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bea ont été ajoutées en souvenir d'un ami de sa famille, Meyer, qui lui légua, dans sa jeunesse, et sons cette condition, une fortune considérable; cette circonstance fut très heureuse, car Meyerbeer, surtout dans sa dernière manière, avait le travail lent, et il parait douteux qu'il filt jamais parvenu au complet épanouissement de son génie si, comme tant d'autres, il avait eu é lutter contre les difficultés matérielles de la vie.
Il fut élu membre associé de l'Institut en 1834.
Nous avons déjà signalé la curieuse similitude des voies. parcourues par Gluck et Meyerbeer ; peut-étre pourrait- on en conclure que la fréquentation d'écoles diverses est favorable au développement des grands génies. Les exemples en sont nombreux.
Halévy (Fromental) (1799+1862), né à Paris.
Élève de Berton et de Cherubini, 1•• prix de Rome en 1819.
Ses ouvrages les plus importants sont : la Juive, l'Éclair, Guido et Ginevra, la Reine de Chypre; mais il ne faut pas oublier: les Mousquetaires de la Reine, la Fée aux Roses, la Magicienne, Jaguarita, ouvrages qui eurent leur temps de succès, et le méritaient largement. Actitiellement, on ne se souvient que de la Juive, restée au répertoire de l'Opéra, et de quelques fragments de Guido, de l'Éclair...
llalévy fut professeur au Conservatoire, d'abord pour l'harmonie et l'accompagnement. en 1827 ; puis, eu 1833, pour le contrepoint, la fugue et la composition ; ses principaux élèves furent alors : Gounod, Victor Massé, Bazin, Deldevez, Deffès, Gastinel, Bizet, qui devait devenir son gendre, etc.
Il fut nommé membre de l'Institut en 1836, puis secrétaire perpétuel en 1854.
Niedermeyer (1802 +1861), né à Nyon (Suisse).
Musicien très distingué, dont le style est toujours pur et élevé. Deiix de ses opéras eurent un certain succès, Stradella et Marie Stuart; dans ce dernier se trouve la célèbre romance : les Adieux de Marie Stuart. Il a écrit aussi de fort belles Mélodies sur des vers de Lamartine et de Victor Hugo, toujours empreintes de noblesse et de poésie. •
Il a fondé à Paris l'École de musique religieuse, qui forme de remarquables organistes et maîtres de chapelle; son gendre. M. Lefèvre, en est le directeur actuel.
Adam (Adolphe) (1803 1- 1856), né à Paris.
Élève de Reicha et Boieldieu, second prix de Rome en 182i.
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Le Chalet, le Postillon de Longjumeau, le Brasseur de Preston, Girelle, le Diable d quatre (ballet), le Toréador, la Poupée de Nuremberg, Si j'étais Roi, les Pantins de Violette, Giralda. etc. Plusieurs messes...
Membre de l'Institut en 1844.
Professeur de composition au Conservatoire en 18'48
Berlioz (Hector) (1803 ± 1869), né à la Côte-Saint-André (Isère).
L'un des plus grands et plus pénibles exemples de l'homme de génie incompris de son temps.
Élève de Lesueur au Conservatoire, il obtint le premier grand prix de Rome en 1830. Il avait travaillé précédemment sous le direction de Reicha, mais en réalité il ne retint, de l'enseignement de ces deux maltres, que certaines idées ou des procédés de Lesueur, fréquemment reconnaissables, et se créa de toutes pièces son style personnel par ses études philosophiques et le contemplation des anciens chefs-d'oeuvre, de Gluck principalement:
Une curieuse anecdote m'a été contée par un de mes collègues, qui fut longtemps intimement lié avec Berliozt; je la relate ici parce qu'elle montre bien de quelle façon particulière et étrange s'élaborait la pensée musicale dans ce cerveau bizarre.
