Concerto pour piano seul
l'index
Sens aigu du blues, phrasé fluide, toucher aux nuances presque « classi-ques » et swing subtil : une partenaire de rêve, capable aussi d'effets de punch et - comme en un boogie actualisé - de séduisantes incursions dans le registre le plus grave. - 'P.C.
Nothin' But The Truth (1959) ; avec B. Coleman :Have Blues, We'll Play Er» (1960) ; Father And Son (Cal Massey, 1961) ; You'd Be So Nice To Corne Home (Animons, 1962).
BOYD Nelson. Contrebassiste américain (Camden, New Jersey, 6-2-1928). Après avoir joué en 1945 dans des orchestres de second plan à Philadelphie, il effectue ses grands débuts à New York, en 1947; avec Coleman Hawkins, Il travaille ensuite avec Tadd Dameron, Dexter. Gordon, Charlie Parker, Sarah Vaughan, Charlie Barnet. Puis, sur la Côte Ouest, avec Erroll Garner, et dans le grand orchestre de Dizzy Gillespie où, en 1948, il remplace Al McKibbon. L'année suivante, il participe à l'une des fameuses séances de Miles Davis pour Capital.- Il s'éclipse en même temps que disparaît le big band de Gillespie. Il effectue sa rentrée en 1956 clans la grande formation que constitue le trompettiste pour une tournée au Moyen-Orient patronnée par le Département d'Etat americain. En 1958, il joue et enregistre avec Max Roach puis dispa-raît peu à peu de la scène musicale.
On apprécie la fermeté de son accompa-gnement en grand orchestre mais aussi - comme en témoignent ses disques avec Dexter Gordon, Fats Navarro, James Moody, Coleman Hawkins... - sa souplesse, même si les prises de son de l'époque restituent mal volume et couleur sonore. - A.C.
Half Nelson (Parker, 1947) ; One Bass Hit (Gillespie, 1948) ; Boplicity (Davis, 1949) ; Let's Cool One (Thelonious Monk, 1952) ; Billie's Bounce (Roach, 1958).
BOYKINS Ronnie. Contrebassiste américain (Chicago, Illinois, 1935 / New York, 20-4-1980). A l'exemple de Sun Ra, il entretient le mystère sur sa date de naissance. Ayant commencé d'étudier la musique à douze ans, il suit les cours de la DuSable High School, comme nombre de jazzmen noirs de Chicago, et, à la contrebasse à cordes ou au tuba, fait partie d'orchestres classiques amateurs. Refusé à un poste de contrebassiste dans l'orchestre du Metropolitan de New York pour
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raisons raciales (dit-il, et c'est ce qu'on peut supposer), il se consacre à la Musique Noire. Il reste à Chicago et, par ses amis - Charles Davis, Julian Priester, Pat Patrick, John Gilmore, - découvre l'univers de Sun Ra. Entre-temps, un ex- bassiste de Duke Ellington, Ernie Shepard, lui fait écouter et étudier des enregistrements de Jimmy Blanton. Paral-lèlement, il accompagne le pianiste et chanteur Freddie Cole (frère de Nat King Cole), les pianistes Willie Jones et James Williams, les saxophonistes Johnny Griffin et Von Freeman, les bluesmen Jimmy Witherspoon, Muddy Waters et Guitar Red. 1958: il est engagé par Sun Ra, et sera un membre régulier de I' Arkestra jusqu'en 1966 (mais, entre 1955 et 1974, il apparaît dans plus de 30 enregistrements de Sun Ra). Dès lors, il multiplie ses activités : travail de studio (aux côtés de Sarah Vaughan, Roland Kirk en 1967, Mary Lou Williams), engagement au Playboy Club, tournée avec Archie Shepp et le New York Contemporary Five (1964), formation d'un groupe, Free Jazz Society, avec Floyd Le Flore (tp), Frank Haines (ts) et John Hicks (p). 1971 : il participe, avec Roger Blank, Charles Brackeen et Ahmed Abdullah, au Melodic Art-tet. avait aussi enregistré avec Elmo Hope (1963), Marion Brown (1965), Charles Tyler, Joe Lee Wilson (1975), David Eyges et Steve Lacy.
