La Mécanique

l'index

Savoir donc que le gigantisme de production est rare- ment source d'instrument d'exception et qu'il propose davantage de gadgets, facilités commerciales, publicité et autres trompe-l'oeil ou oreille.
Poser des questions précises sur la fabrication, les avan- tages et inconvénients et les différentes raisons du choix des options de fabrication.
Chercher une personnalité sonore attachante et non pas l'absence forcenée de tous défauts, laquelle entraîne souvent la "pasteurisation", la "stérilisation" de tout caractère.
Faire confiance, pour en terminer, plutôt à votre four- nisseur qu'aux séductions commerciales ou publicitaires d'une marque, compte tenu qu'un vrai professionnel. passionné de son métier, sera mieux à même que vous de vous choisir un instrument en fonction de vos critè- res de prix, de place, de qualité et d'utilisation. Surtout si ce fournisseur est détaillant et s'il n'a pas a priori d'exclusives commerciales dans ses représentations.
Les critères techniques de choix doivent être :
• Cadre métallique complet.
• Présence préférable d'un barrage en bois complémen- taire rigide.
• Cordes croisées.
• Cordes montées séparément (si possible).
• Mécanique à lames (pianos droits).
• Mécanique à répétition moderne avec si possible vis de réglage des ressorts (pianos à queue).
• Touches droites, ou le moins coudées possible, au ba- lancier.
• Mortaises de clavier à support renforcé, et garnitures longues et profondes.
• Dimensions suffisantes.
• Production limitée et ancienneté de la marque.
• Garantie de main-d'oeuvre de longue durée et service après-vente.
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Le rappel du processus de fonctionnement du piano me semble ici nécessaire pour situer chaque élément de l'instrument dans son rôle par rapport à l'ensemble et au résultat désiré.
La mécanique, dont les différents mouvements sont expliqués sur les schémas qui suivent, propulse les marteaux contre les cordes; celles-ci rentrent en vibration et transmettent cette vibration à la table d'harmonie par l'intermédiaire du chevalet. La note résonne ainsi, aussi longtemps que la table le permet et tant que le feutre d'étouffoir n'est pas venu interrompre la vibration en se t'osant sur la corde (auand on a lâché la touche).
• Ajustage vertical des blocs pour un appui libre mais
sans jeu des coulisseaux de bloc sur les pointes de bloc_
Reste: tout ce que j'ai oublié, tout ce qui relève de l'im-prévu et qui fait les joies et les vicissitudes de notre belle profession.
Ne pas oublier: contrôle du serrage de toutes les vis de l'ensemble de la mécanique et du reste de l'instrument_ Sinon, gare aux vibrations et aux claquements !
Ce chapitre mérite quelques commentaires préalables.
• Compte tenu de ce que ce chapitre concerne la répara-tion, non la fabrication, et s'adresse aux techniciens opérant de façon polyvalente, il convient de poser* comme base de départ qu'il n'y a guère deux pianos qui • se ressemblent et qu'il est assez fréquent que chaque instrument, selon l'âge, l'usure, ou des réfections, voire* des transformations plus ou moins réussies, nécessite une mise au point "personnalisée" et non systématique_
Seul le résultat, pour l'utilisateur, compte, et aucune règle stricte de réglage ne peut être envisagée comme valable dans tous les cas.
Certaines précisions qui seront apportées plus loin dé-montrent qu'il est quelquefois souhaitable d'envisager une mise au point de telle ou telle partie hors des nor-mes standard pour satisfaire au plaisir de l'utilisateur. lequel a toujours raison, puisque ce travail est fait pour lui et que toute subjectivité, en matière artistique, doit être respectée!
Le réglage (d'un piano à queue principalement) com-porte deux groupes de mises au point qui sont liées :
• Enfoncement
Échappement
Chasse
• Chute
Ressorts d'échappement et répétition Attrapes.
Il faut signaler que le "double échappement" dans son sens littéral n'existe pas!!! N'en déplaise à certains, c'est une formule de langage inappropriée à un phénomène de répétition dont la phase complète comporte:
Poussée du bâton d'échappement sur le rouleau (ou le nez pour les pianos droits).
- Dégagement de ce bâton au dernier moment à proximité de la corde (échappement).
- Retenue du marteau par ressort (jeu très faible) ou par attrapes (jeu plus fort) puis remontée de celui-ci.
- Retour à sa place initiale du bâton d'échappement (le plus rapidement possible au lâcher du doigt) qui permet de réentreprendre le mouvement de propulsion.
Il n'y a donc jamais eu à proprement parler "double échappement" dans un piano à queue, encore moins dans un piano droit.
