Quels touche pour quel gamme
Elle sonne à l'octave grave du violoncelle et sert, dans l'orchestre, à en renforcer la sonorité de base. L'instrumentiste joue debout, et les écarts considérables que sa main gauche doit effectuer sur le manche ne permettent pas une grande vélocité. C'est la puissance et la robustesse de la sonorité qui en font le prix.
Quelques instruments plus rares
sont frappées
avec de petits
maillets
CYMBALUM (Tympanon)
Moyen Age
Les cordes sont grattées avec l'ongle ou un plectre
PSALTÉRION
(Bible, Orient, Grèce, Espagne Moyen Age)
44 Lexique musical raisonné
Le clavecin apparaît dès le 16e siècle. Ses dimensions sont plus grandes ; il a déjà, en plus léger, la forme de notre grand piano. Il se distingue surtout par la présence d'un deuxième jeu de cordes qui sonne à l'octave ; par assimilation avec l'orgue, on dénomme ce jeu « Quatre pieds » en l'opposant au « Huit pieds ». C'est le facteur Rückers, d'Anvers, qui est à l'origine de cette amélioration ; elle permet, comme à l'orgue, de « registrer ».
Très vite, toujours comme à l'orgue, un second clavier vient se superposer au premier ; l'instrument est dès lors complet, avec ses principales possibilités expressives. Quantité de subtilités de fabrication (matériau, mode d'attaque de la corde, finesse d'exécution, résonance de la caisse) lui apportent au 17e siècle sa perfection. La famille Rückers se distingue par des instruments d'une admirable ampleur de sonorité, non moins que par la splendeur de la fabrication, et de la décoration confiée à de grands artistes de l'époque.
Le 18e siècle apporte peu ; le son s'affine, mais s'amenuise, selon le goût du temps. Comme pour l'orgue classique, tout est dit vers 1700.
Il est faux de dire que le clavecin a une sonorité mièvre et sèche. 11 a de belles basses profondes, et une richesse, une plénitude remarquables. Son défaut (comme celui de l'orgue) est de ne pouvoir agir directement sur la corde pour faire un crescendo ou un decrescendo. Mais la possibilité de « registrer », c'est-à-dire de faire des oppositions et des contrastes de timbres, est plus en accord avec l'esthétique de l'époque qui lui a donné naissance.
C'est un changement de cette esthétique, de ce goût, et le désir de nuancer la phrase elle-même qui fera progressivement préférer l'autre famille, celle des cordes frappées : d'où une recherche qui conduira au « piano-forte » (terme qui indique à quel idéal il répond), et par réciproque à l'abandon du clavecin.
Après un siècle et demi d'oubli, on rend justice aujourd'hui au clavecin, et de nombreux facteurs — depuis Pleyel qui construit au début du siècle le premier clavecin moderne — travaillent à refaire de lui un instrument vivant. Il connaît aujourd'hui, dans les nombreuses oeuvres que lui consacrent beaucoup de musiciens contemporains, une renaissance inattendue et un style d'exécution d'une originalité sans ombre d'archaïsme.
Virginal
Petite épinette utilisée en Angleterre, principalement par les demoiselles, d'où son nom. Mais le mot désigne souvent dans ce pays tous les instruments à clavier et cordes pincées.
Les instruments, l'orchestre, les voix 45
Du Clavicorde au Piano
Du tympanon médiéval à cordes frappées dérive la famille d'instruments dont le dernier rejeton est le piano.
Le premier membre de la famille est le clavicorde, qui semble apparaître au 15e siècle (décidément d'une richesse extraordinaire en facture instrumentale). Le plis ancien connu date cependant de 1543 seulement.
Sur une caisse en bois sont fixées les cordes, parallèlement au clavier. Au bout de chaque touche, une petite pièce métallique vient frapper la corde. La sonorité du clavicorde est faible, mais douce, délicate, et permet jusqu'à un certain point de nuancer l'attaque de la corde. Bach, semble-t-il, aimait cet instrument et en possédait plusieurs.
