Haydn, Mozart

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Divertimento
En italien, divertissement, distraction. A l'époque classique (Haydn, Mozart), ouvrage donnant une impression plus légère que symphonies ou quatuors, soit par une succession plus lâche de mouvements plus nombreux (relent de l'ancienne suite), soit par l'usage d'instruments solistes, soit comme résultat de leur destination sociale, etc.
Sérénade
Musique du soir, par opposition à « aubade », musique de l'aube.
Au sens strict, la sérénade est un concert de voix et d'instruments donné la nuit, en plein air, sous les fenêtres de quelqu'un (plus souvent de quelqu'une !) pour lui rendre hommage : un seul chanteur et une mandoline pour la sérénade du Don Giovanni de Mozart. Le même type, sous le nom allemand de Staendchen, se retrouve chez Schubert, soit pour une voix et piano : la célèbre Sérénade D. 957 no 4 sur des paroles de Rellstab, soit pour une voix de femme et un quatuor vocal : D. 920 sur des paroles de Grillparzer.
Au temps du style galant, un tout autre type d'oeuvre atteint son apogée sous le même nom, préparé par la « serenata » baroque qui a évolué graduellement vers l'instrumental pur et vers la célébration solennelle (Serenata BWV 173 A de Bach pour l'anniversaire du prince de Coethen). Les sérénades que Mozart écrit à Salzbourg, pour le prince-archevêque, pour le bourgmestre Haffner, etc., sont de grandes compositions orchestrales (plus longues que n'importe laquelle de ses symphonies !), dans un esprit proche du divertimento mais plus mondain et apprêté, dans une succession de morceaux divers (huit dans K. 250, sept dans K. 320) et comportant en son centre un concerto intercalaire pour violon (Sérénade Haffner
K. 250) ou une symphonie concertante intercalaire pour vents (Post-hornserenade K. 320) en trois brefs mouvements.
Ainsi, vers 1773-1779, la sérénade peut apparaître comme la majestueuse reine des compositions orchestrales. Mais la promotion de la symphonie va barrer la route à ce genre structurellement vague et socialement élitaire. La sérénade instrumentale deviendra chez le Mozart des années viennoises (Petite Musique de nuit pour quintette à cordes), chez le jeune Beethoven (Opus 8 pour trio à cordes, Opus 25 pour flûte, violon et alto) et chez leurs successeurs, une oeuvre de musique de chambre, confidentielle et tendre.
Sonate
Composition instrumentale en plusieurs mouvements, destinée à un nombre réduit d'instruments, généralement deux ou trois, puis un ou deux.
1. La sonate préclassique.
L'origine de la sonate se situe au 17e siècle en Italie (cf. infra, pp. 391-392).
Du point de vue de la construction, on en distingue vers 1700 deux types en Italie ou sous influence italienne :
— la sonata da chiesa (d'église) en quatre mouvements (grave ou adagio/allegro/adagio/allegro) ;
— la sonata da camera (de chambre) en trois mouvements (alle-gro/adagio/allegro).
La première a été plus largement pratiquée en Allemagne, en Angleterre et en France, sous l'influence de l'Italie.
Du point de vue de l'effectif instrumental, deux types également :
— la sonate à trois (les deux voix supérieures étant à égalité l'une avec l'autre, la troisième « voix » étant une basse continue) c'est-à- dire jouée en fait par deux instruments, une basse et un clavier ou un luth ;
— la sonate de soliste, pour un instrument et la basse continue, ou simplement le clavecin.
(Il faut mettre à part les Sonates de Domenico Scarlatti, qui n'ont aucun des caractères de la sonate contemporaine ou postérieure à lui. Ces petites pièces en un mouvement très bref, qu'il appelait essercizi, n'appartiennent à aucun genre.)
2. La sonate classique s'élabore aux environs de 1760, en particu-lier sur le double plan de la définition de ses divers types de mouve-ments (allegro-mouvement lent — menuet — finale) et de l'adoption de la forme-sonate (voir plus haut).
Le mot sonate à cette époque continue à être utilisé pour des oeuvres à un, deux ou trois instruments, alors que la terminologie moderne le réserve à celles pour un instrument (sonate pour piano) ou deux instruments (sonate pour piano et violon, pour piano et violoncelle), et utilise pour celles à trois instruments (piano, violon et violoncelle par exemple) la dénomination de trio, pour celles à quatre instrurents la dénomination de quatuor, pour celles à cinq instruments la dénomination de quintette, etc9.
Avant Beethoven, et contrairement à la symphonie, la sonate clas
9. Une exception très notable (parmi quelques autres): la Sonate pour deux pianos et percussion de Bani*.

