Ton relatif majeur

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ON peut dire que la Musique , fimplement confidérée dans les dierentes inflexions de la voix, lailltint le gefle à part, a dû titre notre premier langage jurqu'à ce qu'on ait enfin imaginé des termes pour s'exprimer. ll naît avec nous cc langage; l'enfle en donne des preuves dès le berceau.
Notre inflinél ne fe borne ixis là, il s'étend jtifilue fin- l'harmonie, comme je l'ai déjà prouvé (h), & comme je vais tikher de k prouver encore mieux ; du moins les Exemples pourront-ils avoir plus de force auprès des perfonnes qui ne veulent rien approfondir.
L'Harmonie, dans fon état primitif & naturel, tel que la donnent les corps (*mores, dont notre voix fiit partie, doit produire fur nous, qui ftnnines des corps p.:drivant:nt harmoniques, reflet le plus naturel, & par conféquent le plus commun à tous. De-là vient que celui qui , Ente d'une oreille exercée, efl peu feuille aux dermes film:Ilions de l'harmonie, l'e(( au moins par inflind au fon d'un corps padtitement tonorc, comme une belle cloche. Or , (lès (pie cc fon lui plaît, il cil bien certain qu'en lui Wenn entendre, finr trois corps dilicirens , les trois lims qui réto. :ment dans cette cloche , bien qu'il croie n'y dillinguer que k plus grave, il ne i)ourra qu'en (*A•c aulli agréablement affcélé. Qp'on prenne enliiite pour lin grave le plus prochain du premier grave, eu lui fail:tt entendre au lets la mente harmonie, ces deux males
(b) Olifcrvation fur notre ;unie pour la 1%10111m. X iij
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fous graves, qui lui auront plû enfemble, lui plairont guis doute. égdement à la fuite l'un de l'autre, puifiue la même harmonie de chaque cûté ne pourra produire fur gin :une que le même etre: bien-tût après , pour ne lus dire dans le même inllant , l'ordre diatonique, qui naît de la fuceeflion harmonique de ces deux corps fonores, lui deviendra tout aufli litmilier qu'il reit prefqu'à tous les hommes, & même généralement plus que le confonant dont il dérive, ixtrce qu'il cil le plus fréquent (c).
Comment peut-on être infenlible à de ixweilles
(orbite la Nature elle-même les a imprimées dans des Inflrumens
etvoir, Cors & Trompettes, où il fiait que le fo' utile de celui qui les fonne fe foilmette, par plus ou moins de force, aux degrés naturels à ces fortes d'hiftrumens? Comment fe pourvoit-il , après cela, qu'elle les eût refilfées à des corps qu'elle a formés elle-même? N'en croyons donc pis ceux qui fe piquent crinfenfibilité fur cet article , ils ne f cotillon:- nt Fis eux-mêmes; j'en ai fait l'épreuve plus d'une fois, & de toutes les eiçons,
tout à Paris.
Le fingulier de ceci , defl qu'il n'y a de juks dans les fors qu'on peut tirer de ces Inarumens artificiels , que ceux qui compofent l'harmonie des deux graves en quellion. Ne fuyons done plus étonnés que fi l'on l'un de ceux qui s'y trouvent flux, l'oreille n'en fait linprife, & fiwprife de diflirentes façons, felon qu'il y aura plus ou moins de rapport dans cette fucceflion. Sans cloute que la Nature agit fur nous de même que fur ces corps; nous en donnerons bien-tût la preuve.
Tant que le même Ton Weil entrelacé que de fon premier rapport , l'avoir celui qui s'y trouve imprimé par la Nature, rame demeure toûjours dans l'état tranquille où et fbnpathie avec le corps fonore doit la tenir naturellement ; la dierence des mouvemens, du doux & du fort , & l'aélion du Chanteur feront feuls capables de l'en tirer. Comment clone remuer rame fans ces recours? c'eft en fnmehiffint les bornes du corps fonore, fins en enfreindre néanmoins les loix.
