chanter en jouant du piano
_CHAPITRE XVI. Méthode pour le Prélude. V, page 33.
OUTRE les méthodes précédentes, on fiippofé, à quiconque veut s'adonner au prélude, une pratique déjà i)crfeélionnée fur l'infirment qu'il choilk à cet efla ; c'eft le feul moyen de pouvoir profiter en peu de temps du fruit de ces méthodes.
Ici l'oreille n'efl pas d'un moindre fecours que dans toute autre partie de la Mutique: on doit s'y fentir capable d'imaginer un chant, & de pouvoir y joindre des fleurs, c'efl-à-dire pages, traits, roulemens, batteries , &c. qui fuppléent fouvent au défaut du chant , par k plaitir qu'y procure la belle exécution.
Cependant on peut, pour fe donner la ti:ule fatisfieion d'une harmonie bien modulée, s'en tenir d'abord à l'accompagnement d'une Batli: fur k Clavecin ou fur l'Orgue; Bafli: dont on fera maître de ehoilir le's routes, à la thveur des obfervations fuivantes. Au relie, chacun doit chercher de foi-nitaine, fous ti:s doigts, les exemples de tout cc que j'annonce, & dont les principes foin exaélement & futlifamment expliqués. Une pratique conduite pir k jugement peut procurer, dans l'efpace d'un ou deux niais , CC qui a dû coûter des dix & des vingt années à ceux qui , jurqu'à prérent, ont toUjours nagé dans l'incertitude , & n'ont encore pû fe perfeélionner qu'à force de tâtonnemens.
Sachant que toutes les notes d'un accord peuvent le porter, on cil donc maître de ettlèr dans la Batli: eu• toutes les note:
DE MUSIQUE PRATIQUE. •t79 d'un mime accord pendant qu'on les tient fous la main droite, d'en former des batteries, & d'y rouler de l'une de ces notes . à telle autre de ce méme accord que l'on veut. On peut égaiement pratiquer les mimes ptaiges de fa main droite , pendant que la gauche touchera tout l'accord, ou une partie, méme la feule &lave de la plus ballé note.
Il n'y a que trois accords principaux dans un nu fier lefquels on pue alonger une phrafe, fàvoir, celui de la tonique, fon fénfible & là fronde ( 0 , plus long-temps fur k premier que fuir les deux autres: ceux-ci ne font qu'annoncer des repos , au lieu que la tonique les termine après avoir commencé la phrafe. On n'admet ordinairement ces fortes d'alongemens de Onde fur un intim accord, que pour les parfemer de ces (leurs dont je viens de parler: remarquons feulement. que l'annonce d'une cadence irrégulière en eft moins rufeeptible. Souvenons-nous encore, en ce cas , du double emploi , oit cette annonce peut former l'accord de le.ptième fier la fit;-tonique, pour commencer un enchaînement de dominantes moins Iidéeptible encore de fleurs. Il en eft de méme de l'ajoiket.
Les notes communes à des accords dierens, peuvent également les porter; ainfi la tonique commune à fon accord parfait, à fon & à fa fronde , peut par conféquent les porter. de fuite. Le méme privilége tombe en conféquence à toutes les fept notes diatoniques d'une oaave, excepté la note audible qui porte le feul fv jLle. Qui plus eft, toutes les notes d'un même accord pouvant lui fervir de Baffe, comme je viens de l'annoncer, non finslement elles peuvent fc fitccéder finis ce mème accord, mais encore fe fubllituer l'une à l'autre quand on k veut.
Remarquons bien en tout ceci qu'il n'y a qu'un très- petit nombre d'accords dont la filite cil décidée dans chaque Ton. flvoir, k parfait de la tonique, fon dive:, là framdc, fiiH fceibles puis fon parfait , étant libre d'y retrancher le fenfibk pour patkr de la fiyonde au ixtrfait , pourvil qu'on ne donne point à cette féconde la fit-tonique pour Baffe ; car cette (u•tonique cil la 13. F.
(1) Souvenons-nom, Id comme :arum, que ces mots, Pende
& free , toujours en italiques, ami des accords rotatifs à Ir tonique.
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qui exige k feufible après die. Il y a de plus la tierce-quarte de la tonique, dont fe forme l'accord de feptième d'une fous-dominante, feulement adopté pour commencer le plus long enchaînement de dominantes (4. Voilà tout , t la réferve des fui-imitions, qui ne doivent qu'au goût leur introduélion dans l'harmonie: les nouveautés que le chromatique & l'enharmonique peuvent y amener , tiennent tout de l'accon' fenfible qui varie, connue on doit k l'avoir, dans les Tons mineurs feulement, d'où ces deux derniers genres tirent leur fource.
Si ces accords fe multiplient beaucoup par leur renverannent
par la fupporition , cela doit peu importer; ce n'e(l jamais l'accord ni fa fticceflion légitime qui changent , c'eft la Raflé feulement, puilqu'on efl toûjours maître d'employer pour Baflè, de quelqu'accord que ce foit , celle qu'on veut des notes qui le comparent, linon la tierce ou la quinte au delibus d'une dominante pour toutes les fuppofitions poflibles. Or, qu'en- ce qui, avec un peu de réflexion, ne rama pas varier fà fbus une fi petite licite d'accords, toUjours la même 'dans tous les Tons 1. & qu'efl-ce qui ne (cura pas y faire un choix dont fe forment des chants agréables, à proportion des talons dont il fera doué!
