Releves de solos jazz

 

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de la
SUITE n° 6 (en mi majeur). — La plus brillante, la pl
série avec ses quatre galanteries, — et partant, celle qui a le plus souvent les honneurs du concert. A l'opposé de la première ou de la deuxième du recueil, son Allemande se suffit de deux vix bien lisses, bien tendues, le soprano (quelque p eu violonistique, aveco ses dessins disjoints en « dé-
ui lui donne rarement autre chose manché ») chantant plus que la basse, q qu'un continuo. Ferrailleuse et décidée, digitale avant tout, mais avec beaucoup d'esprit. Le motif secondaire de la mes. 8 est abondamment utilisé dans la deuxième section.

Jean-Sébastien BACH / 185
La Suite en mi bémol majeur (BWV 819) est une cousine germaine des Françaises, il ne lui manque que la gigue. Des de versions de l' A, et
e- mande initiale, toutes deux à deux voix, la premièreux, plus coulante semblable en ses démanchés de violon à celle de la Sixième Suitdessinse fran- çaise, peut sembler préférable à la deuxième (BWV 819a), aux plus anguleux et vite chromatiques. La Courante garde tout au long un 6/4 à la basse, le chant préférant l'équivoque fréquente avec 3/2.
Sarabande pleine de tendresse, à trois voix, les deux supérieures souvent à la tierce ou à la sixte, avec de nombreuses et expressives appogiatures, la basse alternant croches en notes répétées et dessins mélodiques de doubles croches. Délicieuse Bourrée, dans son rythme carré et ses brisés gentillets, suivie de deux Menuets dont le lsecond, on
en
minore (ton rarissime de mi bémol mineur), sert de trio à 'autre :
pourra le prendre un peu plus lentement.
Trois Menuets (BWV 841-843)
COMP vers 1720. PUB 1867 (Peters).
Ils figurent aux nOS 11-13 du Klavierbüchlein de Wilhelm Friedemann, juste avant les onze préludes qui, remaniés, finiront dans le premier Clavier bien tempéré. Composés sans doute en guise de récréation, mais avec autant d'art que d' amour, ils auraient pu servir à l'occasion dans quelqu'une des suites. Leur intérêt s'accroît progresstsle plus simplivement. Le premier (en sol majeur), long de vingt-quatre mesures, ee, dans son dévidage de noires et de croches, ses harmonies quotidiennes et sans surprises. Le deuxième (en sol mineur), plus court avec ses seizenn mesures, est plus sinueux de mélodie, plus recherché dans ses accords. Le troisième (en sol majeur à nouveau), qui atteint trente-deux mesures, cantonnées dans le médium et le grave, est tout parsemé de dactyles, qui le font sau-
tiller gaiement.
(Autres danses du Klavierbüchlein : deux allemandes en sol mineur,
BWV 836 et 837, attribuées à Friedemann lui-même.) Six Partitas (BWV 825-830)
COMP 1725-1730. PUB 1726 (n° 1), 1727 (n°' 2, 3), 1728 (n° 4), 1730 (n" 5, 6); les six 1731, avec la mention « opus 1 » et le titre Klavieriibung (chez l'auteur, Leipzig).
Premier ouvrage publié par Bach, en vue de la Foire annuelle de Leipzig. Le compositeur a emprunté le titre général de Klavierübung à Kuhnau, son prédécesseur au poste de cantor à Saint-Thomas de Leipzig, qui l'avait utilisé pour coiffer pareillement, en 1689 et 1692, des partitas pour clavier. Bach allait poursuivre cette « Étude » avec à la frais la publicastiont en
1735 d'une deuxième partie comp enfin
renant l'Ouverture çaie e le
Concerto italien, en 1739 des Duettos (joints à des œuvres d'orgue), en 1742 des Variations Goldberg.

