Coordonnées les mains
l'index
E X E M P LE R, page 7.
Le genre enharmonique ne fe pratique que. dans les Tons mineurs, & les petites tierces en font tout le jeu. Il s'agit fnplement en ce cas .de prendre pour note. fentible telle note de l'accord que l'on veut, & toute la difficulté confille à reconnoître la note fenfible qui doit remplacer celle qui exitle dans le moment même qu'elle change. Exemple R.
Tous les accords de petites tierces marqués d'un a fe formant des mêmes touches fur le clavier, il ne s'agit que d'y memmitre la note donnée pour fenlible,• fàvoir, ditye , fi die , la, ou lit • fous le nom de fi diéfi: or c'en ratihire du chitke, dès qu'on Euh que ce chifli• ne peut indiquer que la feconde, la tierce, la quinte ou la feptième de la baflè qu'on touche; ce qui ne peut échapper à qui porsède les gammes du Chapitre F. Par cette fentible le Ton dl connu, le doigt qui la touche monte d'un demi-ton Ir la tonique, dont l'accord doit fe trouver naturellement en même temps fous les autres doigts, en fippofitnt l'habitude acquife par les Leçons précédentes: d'ailleurs, les diêtés ou bémols accidentels joints aux chiflies ne peuvent guère permettre de fe tromper , en y donnant un peu d'attention pendant quelques jours.
Ce 11011VCIll genre de Mutique peut conduire à douze Tons ditrérens en rendant dominante-tonique la tonique même annoncée par Et note timtible, & dont il faut , pour mieux y prévtrer l'oreille, annoncer le nouvel accord fenfible qu'elle va donner,, par la tidilention de la quarte b, le nu qui en raidie pouvant être pour lors ou mineur oy majcur ; cc qu'indique le mot ou
DE MUSIQUE PRATIQUE. G9
entre la tierce rendue majeure ou mineure à volonté. Une certaine fuite de notes, appelée kt pleareufe, tient encore à ce dernier genre: on peut s'en inftruire dans la méthode pour la compolition, IX. Moyen , exemple N, page î 8. Par les trois B. C. dermes, on voit que toute h variété des fucceflions confine dans ces B. C. toûjours fous une méme fuite d'harmonie. Il ne doit }us être indifférent d'y accoûtumer le jugement, l'oreille & les doigts.
Relient deuxteutres genres ; le diatonique-enharmonique;
& le chromatique-enharmonique: je ne fuis quand on hafardera celui-ci; pour le premier, en vain l'ai-je mis en oeuvre: il ne conf.& cependant que dans des toniques qui montent alternativement de quintes & de tierces majeures: celle doit l'on monte de quinte porte une tierce mineure, & l'autre une majeure; des trois doigts qu'otry emploie, deux defcendent d'un demi-ton pour fa quinte, & l'autre le' ul d'un demi-ton pour la tierce, ce qui revient à ce qui eft dit fur ce filjet , favoir, que les toniques à la quinte n'ont qu'une note commune, & que celles à 1;1 tierce en ont deux ; donc deux- doigts doivent deCcendre d'un ci,té,
& un Peul de l'autre, explication qui vaut mieux qu'un exemple. Voyer le trio des Parques, page So de l'Opént d'Hypolite
& Aride.
La B. F. de cc trio peut Cc renverfer, en y prenant pour B. C. telle note de fes accords que l'on veut, pour lui Faire Enivre la même route que dans fes accords.
XXVIlLe L E ç 0 N.
De la jouaion de la B. C. aux accords.
II •
efl temps de joindre la B. C. aux accords , en fuppofànt
l'habitude acquife de la méchanique des doigts dans toutes les routes; on peut mn étite la joindre aux premières routes qu'on lènt poeder parCtitement , & tout l'art y confille à toucher cette B. C. de la main gauche avec le 4. de la droite dans fe méme inflant ; Culs cette précaution, l'une des deux mains ne (croit pas en indure, & puumit rilipwr d'y manquer. Les
1
70 CODE
doigts des deux mains qui touchent enfemble doivent' le faire de leur mouvement particulier , en les laitrant tomber fi►r les touches de leur propre poids, 17►s roideur chus la main; puis les autres doigts de la droite tombent fucceflivement en forme d'harpégement; ce qui fe fait avec d'autant plus de célérité qu'on a la main roupie, & élue le mouvement ne part que des doigts.
Lorfqu'on aura pris connoi(liuce de la manière dont fe chiffre la B. C. XXXII.* Leçon , il faut accompagner tous les exemples de compofition qui ferviront dé preuve aux 'leçons précédentes, & en méme temps de clef pour toute autre Mutique.
XXIX.' LEÇON.
De la 4j wcope.
