LES INSTRUMENTS À CLAVIER
Elle sonne à l'octave grave du violoncelle et sert, dans l'orchestre, à en renforcer la sonorité de base. L'instrumentiste joue debout, et les écarts considérables que sa main gauche doit effectuer sur le manche ne permettent pas une grande vélocité. C'est la puissance et la robustesse de la sonorité qui en font le prix.
Quelques instruments plus rares
Arpeggione (ou guitare-violoncelle, ou guitare d'amour)
Instrument à six cordes et à archet, inventé par le luthier viennois Staufer en 1823 ; Schubert écrira pour piano et arpeggione la Sonate D. 821, qui appartient aujourd'hui au répertoire des violoncellistes, l'arpeggione n'ayant pas réussi à s'imposer.
Baryton (instrument)
Instrument à cordes, proche de la basse de viole, avec six à sept cordes de boyau, et neuf à vingt-sept cordes de métal dites sympathiques. Joseph Haydn écrivit pour cet instrument, qu'affectionnait le prince Esterhazy son patron, cent soixante-quinze oeuvres entre 1766 et 1775.
Trompette marine
Instrument à une seule corde, d'une hauteur de deux mètres environ, joué avec un archet et ne donnant que les sons harmoniques, au timbre éclatant et cuivré. Il fait l'objet, pour sa grande taille, des convoitises du « Bourgeois Gentilhomme ».
LES INSTRUMENTS À CLAVIER
On parle fréquemment de nos jours du clavecin comme de l' « ancêtre » du piano. Rien n'est plus faux : il s'agit de deux filiations absolument distinctes, le principe même de l'instrument étant totalement différent dans les deux cas, ainsi qu'on peut le voir d'un coup d'oeil sur le tableau page 32. Le piano a supplanté le clavecin
42 Lexique musical raisonné Les instruments, l'orchestre, les voix 43
parce qu'il correspondait mieux à un certain type de sensibilité, qui apparaît à la fin du 18e siècle ; mais ils ont coexisté un temps, et en tout cas celui-là n'a pas été engendré par celui-ci ! Ils sont tout simplement cousins et descendent d'un ancêtre commun : un instrument utilisé en Orient et en Grèce (et il l'est toujours aujourd'hui), dérivé lui-même de la harpe, constitué d'un cadre de bois sur lequel sont tendues des cordes. Celles-ci peuvent être grattées avec l'ongle ou un plectre (petit ergot, ou éperon, ou onglet qui peut prendre diverses formes et être fait en diverses matières) : c'est le psaltérion des Grecs (c'est l'acte même du « grattage » qui lui donne son nom grec). Tel quel, il passera chez nous au Moyen Age. Mais les cordes, sur le même type d'instrument, peuvent être, non pincées, mais frappées à l'aide de deux maillets : on obtient alors un son plus doux, et des possibilités totalement différentes. Ce second instrument est présent chez nous au Moyen Age, tantôt sous le même nom de psaltérion (source de confusion !) tantôt sous ceux de manicordion, de tympanon, jusqu'au médiéval et moderne cymbalum (particulièrement usité en Hongrie), où les cordes sont frappées par deux marteaux tenus à la main.
Le clavecin dérive de l'instrument à cordes grattées (improprement dites « pincées ») auquel on a adapté un mécanisme et un clavier. Le piano dérive de l'instrument à cordes frappées.
Par raison de chronologie, il convient de commencer par le clavecin.
Clavecin et Épinette
Il apparaît, vers le 15e siècle, sous la forme plus réduite de l'épinette, dont le premier exemplaire connu date de 1493. Pourquoi ce nom ? Il lui vient de l'épine qui gratte la corde...
Le principe est simple dans la théorie, délicat dans l'exécution. Les cordes, comme dans le psaltérion, sont tendues horizontalement. Chaque touche soulève une petite pièce de bois verticale, le sautereau, à laquelle est fixée un bec (l'épine), faite d'un fragment de plume de corbeau, qui accroche la corde au passage. Toute l'astuce est dans le mécanisme ingénieux qui permet au bec de s'effacer et de ne pas accrocher la corde en redescendant... Mécanisme très délicat, autant que le choix de l'endroit exact où la corde doit être « pincée » pour mieux sonner.
L'épinette de petites dimensions est rectangulaire, et se pose sur une table. Plus grande, elle est trapézoïdale et munie de pieds. Elle poursuivra sa carrière modeste jusqu'au 18e siècle, parallèlement à celle du clavecin, comme le piano droit à côté du grand piano de concert.
LES INSTRUMENTS A CLAVIER
Des cordes tendues sur une caisse de résonance en bois
Adaptation
d'un clavier
et d'un mécanisme
grattant les cordes
ÉPINETTE
15e siècle
Adaptation
d'un deuxième
clavier : possibilités
de registration
CLAVECIN I6-18e siècles
Adaptation
d'un clavier
et transmission directe
de la touche au marteau
CLAVICORDE
15e siècle
Invention
de l'échappement
PIANO-FORTE milieu 18e siècle
Invention du double
échappement
adjonction de pédales,
etc.
PIANO
début 19e siècle
Les cordes
sont frappées
avec de petits
maillets
CYMBALUM (Tympanon)
Moyen Age