Placement ryhtmique main droite main gauche
bourrée, au mode mineur, bouffonne carrément, avec son marmonnement de croches à la basse.
(ligue à 6/8, hérissée de nombreux mordants ; imitations, comme de uouttime (à l'octave au début, à la quinte dans la deuxième section, qui inverse le thème). On relèvera une indication de dynamique, très rare chez Irnrh : piano sur les cinq dernières mesures de chaque section.
SI il I'E n° 2 (en la mineur). — Ce n'est pas un Prélude, c'est un concerto gui l'inaugure ! Huit pages d'endurance, où la double croche à 3/4 ne Outillait pas de répit, faisant ronronner un moteur qui parfois s'apparente A ceux de Vivaldi. Deux thèmes, le premier vigoureux, tressant ses lignes
arpèges, en batteries, mouvement perpétuel de violon virtuose, le oocond (mes. 55) plus stable, basé sur une figure anapestique (deux doubles croches, une croche) et des accords battus, la main gauche en dehors, avec des marches caractéristiques. Plan ternaire ABA, avec da Capo complet.
,'Allemande est inventive, en imitations, circonvolutions recommencées, fantasques, d'une substance qu'on dirait intarissable. La Courante eat capricieuse, prodiguant toujours ces ambiguïtés propres à la courante fl'ançaise à 3/2.
I st-ce dans un but didactique que Bach fait suivre la Sarabande d'une version avec « les agréments », où il l'émaille d'une décoration subtile ? Veut-il donner une leçon d'ornementation (pratique courante dans les reprises, laissée d'ordinaire à la discrétion de l'interprète) ? Nous y avons gagné ces couples jumeaux (il y en a un autre dans la Troisième Suite) où, après avoir entendu une page déjà admirable en soi, nous recevons avec émotion son image tourmentée, sa réflexion dans les miroirs du baroque. Douze plus seize mesures ; champ d'expérience limité, cadre étroit, où chaque mesure semble être un tout, bien que la ligne générale ne soit jamais rompue ; noter que Bach n'a pas la tentation d'enjoliver d'autres parties que le soprano : seul le chanteur reçoit cette variante qui honore !ICS prouesses...
Deux Bourrées, pour tourner la page ! (on est si troublé, qu'il faut du mouvement, maintenant). La première est d'abord fruste, avec ses pédales persistantes, puis prend une pente plus lyrique, dans ce mouvement en moulinet (mes. 9-14) qui recèle en son sein.un germe thématique. La deuxième, bien plus brève et rassise, passe au mode majeur, et sourit avec une grande douceur dans sa robe de tierces et de sixtes (joli sol nrixolydien du début).
La Gigue, à 6/8, n'est pas fuguée, contrairement aux autres ; c'est une ga italienne, où deux voix rivalisent d'agilité, de brio, les deux mains ru mouvement parallèle.
SUITE n° 3 (en sol mineur). — Même ampleur concertante dans ce Prélude tille dans le précédent. Fort de son rythme énergique à 3/8, voici le vigou-
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matismes, loin de toute idée de divertissement, et ne faisant auc concession à l'instrumentiste. Les inversions de la deuxième secti savants « miroirs », annoncent l'écriture spéculative des dernières ann de Leipzig.
Six Suites françaises (BWV 812-817)
COmP 1720-1722 (Côthen) ; la dernière peut-être à Leipzig, au plus tard en 1725. P 1806 (Hoffmeister & Kühnel).
Les cinq premières Suites françaises sont réunies, sous une forme parf incomplète, dans le premier Klavierbiichlein d'Anna Magdalena, rédi par Bach en 1722 (conservé à Berlin, Deutsche Staatsbibliothek). sixième serait plus tardive. On a complété la série grâce à différents man crits, dont une copie de Nicolas Gerber, élève de Bach, datant de 1725; autre copie ne contient que les quatre premières, suivies des Suites en mineur et mi bémol majeur (BWV 818, 819), qu'on trouvera un peu pl loin. L'ensemble a connu de nombreuses révisions et variantes.
Le qualificatif « françaises » n'est pas de Bach ; il est dû en partie a « galanteries » qui, selon l'usage ordinaire des clavecinistes français s'ajoutent aux quatre danses canoniques, allemande, courante, saraband et gigue (et les Anglaises le méritent tout autant !) ; mais aussi au styley plus « galant »,qui favorise la mélodie avant les astuces du contrepoint d'ailleurs il s'agit ici de Hausmusik, au meilleur sens du terme (et Bach la destinait au clavicorde) : une musique à usage intime, familial, voire pédagogique, — ce que sont restées de nos jours ces suites fort prisées des amateurs, qui les savourent mieux chez eux qu'au concert.
Beauté des allemandes, qui sont parfois de véritables préludes et rompent tout lien avec la danse ; variété des courantes, les unes françaises et cérémonieuses (rythme à 3/2 ou à 6/4), les autres italiennes (à 3/4),
_ d' )allure rapide et de souple mélodie ; variété aussi des gigues, allant du
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hme pointé de l'ouverture française à celui, aussi pointé mais plus vif
déluré, de la canarie, ou encore aux bonds légers de la giga italienne.
SUITE n° I (en ré mineur). — La plus sérieuse des six, avec quelque chose d'archaïsant. L'Allemande, comme la plupart des autres (celles de la Deuxième, de la Quatrième Suite), utilise ce précieux et gracieux « style brisé » des clavecinistes français, qui rompt habilement la ligne mélo- dique en plusieurs voix. Cette polyphonie artificieuse (une seule note jouée à la fois) et souple (puisque aussi bien les voix peuvent s'éteindre à n'importe quel moment, sans être forcément remplacées par leur équi- valent de silences) génère des frottements délicieusement dissonants (retards), des remplissages harmoniques (notes tenues des arpègements), tout un jeu de reflets et d'échos, d'un charme irrésistible. Cette première allemande, de surcroît, est d'un merveilleux équilibre, à tous les points de vue : dans sa forme (deux fois douze mesures), dans la symétrie de ses
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dessins, alternant l'ascendant et le descendant, le conjoint et le disjoint, avec un sens très aigu des proportions.