On ditlingue les temps de la mefi►re et; bons & mauvais; les Zons font totijours les imixtirs dans la inefi►re à deux & à quatre temps ; mais dans celle à trois temps, le Peul premier eft le bon.
Quand la valeur d'une note commence dans un mauvais temps, & continue dans le bon, qu'elle foit liée ou qu'elle fe répète, elle fy. «ope pour lors.
Cette filleule étoit indininélement appliquée à toutes les diffonances avant mon Traitc de l'harmonie, bien qu'elle ne regarde que la première qu'on emploie après un accord confonant.
Cette difinance en la feule feptième & les renverfées, la f►ppofition & la ftifix.nf►on y_étant fur-tout comprifes.
Par la difimfition des doigts fuir le clavier, cette feptième en toCijours connue; c'en le ► s'ils foin par tierces, linon le plus bas des deux doigts joints: c'en toisijours le mémo accord fous les doigts, la même leptième, de quelque fitçon que cet accord Toit renverfé, c'efl.-•ire, quelle que fait la note de la luné qui le porte, & siui peut étre choifie au gré du Compofiteur entre les quatre notes qui le forment , outre celles qu'on y emploie encore, fuit ixtr lisppotition , fat par tilt-pen►on (p).
Lodi= la ftsfpedion en fonde du meule accord ditlimant
•
(p) :UV Leçon, page f6.
DE MÛSIQUE PRATIQUE.
qui la précède, elle feule exige le temps Lon, fi bien que la première difronance en ce cas peut débuter.dans le mauvais.
On a remarqué que la fàfpenfion de la quarte étoit le même accord que celui de feconde , dont on retranche pour lors une partie de l'harmonie; ainfi cet accord de féconde peut fort bien commencer dans le temps mauvais, dès que la fufpenfion de la quarte le fuit immédiatement..
Aujourd'hui, par le fecours de la B. F. cette règle de la fy- ncope devient prefque inutile, fi ce n'efI pour l'agrément de la variété, en l'obfervant feulement avec le plus d'exaélitude poffible pour la première difronance après l'accord confonant: d'un autre. côté, elle fait conneitre la fufpenfion par-tout où la B. F. dl forcée de fyncoper, fivoir celles de & de auffi-bien que l'accord fenfible qui peut fe trouver dans le même cas.
11 n'y a que dans la cadence irtIguliére (q) où la fixte majeure ajoût& ne puiflè jamais fyncoper , non plus que la note fenfible.
Faire .5wcoper une diamance ou la préparer, c'efl tout un ; nous verrons dans la faite qu'elle ne doit pas toiljours être préparée.
XXX: LEÇON.
De/talon des confonances dr des della/tees ; de la
préparation des dernièas , de la lia four.
Jufqu'à mon Traité de l'harmonie, on a confondit la note fenfible & la fixte ajoiltée avec les difronances , 10d-qu'elles font codon:unes dans leur origine, l'une comme tierce, l'autre comme fixte, lorfque comme majeures leur marche efi toôjours de monter , pendant que celle des difibnances eft de defcendre: on les a toutes confondues également dans la règle.qui ordonne de les plarer ; mais quoique la méchanique des doigts foômife aux loix de l'harmonie nous difpenfe de faire attention à cette règle, il cri bon néanmoins de fivoir pour quelles difronances & dans quelle occafion elle doit avoir lieu.
Déjà non feulement la note fenfible & la fixte majeure
(j) XVIII.' Lcçon, page so.
CODE
ajoûtée ne doivent point' être préparées , mais encore toute diffmance qui accompagne la note fenfible n'exige nullement cette précaution.
Toute loi a fon principe: or celle qui regarde la difronance ne peut être tirée que de la confonance, qui feule dl naturelle.
Dei trois cOnfonances qui forment l'accord parfait, -les unes font "communes à deux accords fondamentaux confécutifs, les autres marchent diatoniquement : cette communauté entretient dans l'harmonie fitcceaive une liaifon qui eft pour nos oreilles ce que la liaifon du dircours cil pour notre intelligence; il faut par coequent que la diaimanee foit foeunife à cette liaifon, ou que du moins elle participe du diatonique.
Dans les règles données primitivement , le diatonique a toiijours été recommandé pour ce qui doit filivre la diabnance, ce qu'on appelle /aura; mais pourquoi l'en priverons-nous pour ce'qui doit la péécéder, en voulant qu'elle foit toûjours préparée, lorfque la liaifon d'où cette règle cil tirée ne tombe qu'a certaines confbnances , pendant que d'autres marchent diatoniquement?
On voit d'abord dans les cadences (r), que la fèptième ne peut être préparée: faudra-t-il s'en priver en ce cas, lorfque l'eflèt en cil agréable? On voit que pour lors on y arrive dia-7 toniquement , Ibit que la tierce y monte , foit que la quinte y &kende: donc cette loi de la Nature, où la marche primitive de la tonique dl de paflèr :1 fil quinte pour reparoître immédiatement après, doit être notre premier guide.