Le bâton d'échappement, pièce maîtresse intermédiaire de propulsion entre la touche et le marteau, se dégage, en une seule fois et complètement, du rouleau, quand le marteau parvient près de la corde: il a échappé une fois pour toutes et il faudra relâcher la touche et rejouer pour qu'un nouvel échappement se produise.
La très légère secousse provoquée par le retour du bâton sous le rouleau au début du lâcher de la touche, et qui peut être sensible au doigt, a conduit certains à définir comme "double échappement" ce deuxième événement de l'échappement, perceptible dans le même déroulement de l'action d'une note.
La différence et la supériorité du piano à queue résident dans le fait cité ci-dessus, à savoir : une retenue puis une remontée du marteau, déclenchée de façon sûre par le ressort, et qui permettent un retour rapide et certain du bâton à sa place initiale de propulsion.
Une lame de ressort supplémentaire est ajoutée sur certaines mécaniques de pianos droits (sur le bâton d'échappement), et cette disposition, d'ailleurs essayée sur les Pleyel du début du siècle, et abandonnée par la suite, n'apporte que des inconvénients de maintenance à la première usure et tassement, sans réelle amélioration de la répétition qui dépend, pour un piano droit, du réglage des attrapes.
Toute indication de "double échappement" pour un piano droit est de l'abus de confiance, ou plus souvent de l'incompétence de la part de ceux qui en font mention.
• Pianos droits: placer la barre de repos des marteaux (D 33) à la bonne distance au repos par calage, et rat-traper le jeu, régler (D 14), sous les talons de chevalets (D 15) pour un affleurage, presque à toucher, des bâtons d'échappement (D 19) sous les nez (D 30) (départ quasi immédiat du marteau).
• Pianos à queue: régler les pilotes de touches (Q 14) et ajuster la barre de repos des marteaux (Q 33) à affleurer les manches (Q 34) (sans les toucher). Régler: (Q 14).
A propos des trois réglages ci-dessus: 18, 19, 20, il est primordial de noter ce qui suit:
- Ces trois réglages ne peuvent être conçus séparément. - La course de la touche, du marteau, et la hauteur d'échappement doivent être prévues de telle sorte que le dégagement de l'échappement se fasse nettement sans jeu excessif après. Autrement dit; il doit rester une lé-gère marge à l'enfoncement après l'échappement (1 - 2 mm); (davantage sur les pianos droits).
- Si, pour les réglages standard, le phénomène ci-dessus n'est pas observé, il convient de modifier l'un ou plu-sieurs d'entre eux dans l'ordre d'importance suivant: - chasse (le moins grave)
- échappement
- enfoncement
ler cas: pas assez de dégagement du bâton d'échappe-ment; (plus grave : grelottage des marteaux en jeu fai-ble).
- Diminuer la chasse
et/ou
- Échappement plus loin de la corde
et/ou
- Augmenter l'enfoncement.
2e cas: trop de dégagement (moins grave: rendement moindre du développement).
- Augmenter la chasse
- Échappement moins loin de la corde
- Diminuer l'enfoncement.
Évidemment, toute modification des normes moyennes n'est pas souhaitable, et ces changements comportent des conséquences plus ou moins avantageuses qu'il faut connaître :
• Variation d'enfoncement: solution à éviter, car c'est celle qui est le plus directement ressentie par l'utilisa-teur.
La sensibilité des pianistes est souvent extrême sur ce point, et je me souviens de cette anecdote:
Je préparais un 3/4 Bôsendorfer pour un concert de S. Richter dans un salon parisien, et celui-ci me deman-dait si possible un clavier plus facile; je décidais, compte tenu du peu de temps disponible, de faire légè-rement partir plus tard les étouffoirs et de réduire très faiblement l'enfoncement (par apport d'une mince feuille de papier sous le barreau d'enfoncement) sans nuire à l'échappement. Quand S. Richter revint une demi-heure plus tard, et bien qu'il ne sache pas ce que j'avais fait, il essaya le piano, fut très satisfait et me dit, après trois mesures: «Vous avez réduit l'enfoncement d'une feuille de papier...! » (Sans commentaires!).
- Plus d'enfoncement: sensation de toucher plus lourd, plus difficile et plus articulé.
- Moins d'enfoncement: sensation de toucher plus léger, plus rapide, moins articulé.
q.B.A utiliser, bien entendu, volontairement, pour obtenir les effets ci-dessus, si le pianiste le demande.
• Variation d'échappement:
- Plus près: rend la répétition en fond de touche plus pré-cise mais risque de grelottage en jeu très léger.