C'est à l'époque oà il écrivait les Troyens; il rencontre son jeune ami, auquel il avait coutume de communiquer, ses trouer« au fur et à mesure : e Ah j'ai en fin terminé le récitatif de Bidon 9 ; il faut venir chez moi, je tiens à vous montrer cela, lui dit-il; mais, je vous préviens, je n'ai pas encore trouvé les accords ! » On peut juger par là de la somme de travail que devait lui coûter un grand opéra l II en venait à bout, pourtant, et de plus on lui doit de précieuses trouvailles d'orchestration. • Les principaux ouvrages qu'il a légués à notre admiration sont : Benvenuto Cellini, la Prise de Troie, Béatrice et Bénédict, les Troyensd Carthage, opéras ; la Damnation de Faust, légende; l'Enfance du Christ, oratorio; la Symphonie fantastique, la symphonie d'Haro/d (avec alto solo), la symphonie de Roméo et Juliette, la Symphonie funèbre et triomphale; trois ouvertures : les Francs-Juges, Waverley, et le Carnaval de Venise; une Messe; un Requiem, etc. Tout cela est gauchement bàti assurément, mal orthographié, mais le génie l'emporte, et c'est grand, grandiose, et empoignant quand même; un sentiment noble et élevé plane
1. Adrien Berthe, l'auteur de la Fiancée d'Abydos, grand prix de Rome en 1854, actuellement l'un des plus éminents professeurs d'harmonie du Conservatoire.
2. Au 5' acte, page 270 de la partition piano et ekant.
ROMANTIQUES FRANÇAIS
sur le tout, masquant les incorrections et les défectuosités sans nombre que révèle l'analyse uléma la plus superficielle.
Les études de Berlioz furent lentes, pénibles, décousues et mal conduites. Il suffirait de lire ses Mémoires pour s'en convaincre, si ce n'était écrit à chaque page de ses oeuvres, dans lesquelles on so peut trouver trace de science vraie ni d'habileté acquise, sauf pour l'orchestration. On peut le constater et le dire sans irrévérence, car cela conduit simplement à voir en Berlioz le triomphe de l'inspiration et de la volonté, à admirer en lui ce qu'il y a de réellement admirable.
C'est loin de l'amoindrir, en tant que penseur et homme de génie; cela le hausse au contraire sur un piédestal spécial.
On lui doit un remarquable Traité d'orchestration, suivi de l'Art du chef d'orchestre.
Bien que méconnu de ses contemporains, Berlioz est mort officier de la Légion d'honneur, membre de l'bIstitut, et criblé de décorations étrangères; il fut aussi bibliothécaire t du Conservittoire et membre des jurys musicaux aux Expositions de Paris et Londres.
Après cette série de noms illustres, nous en devons citer quelques-uns qui laisseront dans l'histoire une tral née moins lumineuse, sans mériter l'oubli complet.
monpou (1804 1841) né à Paris.
A donné à l'Opéra-Comique les Deux Reines, le Planteur et Pi, quille, il a eu longtemps du succès comme compositeur de romances . Gastibe/za; etc.
Reber (N.- II.) (1807 -1- 1880), né à Mulhouse.
Musicien fin et distingué, très érudit, et auteur d'un remarquable Traité d'Harmonie; il enseigna cette science au Conservatoire de 1851 à 1862, où il fut chargé d'un des cours de composition et de fugue.
Il a écrit plusieurs opéras-comiques bien reçus du public : la Nuit de Noé?, 'le Père Gaillard, les Dames Capitaines, les Papillotes de Monsieur Benoist, et de la musique d'ensemble, Trios, Quatuors, fort appréciée des gourmets et des raffinés, mais trop délicate pour les succès populaires.
Membre de l'Institut en 1853.
1. Il ne s'occupait nullement de la bibliothèque, et laissait toute la besogne à Bottée de Toulmon, son aide bénévole, qui par le fait était le véritable conservateur, à titre gratuit (1831 à 1850).
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Griaar (Albert) (1808 -1-1869), né à Anvers.
Plusieurs opéras-comiques d'un style facile et élégant: Gilles ravisseur, les Porcherons; Bonsoir, Monsieur Pantalon ; le Chien du jardinier, et autres.-
Qaplsson (1808 + 1866), né à Naples de parents français. Élève de Habeneck et de Reicha.
A produit notamment : Gibby la Cornemuse (opéra-comique); Jeanne la Folle (grand opéra), la Fanchonneite (opéra-comique), son plus grand succès.
Membre de l'Institut en 1845, il est le créateur du musée instrumentai du Conservatoire de Paris, qui fut d'abord sa collection particulière, et prit par la suite une extension considérable
Notons en passant :
Elermet (Auguste) (1815 t 1889), né à Paris.