La tonique pouvant p:taèr où l'on veut , remarquez que cc n'ell qu'après fon accord parfait, qui la repréfente, qu'on peut ne pas preparcr la diaimance, pourvû qu'on y arrive diatoniquement; encore n'y dl-on pas• toi.‘jours obligé entre deux parties dont l'une emprunte la marche de l'autre. Par exemple, le fidet pourm faire ut, là, pendant que la ballé fera mi, fi: or, mi de l'une monte' diatoniquement à la diabnance de 'là, & l'ut de l'autre , en le l'uppolànt dit-ibn:me , tiercent' diatoniquement fur fi.
Voila ce qu'on a pû traiter de licence, 'oreille cependant ce
(r) Xi.' prie 34%
n'efl
• DE- MUSIQUE PRATIQUE. 73
n'en qu'une note qui fe préfente dans toutes les 'oélaves non qu'il faille en abufer; & cela ne doit être permis qu'en faveur: du beau Chant, ou d'une expreflion nécetire. . • . .
Par-tout ailleurs qu'après une tonique, ou fou accord dinimance doit étre 'préparée, comme dans l'enchaînement des dominantes, où pour lors la cadence parfaite dl limplement imitée.
XXXI.' LEÇON; Goîu de l'Accompagnement.
Le goût de l'accompagnement, pour ce qui di de l'harmonie; confine à fouchetr du z la tierce ou'la diabnance, linon l'o6lave de la B. F. ring cependant déranger la trC..ehanique, c'en-à-dire; qu'on ne doit prendre cette précaution que dans le début' d'une phrafe, ou bien en. changeant de place un accord confonant, après y Vitre arrivé dans l'ordre prefcrit: l'on peut encore aflèéler de ne point toucher du t la note du chaut, lorrqu'on accompagne une voix feule, un infiniment feul ; mais ce ne foitt-là que des minuties , dont l'auditeur ne peut s'occuper Ems fe clifintire du fujet , auquel il doit porter toute fon attention. L'harmonie d'un pareil accompagnement ne. doit fe porter à l'oreille, pour ainfi dire, qu'en fuMée; il fut qu'on la fente ruts le ravoir, fuis s'en occuper, fans y penfer: aufli doit-elle être toûjours complète & régulière dans et fuccellion comme dans et plénitude, finon l'irrégularité fier ce point feroit capable de difiraire Sc de faire perdre le plus heureux montent de l'effet. Tronquer l'harmonie parce que l'infiniment fait trop. le bruit, c'en bien là le fentiment d'un Midas, lorrqu'il y a plu- fleurs moyens de diminuer•ce bruit fuis que l'harmonie en fouffre.
Lorfque duts un accord parfait on touche la tierce du t , on peut avec le doigt inutile toucher le demi-ton au &trous de la tonique en forme de coulé, mes il faut le lever dès que cette tonique eft touchée; cela forme un harpegement agréable, fiippofé rapide & répond au daciacatea des
K
7 4. CODE
lorrqu'ils veulent faire du bruit ; car tous n ont pas la délicatefre de lever promptement 'le doigt qui forme le coulé, -& dans ce cas l'harmonie fe trouve confondue avec de mauvaifes diabnances.
Quoique l'Italien touche. généralement fes accords tout d'une pièce, autant de la Main' que des doigts, on peut cependant les harpéger fi rapidement qu'ils ne fittlént qu'un à l'oreille; on y gagne l'entretien du feul mouvement des doigts & de leur foupletre, & l'oreille en efi beaucoup plus- fatisfaite.
On peut ajoûter le 5 à tous les accords, eh lui fairant toucher l'agave du r , excepté quand celui-ci touche la tierce de la B. F. ou 'la ditibnance: on peut auffi fubflituer ce 5 au 4. par-fout où l'oti croit y trouver plus de facilité; mais il faut attendre que la méchanique foit auparavant bien familière; & que l'oreille puiffe* preffentir l'accord qui doit fuivre un autre, du moins dans le cours le plus ordinaire , & qu'elle foit avertie, par la règle , des cas douteux , pour qu'elle écoute ce qui peut l'y déterminer, fuppofé qu'il n'y ait: point•de chiffres propres à guider le jugement.
XXXII.* LEÇON.
Manière 'dont la Le dois être chiffije.
J'avois propofé dans mon Plan un chiffre avec lequel on auroit jet s'avancer promptement dans la pratique de l'accompagnement • mais l'utitge , qui l'emporte prefque tdijours, •m'a forcé d'y fo' Cunettre ma méthode , à quelques petites réformes près, auxquelles j'efpère qu'on voudra bien fe pré.ter pour l'a: vancement des Élèves, d'autant qu'on peut aifément les inférer dans les ouvrages de Mutique déjà publics.