Courante à la française, à 3/2 (sauf à la dernière mesure de chaque Nection, sentie à 6/4) ; elle poursuit dans le même style ; même façon aussi de déjouer les cadences, de vite relancer la phrase après une résolu- tion. Grande unité du matériau thématique : groupes de quatre croches identiques, à tous les registres.
Grave Sarabande, à quatre voix, formant de lents et solennels accords presque à chaque temps (le vertical se mêle à l'horizontal). Chaque voix A son tour pourrait passer pour principale, et l'interprète devrait jouer de cette richesse, ne serait-ce que dans les reprises. Climat de tristesse, accru par quelques fortes dissonances. Un très beau passage (mes. 9) quand la basse reprend le thème avec d'autres harmonies.
Il y a deux Menuets, tous deux à trois voix ; le premier est le plus long, le plus mélancolique ; deuxième section au relatif, avec le thème à la basse. Le thème du second part de la troisième mesure du premier, reste bien ferme sur la tonique, même dans sa courte deuxième section (huit mesures, avant la reprise da capo du début).
La Gigue est mesurée à 4/4, ce qui est rare (voyez cependant celle qui termine la Sixième Partita). Avec son écriture fuguée, son rythme pointé vigoureux, et même rude, si différent du fluide mouvement des gigues ordinaires, elle s'apparente à une ouverture française. Inversion du thème dans la deuxième section : le procédé se rencontre si couramment dans les gigues qu'on ne devrait signaler que son absence.
SUITE n° 2 (en ut mineur). — La plus mélodieuse, la plus facile aussi, peut-être la plus immédiatement séduisante. Elle s'ouvre sur une Alle- mande parmi les plus belles ; la conduite des « voix » engendrées par le même style brisé, ou luthé, que la précédente, est ici moins noueuse, épa- nouie en longues phrases ; la gauche a le plus souvent un continuo de croches (surtout dans la copie de Gerber, plus simple), et la droite le dia- logue de deux voix tendres, caressantes, fréquemment en syncope. Il est intéressant, pour saisir la façon dont Bach exploite ces brisures, de faire l'expérience de jouer la pièce sans cette polyphonie simulée, sans les tenues qui créent artificiellement deux voix là où il n'y en a qu'une en vérité ; on en tirerait une leçon de diction et d'expression pour toutes les pièces où, au contraire, Bach écrit ses dessins de manière très lisse : ce qui ne veut pas dire qu'il ne sous-entend pas des prolongements de sons, des doigts qui traînent sur les touches, mais seulement qu'il lui est plus commode de rédiger sous la forme d'une seule voix (ce qu'il fait, par exemple, quand il transcrit Les Bergeries de Couperin dans le deuxième cahier d'Anna Magdalena, rabotant l'écriture luthée du Français, par
facilité).
La Courante est à l'italienne, une corrente à 3/4, dans une écriture à
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La Courante, ou corrente, à 3/4, a des triolets dansants à chacune de 'o
ses deux voix (on remarquera lrthog p rahe de l'époque : croche pointée et double croche sont mises pour noire et croche). Inversion du thème dans la deuxième section. La gauche s'amuse à des enjambées d'un registre à l'autre : voyez, notamment, l'arpège ascendant de la mes. 17,
Tendre et persuasive Sarabande, un peu dans le genre de celles des sur deux octaves.
ticement la sousdominante :
Suites anglaises. Elle aussi effleure subrep
ré 6 dès la deuxième mesure. Une figure obstinée
croches, u (croche, deux doubles
ne noire) commence quinze mesures sur les vingt-quatre, soit La Gavotte, à deux voix, avec des imitations à l'octave, est d'une grâce au soprano, soit à la basse.
piquante. Elle est suivie d'un très court Menuet (deux fois huit mesures) donnent pas toutes les sources, puis d'un Air, à 4/4, bien délimité que ne
en expositions (six mesures), développement (dix) et réexposition (six). La Gigue est exemplaire, à 6/8 et en fugato, bruyante et piaffante de son- neries de chasse et de galops joyeux ; il y faut du brio, et de la décision.
(Le manuscrit de Gerber contient de plus un prélude et une seconde gavotte, qu'on estime apocryphes)
SUITE n° 5 (en sol majeur). — Celle-ci est la plus sereine de toutes, la mieux équilibrée. Sa gracieuse Allemande fait mouvoir ses courbes au- dessus des deux voix presque aussi chantantes de la main gauche, qui reçoit à son tour sa part de doubles croches, quand elle se met à accompa- gner, quasiment en basse d' Alberti.
Courante italienne, à 3/4, aux deux voix vivaces, qui échangent en riant croches et doubles croches. Sarabande au pas de la noire, verticale, et très ornée (nombreux mordants). Gavotte irrésistible, pétillante, levée tôt et de joyeuse humeur. Jovialité toute pareille de la Bourrée, qu'accompa-
es croches bien affûtées, avec force mouvements gnent sans barguigner d
disjoints ingénue, à 6/4, vient là-dessus poétiser, dans sa ryth-
mique nonchalante.. Une Loure Et l'on finit sur une Gigue à 12/16, en fugato à trois voix, plus périlleuse que ses compagnes, si on veut la jouer à une bonne allure. us copieuse