sique n'a que très rarement quatre mouvements. Celles de Mozart en ont presque toutes trois, celles de Haydn deux ou trois. Chez Mozart, on a en général deux mouvements vifs encadrant un mou- vement lent (plus rarement un menuet). Chez Haydn, la nature et l'ordre des mouvements diffèrent davantage, à ceci près que le menuet ne se trouve jamais en première position (ce sera le cas avec la Sonate pour piano no 22, en fa majeur, opus 54 de Beethoven).
Les sonates de Beethoven sont en deux, trois ou quatre mouve- ments, ces diverses dispositions obéissant chez lui, plus encore que chez ses prédécesseurs, aux fins expressives les plus variées. Comme dans ses autres oeuvres, Beethoven remplace dans plusieurs de ses sonates le menuet par un scherzo.
3. A l'époque romantique, les sonates de Schubert, Schumann, Brahms, Chopin, Liszt reprennent à des titres divers l'héritage clas- sique tout en reflétant les préoccupations nouvelles de l'époque. La Sonate de Liszt, en particulier, ouvrit par sa structure en un seul mouvement synthétisant les divers mouvements traditionnels une voie qui ne devait être poursuivie qu'au 20e siècle (Symphonie de chambre, opus 9 d'Arnold Schoenberg, Septième Symphonie, opus 105 de Jean Sibelius).
4. Au 20e siècle, les trois Sonates (piano et violon, piano et violon- celle, flûte, alto et harpe) de Claude Debussy ou les trois Sonates pour piano de Pierre Boulez brisent la forme sonate tout en conser- vant l'esprit du genre, tandis que d'autres compositeurs (Serge Pro- kofiev) restent davantage fidèles aux idéaux classico-romantiques.
Symphonie
Vaste composition instrumentale en plusieurs mouvements et fai- sant appel à l'orchestre symphonique, plus rarement à des forma- tions partielles (symphonies pour cordes, pour orchestre de cham- bre, etc.).
Après une évolution progressive, sa structure se fixe aux alen- tours de 177010.
I. La Sinfonia primitive est une pièce instrumentale de forme mal définie, destinée à un groupe d'instruments. Placée au début des opéras italiens, elle se confond avec l'ouverture, et prend une struc-
10. A la fin du 18e siècle se développe aussi le genre, très apprécié alors, de la sym- phonie concertante, alliant la structure symphonique et le concerto (généralement à plu- sieurs solistes): deux symphonies concertantes de Mozart, l'une pour vents, l'autre pour violon et alto, en sont sans doute les chefs-d'oeuvre. Le genre disparaît pratiquement ensuite, mais non, çà et là, la recherche d'une greffe du concerto sur la symphonie : alto principal dans le Harold en Italie de Berlioz, piano dans la Symphonie sur un chant montagnard de Vincent d'Indy, surtout Concerto pour orchestre de Bartôk, etc. ture tripartite (vif-lent-vif). Chez Mozart encore, certaines sympho- nies de jeunesse et certaines ouvertures d'opéras de jeunesse ne se distinguent en rien les unes des autres.
2. A l'époque classique, la symphonie se sépare de l'ouverture d'opéra, et devient un genre musical indépendant. Les pionniers de ce changement sont à cet égard Cari Philipp Emanuel Bach (sym- phonies en trois mouvements), des compositeurs italiens comme Sammartini, Johann Stamitz et les musiciens de l'École de Mann- heim.
Vers 1770, le cadre de la symphonie est à peu près fixé, essentiel- lement par Haydn. Le genre adopte alors le plus souvent une struc- ture en quatre mouvements :
— premier mouvement rapide (parfois précédé d'une introduc- tion lente),
— deuxième mouvement lent,
— menuet,
— quatrième mouvement rapide.
Dans chacun des mouvements règne la forme-sonate en tant que mode de pensée, et la forme-sonate au sens étroit n'est à exclure a priori pour aucun d'entre eux. La forme « variations » et la forme « lied » se trouvent le plus souvent dans les mouvements lents, la forme « rondo » (synonyme de détente et relativement plus facile à suivre à cause de son refrain) dans les derniers mouvements.
A noter que Mozart, suivant en cela une tradition salzbourgeoise, écrivit encore à une date aussi tardive que 1786 une symphonie en trois mouvements, sans menuet (Symphonie no 38, dite Prague).
Avec Beethoven, l'ordre et la nature des mouvements ne changent pas, mais ces mouvements sont bouleversés de l'intérieur. Dans la Neuvième toutefois, le scherzo est en seconde position et le mouve- ment lent en troisième ; le quatrième mouvement fait appel aux choeurs.
3. Après Beethoven, des compositeurs comme Schubert, Mendels- sohn, Schumann, Bruckner ou Brahms modifient fort peu l'aspect extérieur de la symphonie. Mais l'orchestre s'élargit, les développe- ments prennent une autre ampleur (Bruckner), les intentions des- criptives ou philosophiques sont plus nettes (Berlioz, Liszt).
Une étape essentielle est franchie avec Mahler, qui bouleverse le nombre des mouvements (sa troisième symphonie en a six, sa hui- tième deux) ainsi que leur nature et leur ordre de succession (dans sa neuvième, deux mouvements lents encadrent deux mouvements rapides à caractère de scherzo), tout en donnant à ses oeuvres des dimensions parfois considérables (sa troisième symphonie dure une heure trois quarts).
Peu après Malhler, les dernières symphonies de Sibelius s'orien- tent vers une concentration de pensée à peu près inconnue depuis



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