Le chiffre fe place perpendiculairement au deffus ou au defrous des notes.
Les accords parfaits ne fe chiffrent point, excepté leurs tierces majeures ou mineures accidentelles, qu'on marque d'un dièfe ou d'un bémol, ou quelquefois d'un béquare; ce qu'on pratique également au deffits ou au &trous du chiffre qui marque l'accord
• DE MUSIQUE PRATIQUE. 75 de toute autre note qu'une tonique, comme on.a dû s'en apercevoir dans les exemples.
Ces accords parfaits , qui font des accords de fixte fur la médiante,. & de fixte-quarte fur les dominantes-toniques, s'y chiffrent d'un 6 & d'un
Si la note fenfible fe défigne ordinairement par un diète ou bé.quare, & le plus fouvent par un chiffre barré, d'où l'accord fenfible doit être reconnu, il ferait beaucoup mieux de la défigner par une fimple croix, ainfi ', feule quand elle•eit tierce, ou au bout de la barre qui traverfe le chiffre; cela épargnerait bien des équivoques aux plus habiles •mêmes , dans certaine. cas, &• mettrait les commençans bien à leur aife.
Un intervalle diéfé, où il ne s'agit que du • majeur; & nullement de la note fenfible, .comme la tierce,. la fixte, quelquefois la feptième , la feconde , la quarte même , •fe diflingueroit fins. autre réflexion de celui 'qui ferait indiqué par la petite croix.
Uni 5 & un 7 barrés pour défigneriine enfle quinte & une feptième diminuée, fe diflingueroient encore de ceux qui auraient la petite croix 'de plus, & qui !nargueraient la quinte & la feptième fiiperflues.
Une note fenfible fe reconnaît, & par fon intervalle avec la ballé, & par fon (aère, & par fa tonique; la diffonance, au contraire, ne fe reconnaît que par fon intervalle.
Tout l'accord fenfible eft connu & trouvé fous les doigts par la feule connoifiânce (le la note fenfible (s), au lieu que la diabnance y laiilè de l'arbitraire, puifqu'il y a des fines quintes & des tritons dans des accords qui ne foin point fenlibles.
Enfin tout parle en faveur. (le cette petite croix, & j'eVre qu'on voudra bien s'y piéter dans la fuite, vû qu'on peut aifé- ment la réunir au chillk avec la plume.
Quand aux autres accords diffonans, on chifl•e fimplement la diabnance, lavoir, la feptième avec un 7 , & la feconde avec
un 2.
Si dans un accord renverfé la diflbnance fe forme de deux
.(1) Vin: Leçon, rase 3 h
Kij
7 6 CODE
confonances à la fe:onde l'une de•l'autre, on les chiffre l'une fur l'autre, ravoir s & t, voilà tout.
Il y a grande erreur encore dans l'accord difronant chiffré & qu'on ne chiffre que d'un l'impie 6, en le confondant ainfi avec l'accord confonant de fixte fur les médiantes, ce qui efl facile à réformer en ajoûtant au deffus ou au &trous du 6, comme je l'ai fait en quelques endroits de mes Opéras.
efl étonnant qu'on ait adopté (; & négligé I, qui marquent le méme accord, l'un généralement fur la lbus-dominante, l'autre fur la fit-dominante: on voit que ce qui cil (; pour l'une cil t pour l'ante, de même qu'il efl pour leur B. F.
Cette dernière réforme di d'autant plus nécetire, qu'à la faveur de la méthode l'un des deux intervalles à la feconde étant reconnu fur le clavier, tout l'accord fe trouve fous les doigts (t).
Si le hafitrd préfente deux chiffres à la feconde, comme 7
6
qui font rarement d'ufitge, fi ce n'cll clans le point d'Orgue dont fai déjà parlé l'accord fe trouve également fous les doigts, en reconnoiflimt fur le clavier l'un des cieux intervalles qu'indiquent ces chiffres; mais le Z, doit fe trouver déjà fous les doigts, ayant formé l'accord diflbnant d'auparavant, linon il ne vaudra rien.
On chiffre d'un 4. ou d'un 4.S , comme on le fait déjà , cet accord de quarte qui fait généralement fidPenfion dans l'annonce des cadences, & même en les terminant (x); mais remarquons bien que cet accord, qu'on peut appeler hétérodite, en ce qu'on en retranche la moitié de l'harmonie, cil toujours le métre que le dillbnant qui le précède immédiatement , mais dont on ne conferve que la denance & fi B. F. qu'on tient déjà fous les doigts.
