Gammes de Fa
k quartette vocal Os Cariocas, les compositeurs Eumir Deodato et Edu Lobo, les tuitaristes Baden Powell et Luis Bonfa.
Le 13 février 1962, Stan Getz, avec le trio de Charlie Byrd, enregistre Desafinado, l'une des plus célèbres compositions de Jobim. S'ensuit une vogue formidable de ce courant musical, qui dépasse bientôt les limites du continent américain. Quelques mois plus tard, Getz grave un album légendaire en compagnie de Jobim et du couple Gilberto. Par la suite, Jobim travaille beaucoup aux Etats-Unis, et enregistre même avec Frank Sinatra. Cette évolution n'est pas sans provoquer une certaine gêne dans la nouvelle génération des musiciens brésiliens, qui n'acceptent pas toujours cette association avec les Nord-Américains. La musique populaire brésilienne connaît ensuite de nouveaux développements à l'occasion desquels son chemin croisera encore parfois celui du jazz, mais la bossa-nova semble avoir connu son apogée au milieu des années 60. Plus qu'une réelle empreinte stylistique, son apport essentiel au jazz serait donc l'attrait d'une pulsation rythmique nouvelle, et surtout un renouvellement incontestable du fond des standards où vont puiser quelques-uns des meilleurs solistes de l'époque : Dizzy Gillespie, Zoot Sims, Coleman Hawkins, Sonny Rollins, Dexter Gordon, le Modem Jazz Quartet, Ella Fitzgerald, McCoy Tyner... - A.M. Collection « A Arte de... » (Fontana) : albums consacrés à Vinicius de Moraes, Edu Lobo, Haden Powell, Tom Jobim, etc. Joào Gilberto : Chega da saudade (1959) ; Stan Getz-Charlie Byrd : « Jazz Samba » (1962) ; Coleman Hawkins : « Desafinado » (1962) ; Stan Getz-Joào Gilberto : The Girl From lpanema 11963) ; Elis Regina-Antonio Carlos Jobim : « Elis & Tom » (1974) ; McCoy Tyner : Wave (1977).
BOSTIC Earl Eugene. Saxophoniste, chef d'orchestre et arrangeur américain ( Tulsa, Oklahoma, 25-4-1913/Rochester, New York, 28-10-1965). Doublant alto et clarinette, il effectue ses premiers pas avec des formations locales et débute en 1931 dans l'orchestre de Terence Holder. Il passe en 1933 chez Bennie Moten avant de fréquenter les cours de la Xavier University à La. Nouvelle-Orléans, où il étend ses connaissances musicales, se familiarisant avec la pratique d'autres instruments. En Louisiane, il joue avec Joe Robichaux (vers 1934) puis est engagé
par Ernie Fields, Clarence Olden et dans l'orchestre dirigé conjointement par Char- lie Creath et Fate Marable (1935-36). Il est à New York en 1938 et joue chez Don Redman, Cab Calloway, Edgar Hayes, Hot Lips Page (à qui il donne ses premiers arrangements). Il prend aussi la tete d'une petite formation (au Small's Paradise de Harlem notamment). En 1943, il passe chez Lionel Hampton, puis remonte une petite formation et écrit des arrangements pour. Artie Shaw, Louis Prima, Jack Teagarden, Paul Whiteman, Lionel Hampton, etc. A partir de 1945, Bostic se consacre à son propre groupe, qu'il conduit au cours des années 50 à travers tous les Etats-Unis, avec un grand succès, concrétisé par des ventes considérables de disques où il réinterprète des mélodies populaires comme Flamingo, Moonglow, Cherokee, You Go To My Head. A partir de 1956, souffrant de troubles cardiaques, il interrompt ses activités pendant trois ans. Il ne pourra plus jouer que sporadiquement et c'est le soir même de sa rentrée qu'il est frappé en scène par une nouvelle attaque. Il mourra deux jours plus tard. Il a composé Let Me Off Uptown pour Gene Krupa et enregistré pour les disques King.