On en a connu trois opéras : le Roi David (1845), Roland a Roncevaux (1864), Jeanne Darc (1875), conçue dans un style franc et simple, mais sans élévation. On n'y peut méoonnattre un certain élan patriotique, qui eût été mieux à sa place dans des chœurs d'orphéons ou des rouvres de musique militaire.
Ici se place un type spécial, isolé dans notre histoire :
David ( Félicien ) (1810 -I- 1876 ), compositeur, né à Cadenet (Vaucluse).
Apprit la musique élémentaire dans une maîtrise d'Aix, où il fut ensuite maitre de chapelle ; puis il vint à Paris, où il reçut des leçons de Reber pour l'harmonie, de Benoist pour l'orgue, et de Fétis pour la composition.
Ensuite, s'étant enrôlé dans les Saint-Simoniens, il suivit, lors de leur dispersion (1833), le groupe qui allait prêcher la nouvelle doctrine en Orient.
Cette circonstance décida de sa carrière. Il fut un musicien orientaliste; non parce qu'il introduisit dans quelques-uns de •ees ouvrages des motifs réellement orientaux, ce que tous peuvent faire, mais bien plutôt par la couleur spéciale ou la tournure d'esprit qui résulte d'une habitation de près de trois ans en Égypte, dont il rapporta un style oriental de convention, mais produisant à merveille l'impression exotique cherchée pour des oreilles d'Européens, leur donnant l'illusion de l'Orient.
C'est alors qu'il produisit : le Désert, Christophe Coloznb, odes- symphonies; la Perle du Brésil, Lalla-Rouhh, opéras-comiques ; Herculanum, grand opéra ; et beaucoup de mélodies publiées on recueil ou isolément. Son style est d'une rare poésie. ,
_ ROMANTIQUES FRANÇAIS 634
Il fut élu membre de l'Institut en 1869. et titulaire des fonctions de bibliothécaire du Conservatoire depuis la même époque jusqu'à sa mort, pendant six anal.
C'était avant tout un rêveur, un poète et un modeste.
A la même époque eurent lieu les premiers succès d'Ambroise Thomas, que nous retrouverons plus loin, selon l'ordre méthodique adopté, en compagnie de ses collègues actuels de l'Institutt nous devons citer d'abord :
Bazin (François) (1816 + 1878), né à Marseille.
Frei:Lier grand prix de Rome en 1840. élève de Dourlen, Ber ton et Halévy.
Auteur de plusieurs opéras-comiques, Madelon, Maitre Patelin, le Voyage en Chine,... qui ont eu du succès, et surtout de deux importants Traités d'Harmonie et de Contrepoint.
Professeur de solfège au Conservatoire en 1844, d'harmonie eu 1849, de fugue et composition en 1871, jusqu'à son décès, il avait plus de valeur comme professeur que comme composite'''.
Maillart (Aimé) (1817 + 1871), né à Montpellier.
Élève de Guérin pour le violon, d'El wart pour l'harmonie, puis de Leborne pour la fugue et la composition, il obtint en 1841 le premier prix de Rome.
Ses oeuvres dramatiques sont : Gastibelza, le Moulin des Tilleuls, la Croix de Marie, les Dragons de Villars, les Pécheurs de Catane, Lare; je ne crois pas qu'il se soit essayé dans d'autres genres que l'opéra-comique.
Litolli (Henri) (1818 + 1891), né à Londres.
Son père était Français, sa mère Anglaise.
Comme tempérament artistique, il n'est pas sana quelque analogie avec Liszt. Grand virtuose pianiste, fougueux, passionné,. compositeur appartenant comme lui à l'école romantique, il en' diffère, malheureusement, par le succès, qui lui e presque tou jours fait défaut ; par l'élévation aussi peut-être. •
Il a écrit pour le théâtre, pour l'orchestre et pour le piano; on peut citer de lui : des Concertos, des Symphonies; Vouverturt
1. Tout comme son prédécesseur Berlioz, il envisageait cette fononon comme purement honorifique; un témoin autorisé (Weckerlin) m'affirme pourtant qu'il est venu uni Ais à la bibliothèque, sur se
lernande.