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Les six Partitas (qu'on a appelées aussi « Suites allemandes » pour les distinguer des deux séries précédentes) commencent toutes par un morceau d'envergure, intitulé différemment à chaque fois : praeludiurni sinfonia, fantasia, ouverture, praeambulum, toccata. Elles prolongent la forme étendue et ambitieuse des Anglaises, avec plus d'ampleur encore, de variété, surtout de liberté. Les Troisième et Sixième d'entre elles ont d'abord été insérées dans le second Klavierbüchlein d'Anna Magdalena (commencé en 1725).
PARTITA n° 1 (en si bémol majeur). — La plus ingénue, la plus modeste et intime, la plus \délicate et lumineuse. On peut songer, en écoutant le Praeludium, auso - c-rrelel:Anige de Reims. Ce court morceau de vingt et une mesures (mais brodées de triples croches) est une merveille d'équi- libre et de sérénité. Le thème, appuyé sur des mordants, monte lentement une octave, avec un retour rapide au point de départ, puis s'étend par marches harmoniques, qui l'arrêtent sur la dominante ; la basse le reprend ; au total, il sera exposé six fois, dans une écriture en trio, sauf à la fin qui le nourrit d'accords. (Jean-Chrétien Bach le cite, non sans émotion, dans la première de ses Sonates op. 10 pour violon et clavier.)
L'Allemande est un mouvement perpétuel de doubles croches, en dessins brisés, où parfois les mains alternent acrobatiquement. Deux voix la plupart du temps, mais suffisant à remplir l'espace sonore. Gaieté ; ampleur du geste, et des basses.
Délicieuse Courante, plutôt corrente italienne, à 3/4, toute en triolets (et à deux voix). C'est espiègle, et brillant, la gauche a des bonds, des arpèges sur deux octaves ; ces courantes des Partitas, qui secouent l'habit encore vieillot et guindé de celles des Suites anglaises, ne sont pas leur moindre charme.
La Sarabande déroule un chant très expressif, avec autant de noblesse que de quiétude. La gauche n'a qu'un rôle discret, limité (sauf un court moment) à quelques accords d'appui, à des silences. C'est la droite qu'on est venu écouter, dans ses arabesques déliées ; et l'on admire autant sa souplesse que sa sûreté dans l'élan et la juste visée.
Deux Menuets, l'un à deux voix, tricotant croches contre noires, — l'autre tout petit, tout vertical et statique, et dans le même ton, ce qui est rare : on peut s'amuser à accentuer la basse, tonique, dominante, pour faire « musette ».
La Gigue est ravissante ; et quel amateur n'a-t-elle pas tenté, avec ses croisements de mains (qu'on dirait scarlattiens si les Essercizi du Napoli- tain n'avaient paru en 1738 seulement !). Rythme à 4/4 et triolets, c'est- à-dire au fond un 12/8; et pas le moindre souci fugué, à l'encontre des gigues suivantes.
PARTITA n° 2 (en ut mineur). — Elle commence par une Sinfonia en trois parties, en accélération progressive : sept mesures à 4/4 (grave adagio), aux accords massifs, au rythme pointé d'ouverture française ; puis un tardante, toujours à 4/4, long chant plaintif de la main droite sur une basse égale en croches, aux fioritures italianisantes, comme dans le volet central d'un concerto pour violon ; enfin un morceau rapide et fringant, à 3/4, tugato à deux voix.
L'Allemande poursuit un peu dans la même veine : toujours deux voix qui s'imitent, dans un style serré et soutenu, loin du « brisé » des alle- mandes des Suites françaises. Mais ce stylé brisé ou luthé revient en force dans la Courante, très élaborée, à 3/2, rythmiquement complexe et rendue 11111s vétilleuse encore par les petits frisons de doubles croches qui agré- mentent chacune des voix à son tour.
11 n'y a que deux voix à nouveau dans la Sarabande (à part les accords qui concluent chaque section), même si çà et là une note est un peu plus tenue : affleurements passagers, qui sont moins des idées mélodiques que de languides négligences des doigts qui traînent un peu sur les harmonies. Pièce très expressive, où la basse a son tour de chant, violoncelle émou- vant, creusant les inflexions du soprano, les approfondissant dans son registre.
Adorable Rondeau (« rondeaux », écrit Bach), à 3/8, caractérisé par ses chutes de septième successives. Quatre reprises du refrain, vif et incisif, avec des couplets plus ronds et chantants : au total sept sections très équi- librées (trop !), de seize mesures chacune.
Rien d'aussi verveux chez Bach, d'aussi dansant (au point de faire parfois songer d'avance à la polka, ou au jazz !) que le Capriccio, à 2/4, avec ses alertes sauts de dixième, ses syncopes, son ferraillement précis et efficace, — une pièce assez brillante pour pouvoir servir de finale, et faire passer à la trappe (c'est bien la seule fois !) la sacro-sainte gigue !
PARTITA n° 3 (en la mineur). — Fantasia, tel est le titre du premier morceau, mal choisi à vrai dire ; car rien dans ces trois pages d'allure sévère, — une longue invention à deux voix, où les doubles croches à 3/8 ne chôment guère, où la musique va tout droit jusqu'à la dernière mesure, ne sent l'improvisation, la liberté rhapsodique. « Prélude » aurait mieux convenu ; c'est d'ailleurs le terme utilisé dans le Klavierbüchlein d'Anna Magdalena, où la suite figure.
L'Allemande, enrubannée de triples croches, suppose un tempo modéré ; capricieuse, avec les dactyles de son début ; puis saisie d'ac- cents lyriques ; arpègements nombreux, aux notes tenues, formant de petits îlots d'harmonie dans un tissu filé en réalité à deux voix.
Très belle Corrente, à 3/4 et à deux voix. Le rythme pointé lui impose des saccades (et il est parfois saisissant, et tout moderne, ce piétinement rythmique de la basse).
Sarabande très sobre, plutôt verticale d'écriture (beaucoup de tierces el de sixtes), sans ce travail minutieux d'enjolivures qui fait la séduction






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