Concluons de cette dernière remarque, que fi dans plufieurs accords difibnans confécutifs on peut .reconnoitre que la diflèstance chiffrée l'étole déjà, ce doit titre le mime accord , à la cliQrence près de la quarte hétéroclite; car pour fe conformer
(t) Lcçon, page r. (x) XIX' &
(u) XXI. Leçon, rase 5S, Usons, pages o, S4 if ;6.
D E MUSIQUE PR ATI QU E,. 77 aux mauraifes méthodes, on chiffre prefque toiljours le même accord par les intervalles qu'y forme la difronance avec la baflè, ce qu'il faudroit fimplement indiquer par une ligne tirée depuis le premier chiffe d'une note à l'autre, ainfi—, comme je l'ai fait dans le premier exemple K, fous c, f, pour marquer que le 4. refle pendant qu'on gli(iè le 6 fur le 5.
Si les accords font par tierces, donc trois ou quatre notes d'une .Infk- qui marche par tierces pourvoient bien porter le même accord. En voyant foi, fi, ré ,f chiffrég 7x , A 4.x, je dois reconnoître le même accord feuillue; en voyant de même ré, fil, In, rit chiffrés 7 , 2, j'y vois le. même accord (Mimant: que ces notes fuient indifféremment diftribuées, comme fa, J' ré, fol, ou comme la, 111, fil, ré, &c. c'ea tout un; il y a feulement à prendre-garde de n'y pas confondre des tierces qui pafknt au ((cabus de la B. F. ou au &ails de la diabnance; ainft la ligne — fufliroit pour les marquer à la lite de celui dont ils font limplement renvedés.
Pour ce qui dit des 9 & qui marquent la neuvième & la neuvième-quarte, on frit que leurs accords fe forment toiljours par l'ajoûté après un accord confonant, (ilion ce font de limples. furpenfions.
Il y a encore la fitfixnfion de la quarte fur la tonique, précédée de fon accord feuillue, qui peut fe faire en pareille fucceflion fur fa médiante & là dominante: elle forme d'un côté & de l'autre t. Cet afkmblage de chiffres femble annoncer une grande dircordance: l'un des deux qui fe joignent ne peut indiquer le véritable accord : je ferois d'avis en ce cas de lxtrrer ces claies en ligne droite pour marquer la fufpenfion, ainfi , au lieu que les autres font diagonalement barrés, comme 6 , 7 ; mais le moyen de ne pas s'y tromper dl donné dans la XXI.' Leçon.
Les accords étant copiés, le chiffre n'y doit occuper ciu'att-: tant qu'on Ce reluira capable de pouvoir s'en rapporter à ce chiffre; & pour lors on trouve ici de quoi fe 1:nie:tire, aux petites nouveautés près qu'un Maitre peut ajoûter aux ouvrages déjà gravés, bien qu'on puifle aifément s'en p:tain., dès qu'ou
K iij
78 CODE
pofsède bien la méclunique des doigts , & qu'on fait fe rappeler les règles fur lefquelles elle prévient le plus fouvent, comme, par exemple, 1Lvoir l'accord qui doit précéder & (*t'ivre l'un de. ces trois, l'efité, la fronde & le feqlible,XV.c Leçon. L'on trotive à la vérité dans certains cas le free Cuivre immédiatement
; niais, qu'on ne s'y trompe pas, on peut toûjours faire la fronde entre deux , foit lier la note de B. C. qui porte l'ajaid, fois fur l'autre, pourvû qu'on la patic rapidement entre les temps qu'occupent ces' deux notes.
On va fc mettre au filit de cette manière de chiffrer dans les exemples de compolition que j'ai déjà recommandé d'accomixtgner.
CHAPITRE VI.
Méthode pour la Compofition.
A. V A N T que d'entrer en matière, voyons le fruit qu'on peut tirer de l'accompagnement pour la compotition.
Reconnoiti.e la bu& fondamentale & l•ditibnance fous les doigts , dans quelque ordre qu'ils fe trouvent (y); voir prefque toutes les routes dé l'harmonie clans les cadences (z); pot voir faire un choix à fon gré des notes de chaque accord , pour en former le chant de toutes les parties , & lxtr conféquent de la B. C: Avoir comment ces cadences peuvent fe varier, la parfaite c'ride ou intit/c , rompue mi interrompue (a), l'irrégulière terminée à chaque fois qu'elle fe forme (19; maitre d'employer la fippofition ), quand k goût du chant (le la lidlè peut la foulliir, (lis altérer la fuccetlion harmonique , oit il s'agit fimplement de prêt à »mire toute confonance, mème une ditlbnance, dès que le bon goût peut k diéler (d); Civ6ir que l'accord fetiftlik fe transformer en celui de
(y) Leçon, page r. (G) XVIII.' Leçon, me so. (c) XX I.' & XXII' Lquns, /rasa
sa) XI. & XIV.' Leçons, paje.t 6
(a) àX111. Leçon, j'. 6.: e 63. y if y9.
