DE MUSIQUE PRATIQUE
. t83 dominantes•fimples , fait l'une, fait l'autre, fuit toutes les deux. On trouve au t & au 6.` A', des exemples bien eirconflanciés de cette forte d'imitation, pages 12, 13, 14 & 15.
La cadence irrégulière Weil qu'une; mais li la fous-dominante qui l'annonce doit pnfiér à la tonique, elle peut (gaiement pallér diatoniquement par rcnvcrfcmcnt à la médiante ou à la dominante repréfentant leur tonique, c'efl-à-dire, portant fon accord pu•ait.
Toutes ces cadences fe renverlènt, aufli-bien que la parlitite, par une marche arbitraire de la B. C. marche établie fier le choix des notes de leurs accords fondamentaux pour les faire fuccéder entr'elles; niais quelque arbitraire que (bit ce choix, le diatonique doit y être préféré, non que certaines confonances n'y puitiént convenir: c'ell principalement l'afEtire du bon goût , en évitant la monotonie dans des marches trop femblables, (le .mante que clans celles de l'harmonie, à moins qu'on n'y veuille introduire exprès des imitations. Dans la cadence irrégulière, par exemple, comme la féptième air la fit-tonique & la fixte ajoûtée à la fous dominante forment un me.tne accord , fur lequel fe fonde le double emploi, il faut éviter cette fie-tonique clans la B. C. lort'qu'il s'y agit d'une pareille cadence, excepté dans cieux cas; le premier, borique fè trouvant en ordre diatonique entre deux notes portant l'accord rark'iit de la tonique, on peut l'employer pour le fimple goût du chant de cette B. C. & le deuxième, lodque après elle fuit la dominante-tonique portant ce même accord de la tonique, comme pour furpendre le fenfible, qui devoit naturellement Cuivre l'accord de la far-tonique dans l'enchaînement des dominantes ; finfibie qui ne manque pas d'arriver Milite, comme cela fe devoit d'abord après la fecoudc.
Après s'are exercé fur toutes les routes précédentes, de manière qu'elles laient un peu familières fous les doigts, tant avec leur 13. F. qu'avec tous les renverfemens que peut y ftmdfrir la 13. C. oit il ne s'agit, je le répète, que des différentes marches de cette 13. C. formées des notes comprifes dans chaque accord produit par la II. I'. on peut aifément fe familiaritér avec le chromatique, en faveur duquel je fuppotb déjà l'oreille prévenue, ne s'aeutt plus que sen procurer la pratique fur les
T84. CODE
Exemples Q pour l'Accompagnement , .pages 6 & 7; & L pour la Compotition, page
Quart à l'enharmonique, il litut n'avoir plus rien à Mirer en harmonie dans le Prélude, pour s'accoûtumer à y choilir les changemens palles de notes fenfibles dans un accord de leptième diminuée, autrement dit de petites tieters, d'où fùive k moins de dureté qu'il efl peflible entre les deux linis qui s'y Cuccèdent , à moins qu'on ne le litaè exprès pour fe prêter à l'expreflion , comme dans le dernier trio des Parques de l'Opént d'Hippolyte & Aricie , où le diatonique enharmonique dl employé pour inflireaépouvante & l'horreur.
Pour diminuer la dureté du l'impie enharmonique, il eil bon de répéter deux ou trois fois au plus , dans le Ton d'où l'on veut fortir, , le tué= tour de chant fur lequel ce genre fe. fera , à: peu près comme aux lettres a b, a c, ad de l'Exemple U, page : il femble là que l'ennui de la répétition de a b /bit fidagé par l'enharmonique a c d, malgré fit dureté. Le bon goût, qui ne fera fans doute qu'augmenter, pourra dans la fuite procurer des tranfitions plus het!reufes ; mais prenons-y bien garde, quelques Mut iciens s'éloignent Couvent de ce bon goût par leurs recherches alambiquées. Par exemple, le changement de f en g doit paroitre dur ; aufli n'efl-- il là que pour (•ire remarquer comment la tonique h, annoncée par fit note fenfible g , peut étre fuir le champ rendue. dominante-tonique, en ftifilendant fini accord ixt• ou ; accord qui devient pour lors lefivele d'un Tm majeur ou mineur à volonté (o) , & après lequel il chi libre de rompre la cadence parfaite qu'il annonce, h, i, h. Cette mime cadence, également rompue à I, reft pour lors dans une partie ftipérieurc par senverfement , félon la B. F. pendant que la B. C. la termine eit pareille mais où la tonique naunoins reçoit l'accord de lime, renverfé du parfitit de là B. F. (p).