Des recherches poursuivies simultanément en Allemagne, en Italie et en France au début du 18e siècle aboutissent peu après 1710 à la création du piano-forte (initialement dénommé forte-piano): Andreas Silbermann développe ces recherches, malgré certaines réticences des musiciens (dont J.-S. Bach). L'instrument ne s'impose guère avant 1770, et il faudra attendre le Français Erard, au début du 19e siècle, pour voir le piano-forte devenir progressivement le piano.
Le principe est celui de l'échappement, puis du double échappement, qui permettent au marteau d'être solidaire de la touche lors de l'attaque de la corde (et donc solidaire du doigt qui frappe « forte » ou « piano ») — et de retomber immédiatement, de manière à laisser vibrer la corde librement ; et, d'autre part, de libérer un étouffoir de feutre qui éteint la vibration à l'instant où le doigt lâche la touche. On peut dire qu'avec cette invention, et donc avec Erard, le piano est né — quelles que soient les améliorations de détail (cadre métallique, cordes croisées, feutrage des marteaux, élargissement du clavier, pédales...) qui seront apportées ultérieurement.
ÉLÉMENTS DU PIANO
— Clavier: 7 octaves 1/4. Touches blanches pour la gamme diatonique (ivoire), noires pour les demi-tons (ébène).
— Mécanique : marteau revêtu de feutre, mécanique délicate du « double-échappement », étouffoir de feutre.
— Cordes :trois cordes par note, sauf dans le grave. Cordes d'acier, revêtues de fil de cuivre dans le grave.
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— Table d'harmonie : caisse augmentant la sonorité par sa résonance propre.
— Châssis : le châssis de bois des anciens pianos a laissé place à un châssis de fonte ou de fer monté d'une seule pièce. (La tension des cordes exerce sur le châssis une traction de l'ordre de 20 tonnes !).
— Pédales : improprement appelées « douce » et « forte ». La première déplace la mécanique vers la droite, de sorte que les marteaux ne frappent que deux cordes au lieu de trois ; la seconde éloigne les étouffoirs et les cordes continuent de vibrer quand la main quitte le clavier.
TYPES DE PIANO
— Piano à queue. Il atteint 2,60 m dans le cas du grand piano de concert. Ses dimensions permettent une plus grande résonance de la caisse et des cordes plus longues. C'est la disposition la plus rationnelle et la plus efficace.
— Demi-queue, quart-de-queue, crapaud, réductions, pour raison d'économie et d'encombrement, du piano à queue.
— Piano droit : les cordes sont disposées obliquement dans le sens vertical. Les marteaux sont verticaux et ne se retirent que sous l'action d'un ressort.
— Piano à pédalier: il permet aux organistes de s'exercer.
AUTOUR DU PIANO
Pianola
Instrument inventé en 1900 par l'Américain Votey. Par une soufflerie à pédales, il fait passer, sur une barre percée d'autant de trous que de notes, un rouleau de musique perforé ; la coïncidence du trou et de la perforation produit la note. (Il peut aussi être utilisé comme un instrument à clavier normal, avec registres et pédales.) La firme iEolian qui le fabriquait vendait à ses usagers des symphonies, des arrangements d'opéras, etc., en rouleaux perforés ; l'apparition du disque en ralentira la diffusion.
Luthéal
Accessoire du piano à queue auquel il ajoute des possibilités de jeux (« harpe tirée », « jeu de clavecin ») et de timbres sans empêcher le jeu normal de l'instrument. Inventé vers 1920, et employé
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par Ravel presque seul, qui l'utilisa pour évoquer le cymbalum hongrois dans Tzigane et le clavecin dans l'Enfant et les sortilèges.
Piano préparé
Dès le début du siècle, les compositeurs américains Henry Cowell et Charles Ives exploitèrent les ressources du « piano préparé en modifiant la vibration des cordes par l'entremise de matériaux divers (caoutchouc, bois, métal...) entre et sur les cordes du piano ; quelques décennies plus tard, John Cage donnera un élan décisif aux techniques du piano préparé, à travers des oeuvres comme les Sonates et Interludes (1945-1948) ; en 1949, il devait recevoir à ce sujet une récompense de la National Academy of Arts and Letters pour avoir « reculé les frontières de l'art musical ».
LES PERCUSSIONS
Après les instruments soufflés, grattés, pincés et raclés, voici les instruments frappés. On ne doit jamais oublier que le piano est l'un d'eux, quoique si particulier...
