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114 Lexique musical raisonné
Saltarelle
Danse saltatoire rapide à 6/8, avec première et quatrième croches pointées.
Tango
Danse originaire d'Argentine, importée en Europe après la première guerre mondiale, apparentée à la habanera par son rythme binaire et sa pulsion lente.
Tarentelle
Danse saltatoire très rapide à 3/8 ou 6/8, ainsi nommée d'après la ville italienne de Tarente.
Tordion ou Tourdion
Danse française du 16e siècle à trois temps et rapide. Valse
Danse à trois temps qui fit irruption au début du 19e siècle. Les couples tournent en rond de deux façons simultanées : sur eux- mêmes et autour de la salle.
Concerto.
Composition instrumentale opposant un instrument soliste ou un groupe d'instruments à l'ensemble de l'orchestre (désigné souvent dans ce cas par le mot italien tutti).
Le concerto apparaît en Italie au 17e siècle : cf. infra, pp. 388 sq. Sa forme ancienne se présente sous deux aspects :
— le concerto grosso, où un groupe d'instruments (concertino) s'opposent individuellement à l'orchestre (ripieno).
— le concerto pour plusieurs (ou un seul) solistes.
Les Concertos brandebourgeois de Bach constituent un genre mixte, à mi-chemin entre les deux types. Le Cinquième Concerto s'achemine nettement vers le concerto de soliste. Le Concerto pour deux hautbois de Vivaldi s'apparente au concerto grosso, tandis que son Concerto pour violon, violoncelle et cordes est nettement un concerto à plusieurs solistes individualisés. Le Concerto pour haut-
Les formes et les genres musicaux 115
bois et cordes, également de Vivaldi, est un exemple type du concerto pour soliste, tel qu'il apparaît au début du 18e siècle.
Mozart donne au concerto sa forme classique, qui peut s'analyser ainsi :
— Premier mouvement : allegro, de forme-sonate.
— Deuxième mouvement : lent (andante ou adagio), souvent en forme de thème et variations, ou de lied.
— Troisième mouvement : vif (allegro) généralement en forme de rondo.
A la fin du premier, quelquefois du dernier, rarement du deuxième mouvement, l'orchestre laisse libre cours à l'instrument soliste pour une cadence. A partir d'un thème du morceau, la cadence est un mouvement de virtuosité, en principe improvisée par l'exécutant. Le compositeur ne l'écrit donc pas et l'abandonne à la libre fantaisie de son interprète. Si le compositeur est son propre interprète, il lui arrive de noter (et de conserver jalousement par devers lui) le canevas de ses cadences : quelques-unes nous sont parvenues de la main de Mozart. Changement de situation du fait de la surdité croissante de Beethoven : devant renoncer à l'exercice et aux profits de la virtuosité, il écrit entièrement et publie ses propres cadences, les proposant (presque les imposant) à ses futurs interprètes comme un élément indissociable de l'architecture de ses concertos pour piano. Son exemple sera souvent suivi, parfois de façon plus discutable par des compositeurs moins géniaux dans l'art d'associer improvisation et architecture.
Mozart et Beethoven ont marqué de leur empreinte non seulement la forme mais l'esprit du genre concertant ; l'individu-soliste dialogue dans leurs chefs-d'oeuvre avec la communauté-tutti de façon tantôt antagoniste, et tantôt fraternelle ; il arrive même que le dialogue tisse une succession de questions et de réponses conduisant, par exemple, de l'angoisse à l'exultation (Andante con moto du Concerto en sol, opus 58, de Beethoven).
Mais de tels sommets ne peuvent être atteints qu'à deux conditions : une saisie géniale du rapport singulier-pluriel, individuel-universel, et une situation socio-historique propice. Quand l'une des deux fait défaut, le concerto risque toujours de retomber au niveau de la prouesse mondaine pour vedette soliste. C'est sans doute pourquoi, dans la société bloquée où il suffoque de solitude, le génie foncièrement antivirtuose de Schubert ne consentira dans le genre concertant qu'à quatre oeuvrettes plus condescendantes que convaincues.