Si , à commencer avant 1, la 13. F. monte diatoniquement itiqu'à la quatrième note u, ayant pû pouffér jufqu'à une cinquième, en y rompant la cadence, comme on le voit à tu, n, o,
(o) Moyen, page ty.
(/') Cc: Exemple fc trouve annoncé dans le .Chapitre XI, page 13S.
dont
DE MUSIQUE PRATIQUE. 185 dont nt & n donnent aux deux endroits la méme B. F. tout y fuit rigoureufement les règles: cadence rompue fur la tonique I, qui peut monter diatoniquement fur une dominante in, laquelle, en montant de thème fuir une autre, imite cette cadence rompue de m à n; puis celle-ci n, comme dominante-tonique, rompt effeélivement la cadence de n à o, pouvant rendre cette note o encore dominante , comme on le voit de o à p.
Les Organifles & Clavecinifies, qui ne veulent rien ignorer de leur Art , doivent, pour fe former le goût & le génie , & pour fe procurer l'exécution de toutes fortes de traits , exécuter ce qu'il y a de plus parthit dans tous les genres (le Mutique , (oit pièces d'Orgue, (bit pièces de Clavecin , fait 6,mphonies d'Opéra, méme en accompagnemens d'Ariettes, Ibit l'ouates; non feulement les doigts y contraélent les habitudes néceaàires , mais l'oreille s'en nourrit au point qu'il s'en forme une efpèce de po-pourri dans l'imagination, qui nous rend à la lin Auteurs de nouvetutés, quoique la plufixtrt des traits puillént 'are tirés de tels ou tels Ouvrages.
C'efl à la belle modulation fil•-tout qu'il faut s'attacher : louvent les plus beaux traits perdent toute leur force chez le Compilateur qui la néglige, cette modulation.
L'oreille une fois remplie d'une infinité de routes, & les doigts accoûtumés à les exécuter, l'imagination recoud& d'un bon goût n'en fuggère ixts plutliit quelques-unes , que ces doigts les exécutent dans l'halant : penfer & agir ne foin qu'un pour lors. C'efl ailla que fe font formés les plus grands Organilles, ou Joueurs de quelques autres lnllrumens, comme Théorbe , Lut, Areltilut, Viole, Violon , &c.
Fia du Code.
NOUVELLES
RÉFLEXIONS
S U lt LE
PRINCIPE SONORE..
NOUVELLES RÉFLEXIONS
SUR LE
PRINCIPE SONORE.
:INTRODUCTIO.N. ..:1
LE principe de tout eft un c'eft une Vérité dont tous les hommes qui ont fait utitge de la peitfée ont eu le fenti-
ment , 4 dont perfonne na eu la connoitlince. Convaincus de la néceflité de cc principe univerfel les premiers Philorophes le cherchèrent dans la Mutique: Pythagore,, d'après les Égyptiens, appliqua les loix .de l'Harmonie au mouvement >des planètes ; Platon la fit Préfider 't la comPOtiticin de rame ; Ariftote fon difciple, aprZès avoir dit que la Mutique eft une chofe célefle & divine , ajoûtei qu'on y trouve la mifon du. fytième :du Monde (a). En effet, frappés de l'accord merveilleux qui ,réfulte de l'atlèmblage des parties .qui compofent l'Univers, ces hommes contemplateurs dûrent itC..cellitirenient en chercher la raifon dàns la Mutique , comme dans la feule cliofe oit vivent ks proportions;
(a) ll m'en tombé depuis quelques tentent avec d'autres, la progreffion jours une traduElion de tout cc qu'a pû triple jurqu'à Con 13.e terme, pour la ramant. fur la Mutique citinoirc le • Cource.dcs.Cyllèmes de .hlufique chi-.
IL P. Amiot , de là COmpagnie de noire, & enfutië ces qucie
Itifiss, Millionnaire à Pékin, depuis rappOrléial.bien- tai; puis; iiérès avoir
environ feice ans. L'Auteur dont il tiré tacooté cics.cfreis merveilleux .dc cette la plus Arande partie de Ces lumières, IMuCt5ue,i1clonne une énumération des vivait, a cc qu'il dit, 2277 ans avant' éoinparaitobséjaiotienâ faites avec telle J. C. e.c cet Auteur, qquai ne donne ce qu'un peur imaginer dans la Nature. que ce qu'il a et =unir des débris Cette Traduelion Ce trouve acIrcfréc, des Recueils de Con père , .échappés ' en 17;4., 'à M. de Bougainville, de d'un incendie, cite d'abord, conjoin- l'Académie dcs Belles- Lettres..