Dans les ensembles instrumentaux destinés à la danse, au Moyen Age, à la Renaissance et jusqu'au 17e siècle, les percussions étaient nombreuses et variées, et on aurait tort de l'oublier pour ne voir dans leur emploi massif qu'une innovation récente. Elles disparaissent presque de l'orchestre baroque et « classique » d'où les écarte la recherche croissante du primat de la mélodie ; à part quelques recherches d'exotisme (musique « turque » de l'Enlèvement au sérail par exemple), seules les timbales conservent droit de cité dans l'orchestre noble où leur rôle demeure secondaire, sauf exceptions comme la Symphonie n° 103 de Haydn (« Roulement de timbales »).
Le statut des percussions commence à changer avec Beethoven, dont Boucourechliev a bien mis en valeur l'importance comme promoteur du timbre en tant que valeur musicale essentielle ; à un usage plus percussif du piano (rôle capital du trille, comme timbre, par exemple) répond le rôle déterminant des timbales dans l'orchestre beethovénien : les Quatrième, Septième et Neuvième Symphonies sont caractéristiques à cet égard. Et dans la Neuvième, Beethoven confère ses lettres de noblesse à la ci-devant musique « turque » (cymbales, triangle, grosse caisse) sans nul besoin d'exotisme.
Le rôle de Berlioz, à la fois comme théoricien et comme compositeur, sera plus vaste et plus déterminant encore ; il se fera traiter d' « artilleur » pour l'abondance des percussions qu'il emploie dans
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certaines de ses oeuvres (on appelle aujourd'hui batterie l'ensemble des percussions utilisées dans des formations de jazz, mais le terme n'a rien à voir avec les canons s !). La leçon de Berlioz triomphera des répugnances délicates du bon goût néo-classique ; dorénavant, de l'instauration par Schoenberg de la mélodie de timbres (Klangfarbenmelodie : voir plus loin), de, Stravinsky et de Bartôk à Varèse — troisième nom capital de cette histoire après Beethoven et Berlioz — les percussions imposent dans la musique leur rôle à part entière ; rôle toujours croissant dans les compositions contemporaines et qui justifie l'existence de formations qui leur soient exclusivement consacrées comme l'ensemble des « Percussions de Strasbourg ».
Les instruments à percussion, qu'il ne saurait être question d'énumérer tous ici, peuvent se classer de diverses manières. Berlioz les divisait entre instruments produisant un son défini (donc plus susceptibles d'effets mélodiques) et instruments produisant un son indéterminé. Dans la pratique actuelle, on préfère distinguer trois catégories : les claviers, les peaux et les « accessoires ».
Les instruments à clavier Glockenspiel
Ensemble de lames d'acier de dimensions variables, mû par l'intermédiaire d'un clavier ; on l'appelle aussi « jeu de timbres » (traduction exacte de l'allemand) ou « carillon à clavier ». C'était déjà l'instrument inséparable du Papageno de la Flûte enchantée. (Il existe aujourd'hui une variété de glockenspiel frappé au marteau.)
Célesta
La mise au point de l'instrument n'est pas antérieure à 1886. Sorte de piano dont les cordes sont remplacées par des lames métalliques avec résonateurs de bois. Résonance brève, son particulièrement cristallin et délicat (on peut s'en rendre compte en écoutant la Musique pour cordes, percussion et célesta de Bartôk).
Xylophone
Venu sans doute de Java, attesté en Europe dès le 16e siècle par une gravure de Holbein (1525). Clavier de lames de bois frappées
5. Plus proche de la musique militaire (sinon de l'artillerie), le « rythme de batterie », rythme persistant donné le plus souvent par la voix la plus basse, dont la pulsation régulière peut devenir expressive et même parfois inquiétante.
Les instruments, l'orchestre, les voix 49
avec des baguettes d'ébonite. Il comporte le plus souvent deux (parfois quatre) rangs de lames. Il apparaît dans l'orchestre « classique » avec la Danse macabre de Saint-Saëns.
Marimba
Origine africaine ; de la même famille que le xylophone ; son plus grave, baguettes plus douces ; des résonateurs divers sont placés sous les lames de bois.
Vibraphone