id. . . . 2,000 —
3. Grand prix : — id. . . . 1,000 —
4. Grand prix : — id. . . . . 500 --
Considérant que la seule admission à concourir pour les grands prix, après un concours préparatoire sévère, est une preuve de capacité notoire, il sera décerné à chaque société admise à ce concours, et qui n'aurait pas remporté un des grands prix, une médaille de mérite en or.
Les jurys seront formés de notabilités musicales françaises et étrangères.
Instructions concernant le festival et les concours.
Dimanche, 14 juillet 1807. Répétition du festival au Palais de Ilndustrie , à 7 heures précises du matin.
Même jour, à I heure précise, exécution du festival.
Lundi, 15 juillet. Concours divisionnaires des fanfares et des musiques d'harmonie de la deuxième classe, et concours d'admission au concoursdes grands prix.
Mardi, 16 juillet. Concours divisionnaires de la première classe et concours des grands prix au Palais de l'Industrie.
Des renseignements complets concernant le logement, la nourriture et le transport par les chemins de fer, seront très-prochainement envoyés aux sociétés françaises et étrangères.
Toutes les communications des directeurs de sociétés devront être adressées
98 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
(sans affranchir) à M. le conseiller d'État , commissaire général de l'Exposition universelle, à Paris, avec cette mention au bas de l'adresse : Fanfares et musiques d'harmonie.
Le général, sénateur, président du comité des fanfares et des musiques d'harmonie,
NELLINET.
Le secrétaire du comité,
Émile Jonas.




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