•
(J) !bilan.
DE MUSIQUE •PRATIQUE. 79
feptième diminuée dans le Ton mineur feulement (e); reconnoître la note fenlible pour fondamentale de cet accord & de fes renverfemens; l'avoir en quoi confiflent le chromatique & l'enhar. manique, comment ces genres fe pratiquent , & l'ulitge qu'on peut y l'aire de l'accord de feptième diminuée (f); voir une .partie des notes d'un accord marcher diatoniquement, l'autre former liaifon avec l'accord qui fuit, en devenant commune à chacun; tirer de là une conféquenee pour favoir quand la diabnance doit être préparée (g); connoitre les rapports des Tons & les lignes pair lerquels ils lè ditlinguent (h) ; voir tantes les diffonances fe frimer en clefeendant diatoniquement, dès qu'on eit attitré qu'elles font toutes renvcrfies de la feptième, quel qu'en foit l'intervalle relativement à une lxtflè arbitraire; n'y plus confondre la note fenfible 'ni la fixte majeure ajoûtée à la fous- dominante d'une cadence irrégulière, vil que ce font dans leur origine deux confonances qui doivent monter diatoniquement,. que faut-il de plus wur arriver à la compofition!
Tel cependant , dont les facultés n'iront pas au delà de quelques idées de chant , Culs ordre, fans licite, fans pouvoir les étendre autant qu'il le defireroit , fuis en fentir la baaè, excepté peutétre dans ce qu'il y a de plus (impie, fins l'avoir ni fentir la variété d'harmonie dont un ntéme•chant cil fufceptible, foit dans le même Ton, fait duits deux Tous différens , finis pouvoir pur canféquent y joindre les agrémens que cette harmonie peut y introduire, lait entre le Guet & f1 ha& , foh dans des accompgnemens ; tel, dis-je, qui lèroit dans l'un de ces cas lèulement; ne irouveroit pts fans cloute (*t'admis les principes que je viens de lui rappeler, & dont je le crois à préfent en poaèflion. C'eft num pour le fatisfaire que je vais donner à ces principes toute l'étendue convenable au fujet, en l'avertiaànt de ne point trop s'occuper des efpèces de préliminaires dont je vais l'entretenir avant que d'entrer en matière fur la modulation: ce fera pour, lors que dans tous fes doutes il y pourra revenir.
(e) XXV .e Leçon, page 6y. (g) XXX.' Leçon, page 72.
(f) XXVI. & XXVII.% pages (Ii) V.` X.' & XII. Leçons.,
66 17 66% page: 29 ;617;9. ;y.
So CODE
On ne peut guère fe livrer à la pratique de la compofitién fuis fe fentir l'oreille un peu formée à l'harmonie, fiar quoi l'on fe trompe facilement. Notre peu d'expérience nous fait louvent trop bien augurer de nos moindres Wells: c'eft à la Nature de faire ici les trois quarts du chemin ; ne négligeons donc pas les moyens de nous la rendre propice: elle nous a tous formés. Muficiens, mais à condition que nous l'écouterions; écoutons-la donc , du moins en pratiquant l'accompagnement afrez longtemps pour profiter de les inllniélions, fi peu que nous t'entions en avoir encore befoin. La fin de l'article fur la compofition , dans le Profpaus, vous en dit afléz là-deffits.
La moindre lueur qui s'offre à un aveugle lui pare une grande clarté, en comparaifon de ce qu'il ne yoyoit rien auparavant; mais à indure que fa viie* fe fortifie, il aperçoit de nouveaux objets dans ceux mémes qu'il n'avoit fiait qu'entrevoir d'abord: c'en eft donc aflèz pour qu'il doive fe méfier de fon trop (le prévention en faveur de les organes, de les tatou:. plus fa vîae fe fortifiera, plus la netteté des objets fe développera à l'es yeux.
Je compte qu'on aura très-préfens à l'efprit les principes contenus dans les Leçons oet je viens de renvoyer, pour que je ne fois ixts obligé d'y renvoyer encore à chaque fois que j'aurai occafion d'en ixtrler.
Je compte aufli qu'on éprouvera tous les exemples en les accompagnant: l'oreille s'y formera aux différentes routes de l'harmonie , comme elle l'eft déjà aux plus limples chez les redonnes qui ont écouté la Mutique pendant quelque temps. S'il falloit confulter la règle à chaque 'raflant, les talens les plus précieux dans cette partie perdroient tout leur fruit: la moindre réflexion , comme je l'ai déjà dit , détruit toute fonétion naturelle.
CHAPITRE VII.
DE MUSIQUE PRATIQUE. Sr
CHAPITRE VII.
De la Baffe fondamentale; titres e' qualités des notes
qu'on y emploie, e de leur fitcallion.
ARTICLE PREMIER.