A a iij
fI 9 o. RÉFLEXIONS
car dans les objets de tout autre feus que celui deoui'd, elles n'en font , à propreMent parler , que l'image-: lé mouvement , l'aélion, la vie des rapports & des analogies n'appartiennent qu'aux types acou(liques. Mais malheureufement le fyllème qu'adoptèrent ces grands hommes, loin de les rapprocher de l'objet de leurs 'recherches, ne fit que les en éloigner davantage: j'ofc affiner mime que le phénomène du corps fonore leur fut abfolument inconnu. Ce principe di fi l'impie, ti lumineux, l'analyfe en eft ti naturelle, fi facile, les produits en font fi étendus, fi féconds, que de quelque obfcurité que le temps ait pîr couvrir cette partie des connoitlimccs des Anciens, & quelque confidérable que puifîè être la perte de leurs Ouvrages fur la Mutique , il nous feroit refié quelques vefliges de cette découverte
dans le petit nombre de leurs Écrits qui nous font parvenus: oti ne voit pas même que les propârtions y foient appelées, quoique la progreflion triple foit l'unique fond fur lequel foit établi le fyfième de Pythagore (b) ; ob1Crvation que fes Seélateurs
jamais faite , & à• laquelle ils ont été fi éloignés de penfer, qiies pour .développer" le lYflème de leur maître ils lui ont prêté une
d'Oirfuit l'erreur la plus grotlière. En effet, fi, comme ils le difent, Pythagore efl parti de l'oélave divifée Ixtr la quinte & la quarte, comment a-t-il diVifé tout de fuite la tierce majeure en deux Tons égaux, lorfque fon modèle lui diéloit le contraire,
eff démântré dailleurs qu'aucun intervalle harmonique ne peut fe divifer en deux égaux _On fent de lette, que ce Philofophe ayant trouvé une fuite de quintes (huis une progreffion triple, où le Ton majeur , qui fait la différence de la quinte avec la. quarte, fe préfente de deux en deux quintes, fe tant tellement éblouir par cette découverte, que malgré le foiilèvement de l'oreille, il crut devoir s'en tenir à un fyfième où les rapports de tous les intervalles prOpres à la Mutique fe.•rencontrent juf:- eiu'au Comma, dont on n'a point encore• pénétré la nature ni l'origine, & qu'on s'efl toiljours contenté d'appeler Comma de .F>hagore , fans autre explication? Ce qu'il y a de fingulier, &
11 en en de memc du fyllèmc chinois,,cwoique dans un. ordre diamél• %fa fanent oppoll
SUR LE PRINCIPE SONORE. i9"t méme d'inconcevable, dell qu'un fyflème dont les rapports rendent faux tous ces intervalles, tierces, fixtes & demi-Tons, outre l'hnperfeélion qu'il renferme , puifque le Ton mineur en dl exclu , qu'lm fyflème enfin où conféquemment l'oreille n'a jamais été confultée, ait été adopté par Pythagore, par les Grecs, par les Latins , & qu'il ait fuhfillé jurqu'à Guy d'Arezzo, qui l'a embratré lui -même ( e). Écoutons Ladino: • Le filleule
carra , dit-il , dota les rapports frirent cet ordre, el fa fit
9 10 11 11
fut le plus tyité chez ici Anciens ; r même juhu'à ces derniers temps, continue-t-il, ce j'Aime boit encore regardé comme k fed naturel aux Inflrumens , même à la voix (d).
Qieft devenu alors le fentiment *de l'ouïe? l'oreille a-t-elle jamais pû s'accommoder de Faux rapports? non fins. doute; & fi les. effets merveilleux que les Grecs racontent de leur Mufique, ont jamais eu lieu il faut non feuleraient ligiimfeé• des Auditeurs d'une extrème fenfibilité, mais. des Artilles beaucoup plus attentifs à la voix du fentiment qU'aux règles que leur avoient pré.: (entées les Philofophes (e). •
Les Chinois, ainli que Pythagore, tirent leurs fyflèmes (Te la .feule. progreflion triple; ils veulent qu'il n'y ait que cinq Tons
dans leur Lu, qui lignifie apparemment fyflème, échelle; /pruine.
,
ou mode. L'un d'entr'eux le donne dans cet ordre, fi
sa dei réefi mi die •3 27 3+3
(f) ; ordre des plus vicieux qu'on pUillè
(1187 19683 177147
(c) I Partie tics Intlitutions
harmoniques de Zarlino , drop. .x J'expliquerai dans un moment pourquoi la progrellion triple ne peut donner que les billes rapports tic la quinte, de la quarte & du Ton majeur.