- Plus loin: rend la répétition moins précise en fond de touche, mais assure un bon dégagement; diminue la phase propulsive et réduit un peu le rendement.
• Variation de chasse :
- Plus longue: augmente la course, donc l'élan, donc le ren-dement (puissance d'attaque), mais diminue la rapidité
du développement et donne la sensation d'un toucher plus pénible.
- Plus courte: augmente la vélocité et la facilité du toucher; diminue le rendement.
Des trois réglages, la chasse est la plus modifiable sans inconvénients sensibles. Cependant une conjugaison de modifications des trois réglages est souvent préférable pour ne pas être amené à faire varier exagérément un seul d'entre eux.
En conclusion:
En dehors des nécessités techniques, on peut être amené à sortir des normes pour les raisons pianistiques suivantes:
• Toucher plus effleuré, plus rapide, moins pénible, moins articulé, désir d'obtenir plus aisément les demi-teintes et les pianissimos:
- échappement près des cordes
- moins d'enfoncement
- moins de chasse.
• Toucher plus ferme et plus articulé pour le travail, plus de puissance et d'appui:
- échappement plus loin des cordes
- plus d'enfoncement
- plus de chasse.
Z.B. Pour vérifier aisément l'échappement, il faut quelquefois régler rapidement les chutes plus bas et diminuer les ressorts de répétition s'ils sont trop tendus.
21 Chutes: régler 2 à 3 mm sous l'échappement.
- Chutes hautes: facilitent le retour du bâton d'échappement mais jouent moins leur rôle de limitation de la poussée du ressort de répétition.
- Chutes basses: répétition moins rapide, mais donnant une sécurité de non grelottage et limitant dans ce cas le rebond du marteau après attrapage (si l'on a dû renforcer les ressorts pour un bon retour du bâton d'échappement). Régler (Q 23).
22 Ressorts d'échappement : régler (Q 32)
Réglage vital de la répétition.
Ils doivent être réglés suffisamment tendus pour obtenir à coup sûr le retour du bâton d'échappement sous le nez ou le rouleau, de façon nette quelle que soit la force du jeu (même en cas de non attrapage avec jeu ultra-faible sur les pianos à queue). Vérifier individuellement et harmoniser l'ensemble des tensions.
En cas d'attrapage sur un piano à queue (jeu fort), le marteau, repoussé par l'action élévatrice du levier supérieur de chevalet sur le rouleau, peut :
- rester immobile;
- remonter plus ou moins vigoureusement jusqu'à la hauteur de chute (en fait: blocage supérieur du levier supérieur de chevalet sur la vis de chute).
• Réglage standard : remontée lente mais nette du marteau.
'eue).
23 Attrapes (10 à 15 mm des cordes): en jeu appuyé, les attrapes bloquent les marteaux après rebond de la percussion, de façon à raccourcir et arrêter leur course de retour, et permettre au bâton d'échappement de reprendre plus rapidement sa place.
• Pianos droits: régler le plus près possible (environ 10 mm) à la limite du blocage des marteaux sur les cordes, en jeu ralenti, sans attrapage, au fond de la touche. Régler par torsion (D 16).
Modifier si besoin la pente pour une meilleure efficacité. A noter: les attrapes dans les pianos droits sont presque toujours trop hautes (tiges trop longues) et trop tangentes sur les contre-attrapes qui se trouvent alors être enfermées et noyées lors de l'attrapage, ce qui amène fréquemment un blocage de la répétition à une certaine cadence et hauteur d'attaque.
(Messieurs les Fabricants, prenez bonne note !!).
Il conviendrait de modifier les pentes et les hauteurs.
• Pianos à queue: régler le plus haut possible, tant que l'efficacité de la prise reste bonne. Réglage par torsion de (Q 83).
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MAIRIE DE DARIS
• Contrôler la simultanéité des départs par vis de fixation
(Q 54) ou par pilotes s'ils existent (Q 84).
• Départs plus tôt ou plus tard: mêmes effets que pour départ individuel.
28 Butée haute d'étouffoirs.
Régler les réglettes de butée haute des étouffoirs (Q 52), en ne laissant que le minimum de jeu pour éviter un ressaut des étouffoirs en fin de course (par des vis de fixation au fond du plateau de clavier, derrière les tiges, sur le barrage):
Régler: (Q 53).
29 Transposition ou pédale douce:
• Pianos droits :
La transposition n'existe pas sur les pianos droits mo-dernes.
Etait utilisée autrefois.
Agit maintenant par avancée de l'ensemble des mar-teaux dont la barre de repos D 33 est mobile et sur pi-vots.