Ott n'ignore pas que les notes vaines de la tonique, comme fi & ré dans le 7'on de ut, aufli-bien que Fa dominante, ont k fenfibk en }mange, & que les autres notes de cc Tnn , Fa•oir la fous-dominante & la lit-dominante , ont la Jamie; relié la médiante, qui reçoit l'accord tic fa tonique. On n'ignore ixts non plus qu'avec les deux premiers accords, le fit/fible & la fronde, s'annoncent les deux cadences principales , la ixtrliiite & l'irrégulière, qui fe terminent toûjours fur le ixt•fitit de la tonique, à laquelle fa médiante ou là dominante peut être filbllituée dans la Ban: on eft maître cependant d'éviter la cadence irrégulière, en donnant à la jeton& là fitccellion la plus commune, félon la méchanique des doigts , qui cil etre fuivie du fivifibk: puis Ce rappelant la communauté des notes dans un méme accord, aufti-,
(w) Ici cous les accords font dénommés dans l'ordre de leur fucceflion plus légitime, que perme la méchanique tics doigts d'une manière trop iimple pour qu'on pu& s'y méprendre.
DE MUSIQUE PRATIQUE. 1 I bien que la , mème la fitfj)ention , l'on verra que fa lit-tonique peut porter 1:t fcconde avant le fi.tyilde, même l'ajcuitt: avant cette feantde, à la etveur de la fuppolition; qu'il en cil de même de la fous•dominante, & que la lt-dominante ne peut recevoir que rajwité dont elle cil la 13. F. & enfuite la/Ayr/de, le tout après l'accord de la tonique. On verra, par les me:mes rairons, la tonique furceptible de tous ces accords dans leur fuite régulière, & la médiante pouvoir l'imiter dans la filliwnlion tin free avant fon accord de fixte. Si l'on fe ruppellc enlitite fulPenlion, rien n'empéchera d'en profiter fur toutes les dominantes-toniques , aufli-bien que fitr les toniques ; toniques dont les fitiPenlions peuvent tomber, par renverfement , à leurs médiantes & dominantes .
Après s'être occupé pendant quelque temps .à la recherche de Ces nomes fitites d'accords dans k reui Ton majeur de ut, tant& avec une certaine note de Ba*. qui puiflè porter deux ou trois accords de fuite, tantôt en fitbflituant une autre. note dans la Baflè à celle qu'on y. tient déjà., fuit (Ou§ le même accord , (bit pour k deuxième , l'oit:pour le troifième, bien-; tôt on fera en état d'en formerun.chant, d'autant plus qu'on trouvera toCijours, dans un ordre diatoniqUe de la Baflic, une note fufceptible da l'un des accords décidés "peu• la fiteceflion donnée , pourvil qu'on y obfieve la marche qui convient aux diflimances, Ctvoir, de monter diatoniquement après la note (mille & la fixteajoettée, & de defcendre de même après la fous-dominante portant k Nie. Cependant, comme dans ce dernier cas de la tlifk,nauce
tdijours l'accord de la tonique qui doit fitivre, non feulement on peut y préférer, dans la 'liai!, une tics notes de ce même accord à celle qu'exige la elitio. natice, le livele peut encore y fervir (le fitrpenfion , en tout ou en partie, c•141.à-dire, «n'Igue l'Impie quarte ou neuvième, non kulement fur la tonique, mais encore fur là médiante ou fur fa dominante, la repréfe'mant pour lors.
Joignons à tout cela l'enchaînement des dominantes, dont les renverfemens offrent quantité de .variétés d:uts le chant de quelque (s:) 1.1.c nom, j'a 12s.
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partie que ce foit , & dont on fe forme d'abord des exemples dans la B. C. pendant qu'on en remplit l'harmonie de la main droite. En examinant l'harmonie de deux accords qui fe fitccèdent , on voit & l'on fent quelles notes on peut y choifir pour les faire litccéder enteelles , lôit par Iècondes , par tierces, par quintes , par lixtes , foit en Ijmcopaut : non le' uletnent l'agrément du chant •doit d'abord dicter ce choix , mais encore fon analogie avec l'expreflion ou la Iimple imitation, li le cas le requiert ; puis il faut faire en forte que dans toutes les fyncopes , dont l'exemple fe trouve dans la méchanique mémc des doigts, l'accord de feconde tombe toiijours en frappant fur la note qui fyncopc , cette note recerant pour lors atyaravant une lixte, foit majeure, foit mineure, frIon que l'exige le Ton régnant , ajoiltée à l'on accord pttrlitit , ou cee tel; & fur cette règle on établit la fucceflion des accords renverfés que peut fournir une B. C. tournée à là Cuttaifie pour l'emploi arbitraire des notes de ces mêmes accords , c'eft-à-dire que la fronde, qui sali trouvée en flupptint fur la note fyncopée, doit être la même qui fàflè, en frapixmt la feptième , la 'tierce dans un accord de tierce-quarte , ou la •quinte dans un accord de Iixte-quinte, (èlon les notes choifies pour former de nouveaux chants dans cette B. C.
Donner un exemple de choies aufli -bien expliquées, à ce que je crois, lit•-tout après la comtal:ince de tout ce qui a précédé, & que je dois fiippofer à quiconque veut entreprendre de préluder , ne Ièroit - ce pis faire injure à l'on jugement & à lès talens?
La cadence rompue fe pratique, autant qui on k veut , dans chaque Ton , Ihit pour alonger une phrafe qu'on ne voudroit pas encore finir, l'oit pour éviter la monotonie de la ixtrlitite cri termineroit mieux le Ions harmonique un moment après , foit pour taire une dominante de la note où fe termine cette cadence rompue , non feulement pour aimer la phrafe dans le méme Tou, mais encore pour palier dans un autre Tm
La cadence interrompue ne fe pratique, comme on doit le rivoir, qu'en paInnt de la dominante-tonique d'un Tou majeur ;t celle de fon mineur relatif; mais elle peut s'imiter avec des
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