(c) L'antiquité la plus reculée nous apprend que l'ordre diatonique, quoique produit par l'harmonie, s'ell principalement empan: de rouille.
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Appelons ut le premier fon qu'on entonnera, fins autre preffentiment que celui qui fera naturellement infpiré, dès-lors il agira fur nous comme générateur de tous les fans qu'on lui fera hic- céder ; ce fera notre tonique; on fera dans le Ton majeur d'ut, fins que la réflexion s'en mêle. De-là, toûjours finis réflexion , l'on chantent fon accord prdait en montant, ut, mi, fui, ta, ou en defcendant, ut , fui, inT, ut. Telle dl la manière dont la plufpart des-Chanteurs etient leurs voix en préludant. Vondnt-t-on Cuivre l'ordre diatonique , 011 s'arrêtera Sur mi, fur-tout fier fï,1 }titillât que liir.fit, d'autant que ut ne peut donner aucun fentitllent de fil: fi ut eit le générateur de ft quinte fol, reit Ira• coequent de fa quinte ut; k générateur, pour lors cenfé le plus grand corps fintore , ne peut jamais faire naître le fentiment d'un plus grand que le lien , excepté fon délave, à la faveur (le l'identité des oélaves. Au(h peut-on s'apercevoir qu'en Lient tomber la voix après ut, toiijours fans réflexion, Gins y penièr, elle tombent fur ft quarte au dello. us fol, jamais lin- quinte au dello' us; voix-mème fera plutlât (mu:ailée vers cette quarte au dello' us que fur un degré diatonique, qui n'y feroit jamais préféré que par une habitude acquife, encore fandroit-il que la réflexion s'en mêlât. La chofe doit s'exécuter comme (11115 k même moment , pour prononcer fur celte quarte IL IYIlabe muette qui termine/un mot , comme nie (Lins le mot j'aime (d). l•.cotitrz les gens qui chantent ce qu'ils crient dans les rues , rien ne vous prouvent mieux les purs elli.ts de la Nature en pareil cas :m'Ili le folell-il jufk dans les Trompettes, au (kilims de ut comme au aicllirs, pendant que fa y en faux pt•-tout. De-là vient qu'une Mutique continuellement compofée dans un Ton qui Weil varié que par celui (k ft quinte, comme font les Airs (le Trompette, Cor, Mule' tte Vielle, ne pro- dam( aucun (et fur rame, fi ce Bell par la variété des motive- mens. Vent-on la fortir de fout premier état naturel, ce ne peut être qu'en lui préfentant un fun à la fuite d'un autre qui lui en a relie k fentiment, & c'en intiment ce fit étranger à ut; fon Wallonie n'a qu'à fi: faire entendre après celle de la tonique lit,
(d) Articic Y 1, pape
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pour nous filrprendre jurqu'à nous jeter dans une efpèce de triftellé, en ce que rame, privée pour lors de lin point d'appui , efl dans l'entlxu•s jurqu'► ce qu'on le lui rende , encore fult-il le lui rendre promptement : :t'ail n'ai-je pis manqué de recommander des phrares courtes dans k Tm de la quarte, qui cil la quinte 811 deflims. lie fe font-on dets naturellement frappé de compondion avec l'Aarice qui chante trilles affrets, &c. dans l'Opéra de Cafior & Pollux , au moment (le la quinte au (kilims, fàvoirfit qui fuccède lin- la dernière fj•llabe? & ne fé fent-on pas un itett fitulagé quand l'ut revient immédiatement après fur la dernière fyllabe de ces autres mots, pilles flambeaux ,fiins néanmoins qua ne relie en nous quelques veilles de la première
impreflion a & h de l'Exemple T! ftsbflitue fi' a ,
, fis