- Régler l'avancée à environ 15 mm ou davantage (D 74).
• Pianos à queue:
- Contrôler la position générale du clavier pour que les marteaux soient, au repos, bien centrés sur les cordes. Si besoin, modifier la butée gauche et régler (Q 76/77).
- Régler la vis de butée (sur le bloc de droite du clavier ou sur le châssis du clavier) de façon à décaler par transposition la frappe des marteaux sur deux cordes ou, dans certains cas, encore sur trois cordes (à condi-tion d'amener celles-ci entre les marques faites par les cordes sur les marteaux en jeu normal.)
Avantages:
Economise l'usure des feutres et des pivots.
Evite la sonorité nasale ou davecinante fréquente sur deux cordes.
Sonorité moelleuse meilleure par le frappé des cordes sur les légers bourrelets plus tendus entre les marques.
30 Contrôle anti-bruits.
Aucun commentaire, si ce n'est la nécessité de dix ou quinze ans d'expérience pour apprendre à diagnostiquer le plus rapidement possible la nature et l'origine des bruits, grincements, frottements, vibrations parasitai-res... "la bête noire du technicien"... Je vous souhaite bien du plaisir et de la patience !
31 Changement de poids du clavier.
Cette nomenclature de réelages ne serait pas complète, si tant est qu'elle puisse 1 être, sans mentionner les pro
blèmes de poids du clavier (voir aussi le n° 6 des ques- - tions pratiques).
Tout d'abord, il faut différencier la notion d'inertie de celle du poids.
• Le poids: c'est simplement la force d'appui nécessaire pour entamer et réaliser l'enfoncement de la touche (tout au moins jusqu'à l'échappement); elle se mesure généralement à 1 cm du bord de la touche et peut va-rier de 50 à 80 grammes environ.
Modification peut en être faite par appoint ou suppres-sion des plombs sertis dans le bois de la touche (ou éventuellement posés et collés sur celle-ci, ce qui est moins "académique", mais tout aussi efficace, plus ra-pide, et plus pratique dans le cas de nouvelles modifica-tions futures). On peut aussi modifier le poids par le ré-glage des étouffoirs. (Voir n° 25, page 101).
• L'inertie: c'est le "poids déplacé" dans l'ensemble du mouvement mécanique, c'est-à-dire la plus ou moins grande résistance au départ et à l'accélération de ce mouvement.
Une comparaison peut permettre d'éclairer cette ques-tion: une même force peut être suffisante pour faire démarrer, puis accélérer deux véhicules de poids
différent, freins désserrés, sur terrain plat (une petite voiture de ville et une grosse limousine), mais l'une cédera facilement et rapidement à l'impulsion, l'autre réagira avec lenteur à l'accélération. Cette démonstration illustre le fait que certains grands pianos, surtout de concert, bien qu ayant un poids spécifique d'enfoncement léger, puissent être fatigants à jouer à la longue et paraissent tellement lourds à l'utilisateur après un certain temps d'exercice.
Cette inertie entraîne aussi une moins grande vélocité de déplacement et une sensation de réaction pesante et lente.
Un mécanisme court, et dont l'ensemble des éléments est plus allégé, sera plus nerveux, plus rapide et beaucoup plus dynamique.
En témoignent les instruments du siècle dernier sur lesquels les interprètes pouvaient se jouer plus aisément des difficultés digitales de certaines oeuvres.
La puissance réclamée par l'utilisation actuelle des pianos a entraîné la conception de mécanisme et de clavier sur lesquels les utilisateurs peuvent davantage "s'appuyer".
En dehors des modifications de plombage, il est donc possible de changer le toucher par l'apport et la conjugaison de réglages divers qui n'ont pas ce changement pour premier but, mais qui ont cependant des conséquences sur lui:
- enfoncement,
- départ des étouffoirs,
- ressorts divers,
- chasse,
- allègement de certains éléments de la mécanique.
Modification de forme:
Par ponçage de la tête du marteau.
• Plus pointu: son plus nasal, voire plus grêle, et accentuation des harmoniques aigus apportant une bonne "définition".
• Plus rond : son moins défini, plus trouble, plus plein, et favorisant les harmoniques médium, graves...
Modification de texture:
Tension et dureté de la trame du feutre.
• Plus forte:
- par imprégnation d'un liquide siccatif à la base; - par échauffement et tassement (fer chaud);
= sonorité plus timbrée, claire, voire métallique.
• Plus faible:
- par piquage avec une ou plusieurs aiguilles tendant à détendre et assouplir l'ensemble ou la partie supérieure du marteau;





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