Clavier et embouchure

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Instrument à embouchure, de perce conique, à pistons (du latin tuba = trompette).
Cet instrument grave apparaît au 19e siècle. Perfectionné par Sax (l'inventeur du saxophone), il tient du cor, mais affecte une perce conique sur toute la longueur du tube. Son jeu est relativement aisé, et son emploi est réservé pratiquement à la basse de la famille des cuivres, bien que ses possibilités soient plus variées.
Bugle
Instrument de la famille du tuba, jouant dans le medium.
Cornemuse
Instrument à vent pour le plein air. Plusieurs tuyaux à anches sont fixés à une peau ou un sac enfermant un réservoir d'air. L'un des tuyaux sert à la soufflerie, les autres (chalumeau et bourdons) à produire des sons variés par l'échappement de l'air.
Musette
Instrument à vent voisin de la cornemuse ; le tuyau de la soufflerie à bouche y est remplacé par un soufflet actionné par le bras droit du joueur. Très en vogue aux 17e et 18e siècles, puis supplanté par l'accordéon. Il a donné son nom à la danse qu'il accompagnait souvent, de caractère pastoral, de rythme variable, toujours à trois parties.
30 Lexique musical raisonné
Régale
Instrument à vent, à anches métalliques et battantes, soufflets et clavier, de sonorité rauque, tombé en désuétude depuis le début du 18e siècle. Il a donné son nom à un jeu d'orgue.
Quelques inventions du début du 19e siècle Accordéon
Instrument portatif à vent, à anches libres métalliques, dont la ventilation est assurée par un soufflet à main, donnant des sons fixes par la mise en oeuvre d'un clavier, puis de deux claviers (accompagnement et chant). Inventé, après diverses recherches menées en plusieurs pays, par l'Autrichien Demian qui le fait breveter en 1829.
Plusieurs compositeurs n'ont pas dédaigné d'écrire pour cet instrument si populaire (Concerto pour accordéon de Jean Wiener).
Harmonica
Petit instrument à vent, à anches libres métalliques, actionné par la bouche, inventé par Buschmann en 1828 (un an avant l'accordéon).
Harmonium
Instrument à vent, à anches libres, à soufflerie actionnée par les pieds (ou électrique), à un ou deux claviers. Inventé par Debain en 1842. Dans les églises ou les maisons privées, il est utilisé en l'absence d'orgue, mais se distingue fondamentalement de celui-ci par l'absence de tuyaux.
L'ORGUE
C'est, dit-on, le roi des instruments : c'est en tout cas le plus polyvalent, et la somme de tout ce que l'on peut faire avec les instruments à vent. C'est, en outre, le résultat de tout ce que la science empirique et l'ingéniosité artisanale ont pu ensemble combiner de
Les instruments, l'orchestre, les voix 31
plus raffiné : on est stupéfait de constater qu'à la fin du Moyen Age — alors que la « mécanique » n'existe pas, que la science acoustique n'est pas née, que la charrue est encore primitive, que le papier n'existe pas encore, que l'imprimerie n'a pas été imaginée, et que tous les autres instruments de musique sont dans l'enfance — l'orgue possède déjà toutes ses caractéristiques, et d'une telle complexité !
Description
LES PRINCIPAUX ORGANES.
I. La soufflerie : les poumons.
2. Les tuyaux. Ne nous fions pas à ce que l'on voit : un grand orgue possède derrière sa façade, la « montre », des milliers de tuyaux, de 10,40 m de haut (32 pieds) à 1 cm (3/8 de pouce). Les tuyaux sont groupés par familles donnant toute l'étendue chromatique, appelées « registres » ou « jeux ».
3. Les sommiers : intermédiaires entre soufflerie et tuyaux, ils reçoivent le « vent », le distribuent dans des canalisations (les gravures), percées de trous qui reçoivent chacun le pied d'un tuyau. Ces trous sont fermés par des soupapes, tant qu'on n'appuie pas sur une touche.
4. La console, supportant les claviers (de 1 à 5, habituellement 2 ou 3) plus un pédalier.
5. La traction (transmission), complexe dispositif mécanique partant de la console et mettant en action trois séries de mécanismes :
— commandes des registres : en tirant un « registre », l'organiste fait passer le « vent » dans la gravure correspondant à tous les tuyaux d'une même famille ;
— commandes reliant la touche du clavier à l'ouverture des soupapes : lorsqu'un « registre » est tiré et que donc l'air arrive à la gravure correspondant à une famille de tuyaux, en appuyant sur la touche on fait « sonner » le tuyau correspondant à la note choisie, tous les autres tuyaux restent silencieux.
— les accouplements des claviers entre eux.
Cette traction, faite jusqu'au 20e siècle d'un prodigieux assemblage de réglettes de bois léger et de fils de métal, n'est pas la partie la moins complexe de cette usine à sons qu'est l'orgue... Elle se fait aujourd'hui par transmission électrique, ce qui permet en particulier à l'organiste de se tenir à une certaine distance des tuyaux : mais la
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traction électrique n'a pas, au dire de certains, toutes les qualités de la traction mécanique.
LES DIFFÉRENTS JEUX.
On retrouve sur l'orgue les principales caractéristiques des instruments à vent dans la production du son ; les jeux se distinguent en effet selon :
— le mode de production du son : tuyaux à anche (cf. clarinette), tuyaux à bouche (cf. flûte à bec).
— la forme des tuyaux : cylindriques (larges ou étroits), coniques. Les tuyaux sont généralement en métal (étain et plomb), parfois en bois.
L'orgue étant un domaine fort conservateur, on continue à mesurer les tuyaux en pieds et en pouces, et à dénommer un jeu selon la longueur de son plus long tuyau : jeu de 32 pieds (10,40 m), jeu de 16 pieds, de 8 pieds, de 4 pieds. Un jeu de 8' sonne selon la note écrite ; un jeu de 4', à l'octave au-dessus ; un jeu de 16' à l'octave au-dessous : en tirant 16' + 8' + 4', on fait sonner trois octaves simultanément sur la même touche.
Les jeux se répartissent en trois grandes classes, aux caractéristiques bien tranchées :
1. Les jeux de fonds — tuyaux à bouche de différentes séries de tailles, dont les timbres sont différenciés par la largeur ou l'étroitesse du tuyau, l'ouverture ou la fermeture de son extrémité, divers artifices (pavillons, cheminées...).
Principaux jeux de fonds :
— montre (grands tuyaux de façade) ;
— flûtes (tuyaux larges, son doux et rond) ;
— gambes (tuyaux étroits, son plus mordant) ;
— bourdons (tuyaux fermés, son doux et voilé).
2. Les jeux de mutation ou mixtures.

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