l'on en fentint bien-tût la différence; fagne y rami pour lors dans là même affiche, rien ne la remuera, tout lui deviendnt indifférent tant que le mérite Tint liibliflera; il n'y aura plus que le mouvement qui pourra l'y préo'ccuper, comme en y joignant des paroles joyeufes c. Rappelons-nous cette pa•enthèlé de Lulli dans fon Opéra d'Armide, fi quelqu'un le peut (etre: cet Auteur y .fitbflitue juilement le Ton de la quarte au régnant, qui commence & finit la phralé. Lc létil légitiment lui a dicté cette fitbflitution , capable de remuer rame au point de faire léntir la fituation de l'Adrice: aulli la mémoire s'en rafraichit-elle chaque jour parmi les perlo. nnes qui en ont été une titis fnippées. Le même effet le prélénte encore dans cc vers, Le climm (lu filme)! le firr• à 111(1 Vellgrallee , du monologue du même Opéra, qui commence par, Lu/in il efl en ma pleine(' : tout y dl conipaffl dans le véritable ordre que peut inljtirer la Nature. Qi1•1 goût! quel génie ! quel léntiment! Le monologue débute par k Ton mineur de mi, à lita majeur relatif à la tierce, qui dl celui de P, pour donner plus de fOrce aux épithètes dont Armide t•-antélélife lin héros; de-là , pour fila: Matir là réflexion
l'accident qui k met en fà potialion , Le charme du fommtil le fille à Ula relWealltr , vient inunctiliatcment PI de • (pli donne billant:nt k Ton de la quarte du rinantletvoir le mineur de la;
puis
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puis fe livrant à fort tranfPort , dell par ce Ton régiront qu'elle exprime , Je rais pereerfim invincible cœur. On fait tous les effets de cette belle modulation, fuis en Civoir. la cuite, méme Bans sen être jamais oLcupe. quelle cil huneule Qjie l'on continue le na majeur de fi/, qui précède celui de la quarte en quellion, fur ces peules, le charme elu fummeil , &c. comme cela fi: petit, felon l'Exemple à e , on en éprouvera un (Ale' t tout opporti celui que doivent inlPirer les paroles (e). Faites fonds, après cela, -lin. la limple mélodie, lorliitielle change de nature au feuil changement d'harmonie dont elle cil fueceptible. Il y a bien d'autres cas à citer de (lierais Auteurs lin• le mène fùjet , mais la mémoire ne me les fournit pas: Au relie, en voilà bien aflè'i pour quiconque voudra réfléchir ft...s Ienlations, ixir les derens mou- velum qu'excitera en lui la mène mélodie, produite par difflrens fonds d'harmonie, etns s'y lailièr fétluire ixtr l'art de l'Adeur , non plus que lxar les rail°. 'maliens de gens qui s'érigent ut Légiflateurs fiir cet art, dont ils n'ont encore que de foibles notions.
On ne fe prtte point dru. aux différais efkts de la Mutique; on les éprouve Lins croire les tenir du fond de l'harmonie ; on cil content , fins fe mettre tu peine de 1;1 raifon: on Weil guère encore iifccptible que de l'imitation des différais bruits; niais c'eft à l'aine qiie la Mutique doit pilier: le moyen en cil dans tous les T'uns que reliai: k premier, donné comme rIgnam;Tims qui prennent leur fourre du côté de fa quinte au dellbus , dite fous-dominante, ixt• où commencent les bémols, au lieu que fa génération marche du côté de fa dominante, de la quinte au defliis, ru. oit commencent les diètes.
(€) Le chant de Lulli, qui efl à d, fc continue i g depuis f, où la B. C. reprend et marche de f g, ek c'en à c que l'on doit fouir la dill'érence de l'effet du méme chant d, e, par la feule différence de l'Harmonie. On trouve encore des exemples fur k mémo litiez dans les Réflexions fur notre initial pour la Abdique, & dans le ',recasa de cc Code.
Il faut être bien peu fenfildc aux effets de l'harmonie , & n'en connoitrc' guére les ries, pour avoir oft: critiquer ce Alonolor,ue: le premier qui l'a obi donne eliklivement des preuves tic cette infenlibilité au mut accord. dans l'Encyclopédie. Pourrions- nous taxer dcs mêmes défauts les perfintnes qui font encore de fun raniment!
Y





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