Ni l'instrumentiste ni l'arrangeur ne sont chez Earl Bostic portés aux chichis ou aux fanfreluches. Tout au contraire, il entre sans tergiverser dans le vif de son sujet, imprimant à ses solos un dynamisme, une chaleur, une vivacité par lesquels s'exprime son plaisir de jouer. Il est l'un des grands techniciens de l'instrument, maîtrisant les registres extrêmes avec une aisance de clarinettiste. Sa sonorité âpre, mordante, agrémentée d'effets de growl particulièrement expressifs, ajoute au tonus d'interprétations très swingantes, le plus souvent prises en tempo médium. On a pu dire de lui qu'il est à l'alto ce qu'Illinois Jacquet est au ténor. Beaucoup de saxophonistes (Big Jay McNeely, Red Prysock, Syl Austin et même Arnett Cobb) ont suivi sa conception d'une musique sacrifiant tout à la frénésie et à l'exubérance. Très logique-ment, les petits groupes qu'il a dirigés, avec un orgue généreux et une guitare cinglante, privilégient l'aspect rythmique du rhythm and blues et de son avatar le rock and roll. Plusieurs musiciens d'envergure y ont fait leurs débuts : John Coltrane (1952-53), Blue Mitchell (1953), Stanley
146 / Boswell Sisters
Turrentine, Benny Golson (1954-56). - A.C.
Haven't Named h Yet (L. Hampton, 1939) ; You Need Coaching (Page, 1944) ; Seven Steps (1950), Flamingo (1951), Linger Awhile, Lover Corne Back To Me, Moonglow (1952), Bugle Call Rag (1956).
BOSWELL SISTERS. Ensemble vo-cal américain constitué par les trois soeurs Boswell nées à La Nouvelle-Orléans (Connie, 3-12-1907/New York, 11-101976 ; Martha, 1908/1958 ; et Helvetia, « Vet », 1912/Peekskill, New York, 12-11-1988). De formation classique, elles jouent de la musique de chambre, Connie au violoncelle, Martha au piano et Vet au violon, mais sont bientôt attirées par le jazz, présent partout dans leur ville natale. Elles constituent un groupe vocal au milieu des années 20, apparaissant d'abord dans des spectacles de vaudeville puis, fréquemment, dans des programmes de radio. De 1931 à 1935, elles enregistrent un grand nombre de faces. Elles recherchent pour les accompagner des musiciens de premier plan : Joe Venuti, Eddie Lang, Benny Goodman, les frères Dorsey, Bunny Berigan, etc. Hollywood les accueille et elles tournent dans « The Big Broadcast of 1932 », « Moulin Rouge », « Transatlantic Merry Go Round » (1934). En 1935, deux d'entre elles se marient et le groupe se dissout. Connie Boswell, qui en était l'animatrice, entreprend alors une carrière de soliste - bien qu'une poliomyélite la contraigne à paraître sur scène dans un siège roulant. Elle participe à des films musicaux : « Artists And Models » (1937), « Syncopation » (1942), « Swing Parade » (1946).
Comme les Andrews Sisters qui furent un peu leur prolongement, les Boswell Sisters se tiennent le plus souvent dans la variété rythmée. Elles ont su toutefois donner d'agréables interprétations parfu-mées de jazz. - A.C.
Nights When l'in Lonely (1925), Everybody Loves My Baby (1932).
BOTTLANG René. Pianiste et compositeur suisse (St Gall, 1-5-1953). A Lausanne, 1960, il commence l'étude du piano et suit les cours du conservatoire. La découverte des Beatles le mène à la chanson et à un premier et unique 45-tours dont l'échec le ramène au piano et à la Swiss Jazz School de Berne. En 1975, il fonde l'Orchestre à Musiques et le quin
tette Madame Schwab, avec lequel il joue aux festivals de Moers et Fribourg. En 1978, il s'installe dans le sud de la France et travaille à un projet de piano solo qui aboutit à un disque pour le label Owl (1980). Suivent de nombreux concerts en solo et en duo avec Michel Gaudry et François Jeanneau. En 1982, nouvel enregistrement, toujours pour Owl. Il joue au festival de Zurich, puis en trio avec André Jaume et Bruno Chevillon. En 1985, il est invité à Moscou et se produit un peu partout en Europe. Il joue en duo avec Mal Waldron et, en 1989, crée le quintette Exilés avec le quatuor Enesco. Suivent des rencontres avec Dan larca, Barre Phillips, Charlie Haden, Christian Lété, Chris Biscoe, Steve Lacy et Jean Querlier. En 1991, il participe à la création du groupe TBMT, pour deux pianistes et deux percussionnistes. En 1992, création, au festival d'Apt, d'une suite pour piano et violoncelle avec Kerstin Elmqvist et, au festival de la vallée de l'Hérault, de « Round about Boby » (Lapointe) avec Phil Minton, Chris Biscoe, Claude Tcha-mitchian et Youval Micenmacher.