De sa formation classique, il avait gardé une prédilection pour l'archet et certaine solennité du phrasé, son long séjour au sein des masses orchestrales organisées par Sun Ra l'ayant amené à développer un gros son et un jeu économe et plus efficace, voire brutal - peu de notes, mais de la puissance, - que sophistiqué. - P.C.
The Sun Myth (Sun Ra, 1965) ; « The Will Conte, Is Now » (1975) ; limer Voices (Eyges, 1977) ; We Don't II (Lacy, 1979).
BRACKEEN Charles. Saxophoniste (ténor, soprano, alto) américain (Okla-homa City, Oklahoma, 13-3-1940). Il étudie le piano dès l'âge de six ans, puis le violon et le saxophone. Il s'installe à Los Angeles à la fin des années 50 et joue avec Dave Pike et Joe Gordon. C'est là qu'il rencontre la pianiste Joanne Grogan, qui devient sa femme (ils s'installent à New York en 1964). Très impliqué dans l'avant-garde, Charles Brackeen fait partie du Jazz Composer'' Orchestra et joue avec
Paul et Carla Bley et Leroy Jenkins. Pour son premier disque en leader (1973), il s'entoure de Don Cherry, Charlie Haden et Ed Blackwell : les partenaires d'Ornette Coleman. On le retrouve aussi aux côtés de Frank Lowe et au sein du Melodic-Arttel. Il fait partie du trio de Paul Motian (1977-80), puis de la Decoding Society de Ronald Shannon Jackson.
Influencé par Omette Coleman lorsqu'il compose ou joue de l'alto, Charles Brackeen, au ténor et au soprano, est un musicien très lyrique, attentif au développement mélodique et à l'expressivité - mais partisan radical de la liberté des formes, élaborées hors des contraintes tonales. - X.P.
Charles' Concept (1974) ; avec Motian : Prelude (1977), Le Voyage (1979) ; « Bannar » (1987) ; Mystery of Two (Ahmed Abdullah, 1987) ; The Desert Wind (Dennis Gonzalez, 1989).
BRACKEEN JoAnne (GROGAN). Pianiste et compositrice américaine (Ventura, Californie, 26-7-1938). Travaille l'instrument en autodidacte et commence à jouer, à la fin des années 50, en Californie, avec Teddy Edwards, Dexter Gordon, Charles Lloyd et Charles Brackeen (qui deviendra son mari). A New York, en 1964, elle joue du piano et de l'orgue avec le vibraphoniste Freddie McCoy puis avec Woody Shaw (1969), Dave Liebman (1969 et 1974), Art Blakey (1970-72), Joe Henderson (1972-75), Joe Farrell, Sonny Stitt, Stan Getz (1976-77). Depuis la fin des années 70, elle se produit sous son nom, en duo (avec Clint Houston, Red Mitchell) et en trio. Elle enregistre aussi en 1986 à la tête d'un quintette qui rassemble Terence Blanchard, Branford Marsalis, Cecil McBee et Al Foster (« Fi-Fi Goes To Heaven »).
Pianiste au jeu puissant et percussif, JoAnne Brackeen compose, et improvise, une musique parfois complexe mais toujours lyrique. Une main droite volubile (mais d'une articulation franche), une main gauche précise (dans la fermeté des lignes de basses comme dans les nuances des accords), et un bon contrôle de la sonorité sur toute l'étendue du clavier lui assurent les moyens d'une expression originale, surtout en trio, et dans celles de ses compositions qui manifestent la plus grande liberté tonale. - X.P.
Haiti B (1977), Off Glimpse (1979), Einstein (1981) ; Heidi-B (Freddie Hubbard, 1983) ;
« Live at Maybeck Reci4d Hall » (1989), Estilo Magnifico (trio, 1991).