Principe de l'harmonie e- de la mélodie.
LA BafIZ! fondamentale doit guider en tout le Compofiteur; elle ordonne également & de l'harmonie & de la mélodie: cependant, avant que de s'en occuper, on peut fe livrer aux idées que dielent le génie & le goût: à !maire que l'exp('Tience augmente, l'oreille en adopte confufément les produits ; mais une habitude trop 1:Huilière de certaines litceellions dont on voudroit s'écarter, fu•-tout dans des exprellicms néeetlàires, où k choix des Tous ou des genres ne le préfente pas toûjours à propos; la crainte de fe tromper, en tin mot, tout cela doit engager à la connther, cette B. F.
ARTICLE I I. Des Toniques, ou cetees
Il n'y a qu'une feule tonique dans chaque Ton; mais bien que le Ton ne change point , cette mème tonique peut pallèr à d'autres, qui pour lors ne font que cenfées telles, & cela par tous les intervalles conlbnans , ravoir, , 3.4:e 4.te S. & 6.`e, tant en montant qu'en den:endant.
• Ces notes cen1ées toniques ne reçoivent cette qualité que pour
jouir des priviléges de la vraie tonique dans ce qui doit -les litivre, de forte qu'elles peuvent autli (accéder entr'elles par les routes que je viens de dieler : elles peuvent d'ailleurs être loûmniks aux lois du !on r.iyant ; & ce n'cfI pour Ioi qu'au cas qu'on 'mille s'en dilitenter dans le &flan (k varier , qu'on
1.
8 2 CODE
les traite de toniques, pour leur donner une route oppofée à delle qu'exige ce Ton regnant.
L'on ne patk de la vraie tonique à une autre pareille que lortque quelques lignes Orangers marquent dans le courant de la phntle. que le Ton change; ce qui s'éclaircint par la fuite.
ARTICLE III.
Des Dominantes Sous-dominantes.
Il y a dans chaque Ton une dominante-tonique & une fous- dominante; l'une ett la quinte au deflits de la tonique, l'autre ett et quinte au defibus.
Outre la dominante-tonique, il y en a de fimples qui pat-klt toujours de l'une à l'autre jufc1u'à ce qu'on arrive à cette dorai; natte-tonique (i).
ARTICLE IV.
Marche des Toniques.
Une tonique Fee cet l'on ‘,eut, toutes les routes lui font ouvertes, confonantes &•ditronantes, extra que ce fuit des notes contenues dans fon Ton.
Elle p.tfiè plus généralement, dans le début, à et dominante ou far fous-dominante, qu'à aucune autre note: fa dominante la fuit toujours dans les airs de Trompette, de Cor, de Mulette & de Vielle, ce que ne peut faire 1:t fous-dominante Gus recevoir de fitutlès confimances des Trompettes & Cors , au lieu qu'en retranchant les hourdons des Mufettes & Vielles, elle peut y augmenter l'agrément de l'harmonie & (le la mélodie.
Outre ces deux premières marches de la tonique, elle peut autrt defcendre de tierce, ou monter de feconde fur de nouvelles dominantes, qui feront (impies en conkmun le 'Witte Ton, :nt lieu que ti l'on veut changer de Ton, on peut les rendre domil nantes-toniques ('h).
(0 VII, Lcîon, rase 3o, I x Leçon, raee
DE MUSIQUE PRATIQUE. 83
D'ailleurs, pour changer de Tou, la tonique peut monter ou defcendre de tierce lûr une fous-dominante ou dominante- tonique.
Au refle , félon l'énoncé de l'Article I I, toutes les cotenances oet pille une tonique peuvent être toniques , ou ceci( es telles : cependant, en les privant de la diflimance qui doit leur échoir par rapport à ce qui les fuit, ce (*croit quelquefois priver l'harmonie, & même la mélodie, de leur plus grand agrément (0
Jamais la tonique ne peut defcendre de seconde que pur une dominante, mais c'erl un renverfement dont on ne doit s'occuper que lorfque toutes les autres connoences font acquifes.
ARTICLE Y.
Aude des Dominantes de Sons-domillantes.
l'otite dominante doit naturellement defeendre de quinte, toute fous-dominante monter de même.
La dominante-tonique & la Ibus-dominante doivent toûjours peler à leur tonique, dès que le Ton ne change point: la fin
a finis-
dominante peut cependnt y devenir l'impie' dominante pour émailler un enchaînement de dominantes (m), qui finira dans le même 77m, ou dans un autre, lelon que le d'item le goût : elle peut encore, comme timple dominante, former une imitation de cadence rompue, en montant de f•conde fur la dominante-tonique , qui pour lors fera fimplemcnt centre tonique; mais c'ea une licence que je rappellerai quand il en fera temps.