Avec une technique remarquable, entiè-rement asservie à la mise en place d'un univers musical très personnel qui, de Schubert à Thelonious Monk en passant par Erik Satie, se révèle celui, tendre et sensible, d'un authentique poète du cla-vier, René Bottlang réussit l'heureuse synthèse de l'écrit et de l'improvisé. Entrelacs de petites phrases mélodiques construites avec une minutieuse précision et une grande diversité rythmique, son jeu impose l'évidence d'un sincère chant intérieur, généreux et fragile parfois, toujours rehaussé d'une pointe d'humour. - J.-P. R.
« ln Front » (1980), « At The Movies » (1982) ' • « The Lausanne Concert » (avec Wal- dron, 1987); « In The Moment » (avec Haden, 1989) ; « Exilés » (1990), « TBMT » (1991), « Voyages divers » (1991).
Bounce (littéralement : bond, rebond). Par analogie avec le rebond d'une balle, se dit surtout d'un tempo modérément rapide, rythmé, bondissant et donc favorable à la danse. L'orchestre de Jimmie Lunceford est spécialiste du « bounce tempo » (Tain? What You Do, 1939). Quelques titres de morceaux : Bouncin' Around, Bouncing With Bud, Jersey Bounce. - Ph.B.
BOURDE Hervé. Saxophoniste, flû-tiste, compositeur et claviériste français (Marseille, 12-7-1951). Né dans une fa-mille où « la vie était ponctuée par la musique et où Bach, Jimi Hendrix, Miles Davis, Claude Debussy résonnaient dans chaque pièce », il devient élève de Jean- Pierre Rampal et d'Alain Marion à l'Académie internationale de musique de Nice et obtient un premier prix de flûte du conservatoire de Marseille. Ayant choisi de se consacrer à la musique Improvisée, il se produit notamment avec André Jaume, *Christian Vander, Barre Phillips, John Surman, Pierre Favre, Bernard Lubat, Henri Texier, Eddy Louiss, Didier Levallet, Jean-François Jenny-Clark, François Jeanneau... Du Mem Quintet de ses débuts à ses duos des années 90 avec Franco D'Andrea ou le percussionniste Karim Touré ou au
(
quintette Superbe Déménagement (avec 'harles Schneider, saxes, Olivier Sens, b, Touré, Bernard Wystraete, fl) présenté en 1993, il explore depuis quelque vingt ans la plus délicate des combinatoires : la musique. Préoccupé de rencontres et d'échanges, il s'intéresse également aux interactions subtiles des notes avec la poésie (musiques pour poèmes), le théâtre (spectacles avec la troupe des Athévains), la danse (avec Carolyn Carlson à l'Opéra de Paris), le cinéma (« Guns et Diesel » de Robert Kramer, « Charles Sterling » de Richard Copans), les arts plastiques (avec Michael Grosser au Musée d'Art moderne), etc.
Difficile, chez ce multi-instrumentiste, de dissocier l'art de la flûte de celui du saxophone. De la vibration des lèvres comme de celle de l'anche jaillissent émotions, violences, éclats et cris, climats entêtants et fascinants. Le son est plein, ample, chaud, s'épanouissant d'autant dans l'exploration de sa propre liberté où point sa passion pour le sculptage des sons - qu'il est à l'aise sur des mélodies simples et « enfantines » où s'expose une sensibilité authentique. Sans équivoque, il renoue avec la grande tradition lyrique d'une certaine musique improvisée. - C. G.
. Saxophonus » (solo, 1981), « Superbe Déménagement » (1988), « Paris-Milano » (1992).
BOUSSAGUET Pierre. Contrebassiste français (Albi, 12-11-1962). Il pratique l'accordéon dès son plus jeune âge,