BRADFORD Bobby Lee. Trompettiste américain (Cleveland, Mississippi, 19-7-1934). Fils d'un pasteur musicien amateur qui l'encourage à jouer du piano lorsqu'il a dix ans, il suit sa famille à Dallas (Texas) en 1946: Noël 1948 : il échange la montre qu'on vient de lui offrir contre une trompette. L'année suivante, il découvre Fats Navarro et commence à étudier le cornet. A la Lincoln High School (1949-52), il a pour condisciples James Clay, Cedar Walton, David Newman... Il suit les cours du Sam Houston College d'Austin (2952-53) et fait partie d'un orchestre de danse avec Leo Wright. Il rencontre Charles Moffett et, quand celui- ci se marie, son témoin; Omette Coleman. 11 joue aussi avec Buster Smith et John I lardee. Los Angeles, 1953 : il devient un partenaire régulier d'Omette et, entre- temps, fait le boeuf avec Wardell Gray, (;erald Wilson, Eric Dolphy, Walter Benton et Joe. Maini. 1954-58 : mobilisé, il fait partie d'orchestres de l'US Air Force. En 1959, il s'inscrit à l'université du Texas et joue dans la région d'Austin. 1.n 1961, il peut enfin répondre positivement aux invitations d'Ornette Coleman et le rejoindre à New York - c'est précisément la période où le quartette n'a guère de propositions d'enregistrement. Bradford retourne au Texas, puis à Los Angeles où, avec. John Carter (à qui ( )mette l'a recommandé), il forme le New Art Jazz Ensemble, dont le travail sera enregistré par les firmes Revelation et Flying Dutchman. A l'occasion de vacances en Europe, il enregistre avec le lutteur John Stevens et le Spontaneous Music Ensemble. De retour aux Etats1 luis, il participe enfin à un disque
knette (1971). De nouveau en Europe ru 1973 (il y reviendra régulièrement tusqu'en 1986), il forme un quartette avec Stevens, Trevor Watts (as) et Kent Carter th). Mais, l'essentiel de son temps est ionsacré à l'enseignement à Los Angeles, ponctué de rencontres et d'enregistrements avec son ami John Carter. Il a enregistré aussi avec David Murray, notamment une suite de sa composition, Death Of A Sideman », en 1991. 1111 son large et tendre, un ton toujours romantique », jamais à court d'idées m•loiliques, et surtout, quel que soit le
tempo, un refus de toute urgence : participant de la première génération du free, il offre, à force de sérénité et de séductions chantantes, la plus éclatante démonstration que le free jazz n'est pas que « violence et désordre ». - P.C.
Song For The Unsung (New Art Jazz. Ensemble, 1969) ; The Jungle Is A Skyscraper (Coleman, 1971) ; « Love's Dream » (1973), « Lost In L.A. » (1983) ; Ornate (Frank Sullivan, 1986) ; « Comin' On » (1988) ; Have You Seen Sideman ? (Murray, 1991).
BRADFORD Perry John Henry « Mule ». Pianiste, chanteur, compositeur et chef d'orchestre américain (Montgomery, Alabama, 14-2-1893/New York 204-1970). Sa famille se fixe à Atlanta lorsqu'il a six ans. Très jeune, il se produit avec une troupe de minstrçls qu'il, quitte pour Chicago, où il joue du piano en soliste (1909), puis New York (1910) où il travaille aussi comme compositeur, Il devient le directeur musical de Mamie Smith et écrit pour elle Crazy Blues (1920), qui connaît le succès. Il fait plusieurs tournées avec la chanteuse au début des années 20 et participe à de nombreuses séances d'enregistrement avec des chanteuses de blues de 1923 à 1925 (Lena Wilson, Ethel Ridley, Julia Jones, Sippie Wallace, Laura Smith, Al-berta Hunter) ou à la tête de son groupe, les Perry Bradford's Jazz Phools, comprenant Louis Armstrong, Buster Bailey, James P. Johnson. Compositeur de nombreuses chansons (Evil Blues, It's Right Here For You, That Thing Called Love), il fonde une maison d'édition à laquelle il se consacre exclusivement. En 1965, il publie son autobiographie : « Born. With The Blues ». - A.C.
Lucy Long, I Ain't Gonna Play No Second Fiddle (1925).
BRADLEY Will (Wilbur SCHWICHTENBERG), Tromboniste, compositeur et arrangeur américain (Newton, New Jersey, 12-7-1912 / Flemington, New Jersey, 15-7-1989). Il joue dans des or-chestres universitaires avant de venir à New York en 1928 et de se produire avec Red Nichols. De 1931 à 1939, il appartient à des formations de radio - si l'on excepte un séjour de deux ans (1935-36) chez Ray Noble. Il forme alors son propre orchestre, qu'il dirige conjointement avec le batteur Ray McKinley jusqu'en 1942, et qui, dans le style des grandes formations