J'ai déjà (lit dans l'article précédent , que ces deux mêmes notes fondamentales p(nivoient, à la alite de leur tonique, être rendues toniques ou ceees telles , coequemment à ee qui ft: trouve encore fi)écifié dans le deuxième Article de ce Chapitre au fitjet des marches confonantes.
La dominante-tonique monte encore diatoniquement pour itmjn.e tille Cadence, & defcend d'une tierce mineure, en partant d'un Ton majeur feulement, pour en interrompre une autre,
(F) XV. Lccon, parc 46.
(m) VII. I.cçon, pige ; o.
84. CODE
qui va fe terminer dans le Tm mineur relatif à cc majeur d'où l'on efl parti. Il en fila bien-tût plus amplement queflion.
Les dominantes (impies entament toutes un encluinement de dominantes, de mente que la finis-dominante employée comme telle : elles peuvent imiter encore dans leur marche celles d'une cadence rompue & d'une interrompue, filon les explications des Articles fitivans.
Toutes ces marches feront rappelées dans d•s exemples.
ARTICLE V 1.
Des repos ou cadences qui finit connoltre leur B. F. t'Y' qui
en occeonnent fouirent d'arbitrahrs, dont le doute
s'éclaircira par la voie du diatonique.
ENEMPLE A, page S.
Le plus filr moyen de connoitre le Ti,n & la longueur de la phrale. , ca Je s'alliirer de tous les repos d'un chant.
Ces repos ou cadences ft: font ordinairement de deux en deux indres, mais ils font plus fenlibles encore de quatre en quatre.
Le premier des deux repos, fi peu fenfible qu'il fuit, produit à peu près l'effet de l'hémilliche d'un vers, où le Fens ne finit pas ordinairement.
La mettre par où commence une pbrarc, & qui ne débute point pi• le temps Gon, n'en jamais comptée dans k nombre
Toute pbrafe de chant commence toCijours d'abord après la tonique, ou centre telle, qui a terminé la tienne.
Tout repos ne fe termine jamais dans la B. F. que fur la tonique, ou fuir là dominante, pour lors centre tonique.
Le repos fi: forme toûjoun de deux notes finulamentales; dont l'une, qui dl dominante ou Io. us dominante, annonce ce repos, & l'autre, qui cil tonique, le termine.
La dominante annonce une cadence parhiitc en defcendant .de quinte, & la fous-dominante en annonce une irrégulière eu
DE MUSIQUE PRATIQUE. $5
montant de méme; d'où il litit qu'une tonique peut annoncer une cadence irrégulière en montant de quinte à et dominante, pour lors cenlà: tonique.
Nous trouvons naturellement de nous-métm la I3. de tous
les repos d'un chant (n), pourvû qu'après avoir chanté de mc( ire & liens Affréter tout ce qui précède le repos, on tomber ià voix le plus promptement qu'il cil potlible luis
y penit'T, au moins une tierce au detlints de 1;1 note qui k termine. Exemple A.
Iuiitw. l'exemple , choiliaèz un mot dont vous conferverez la dernière 1j.11;the muette , pour tomber avec elle lin. la 13. F. li peu que vous lO)'ez à l'harmonie, cette 13. F. ne vous
échappera jamais. Point de réflexion lit•-tout , point d'interruption
entre la & la fj.11abe muette, point de choix volontaire;
huilons agir la l'impie nature, & li.mgeons à bien 1.-aire la
renCe d'un intervalle donné Cuis y pente' r , d'avec celui qu'on chtrche , qu'on détermine en foi-oléine.
Les guidons placés dans le chant indiquent juflement les notes où 1;1 voix le porte d'elle-Witte au &trous de chaque finale du chant. Quant aux 13. F. arbitraires de la dernière melit•e, dont l'une porte des notes , & l'autre des guidons, on doit fe contenter à préfent de fe rencontrer avec l'une d'elles: c'e(l à la phrak- qui précédera le repos à faire k relie, comme on le 'emt par la alite.
La B. F. Iera toûjours la note où votre voix fe portera à la tierce Ou :st la quinte au deilims de celle du repos du chant ; au lieu que cette note du chant elle-mi:me 13. F. li votre voix fe porte ;'t la quarte, à la lixte, ou à l'oélave au (kilims.
Souvent la voix ne fe porte qu'à la tierce au dello' us loti: qu'elle pourrait dek.endre jurtiu'à la quinte, qui taon pour lors la vntie B. F. ce qu'il faut toujours éprouver; car li cette tierce dl la vraie 13. F. jamais la voix ne dea:endra d'elle-mémo A la quinte : il 1:aidruit la chercher eu ce cas, la déterminer par rdkxion.
La quinte où ft: porte la voix au (kilims du repos du chant,
(n) (Avine X du nuuvou Sylliaue de Mutique, rase s.l.
L iij